Qu’il s’agisse de la Bourse ou de l'économie américaine, les preuves s’accumulent en faveur du scénario selon lequel le pire semble derrière nous. C’est du moins ce que pense Bill Miller, CIO, gérant du Legg Mason Capital Management, pour qui, «clairement, l’aversion au risque extrême qui a caractérisé la période allant de début octobre à début mars est terminée, et, hors événement exogène ou erreur politique dramatique, il est peut probable qu’elle ne réapparaisse»."Cela a conduit à une hausse des prix pour presque toutes les classes d’actifs présentes sur le spectre du risque, hors emprunts du Trésor, une tendance qui devrait se poursuivre, puisque je pense que les bonnes affaires abondent sur le marché actions US», poursuit le gérant dans son commentaire trimestriel (deuxième trimestre). Bill Miller cite notamment le cas du secteur technologique, qui a, en moyenne, un excellent bilan, déborde de cash et se négocie avec une forte décote par rapport au marché en se basant sur le rendement du free cash flow. «Il devrait continuer à bien performer», indique-t-il. Le gérant évoque aussi les financières, qui ont été les leaders de la baisse, comme ce fut le cas lors de la dernière crise bancaire à la fin des années 1980 et du début des années 1990. «Les banques seront confrontées encore à une hausse des pertes de crédit l’année prochaine, mais cela ne devrait pas les empêcher d'être performantes en Bourse, comme cela fut le cas en 1991 lorsque la même chose est arrivée. Les bénéfices avant impôts, avant provisions dans les banques continuent d’augmenter, établissant un nouveau record le trimestre dernier, ce qui signifie qu’avec l’amélioration de l'économie, les banques devraient publier des résultats record (…)». Bill Miller estime qu’il existe trois risques endogènes : la hausse des taux d’intérêt, une forte hausse des prix des matières premières et des erreurs politiques. En revanche, l’inflation n’est pas une crainte majeure pour lui. De son avis, c’est plutôt la déflation qui pose problème.