C’est le bon pari du moment: jouer les émergents. «Nous sommes au début d’un nouveau cycle particulièrement favorable pour les valeurs des pays émergents», a indiqué hier Luke Richdale, spécialiste produits Actions émergentes chez JP Morgan Asset Management lors d’une présentation à Paris. «Même après le rally que nous venons de vivre, nous restons optimistes», ajoute Luke Richdale qui relève que les économies émergentes sont devenues «too big to ignore».Alors que ces pays cumulent 80% de la population mondiale, 50% du PIB mondial, leur capitalisation boursière est à la traîne même si le rattrapage a commencé: elle ne représentait au mois d’août que 12% de la capitalisation boursière mondiale, contre 10% en juin. «La pertinence financière des émergents est encore sous-estimée. Les gérants sont souvent sous-pondérés sur les émergents», selon Luke Richdale. La tendance long terme est clairement à un accroissement de l’exposition sur les émergents, même si, à court terme, les investisseurs pourraient revenir sur les pays développés.Les raisons qui militent en faveur des émergents sont multiples, entre autres l’environnement macro-économique international qui devrait encore s’améliorer dans les prochains mois, avec un scénario probable de croissance molle associée à une inflation limitée et qui pourrait donc s’accompagner d’une politique monétaire toujours très accommodante. Par ailleurs, la production industrielle et la consommation repartent à la hausse dans les émergents. Dans ce contexte, les marchés émergents devraient aussi afficher de bonnes dispositions, tirés par les révisions à la hausse des prévisions de bénéfices. Autour de 15%, le RoE des émergents est en train de converger vers les ratios observés aux Etats-Unis et en Europe. Fait intéressant, le RoE s’améliore alors que le leverage est orienté à la baisse.Tous les émergents ne sont certes pas à la même enseigne. A côté des figures de proue que sont la Chine et l’Inde, la Russie suscite quelques réserves. Christopher Morrell, gérant du fonds JPMorgan Emerging Markets Alpha Plus, est sous-pondéré sur les ressources qui ne délivrent pas de dividende en raison d’une fiscalité pénalisante. En revanche, le marché russe est de son point de vue une fantastique plate-forme de trading. D’où une forte allocation tactique, avec de bonnes perspectives notamment sur les titres de la distribution.Les actifs du fonds Emerging Markets Alpha Plus, qui va célébrer ces jours-ci ses trois ans d’existence, s’élevaient à fin août à environ 200 millions de dollars, après avoir culminé à 500 millions en mai 2007. Mais Christopher Morrell verrait bien le fonds tutoyer le milliard de dollars à une échéance qu’il se refuse toutefois à préciser. Depuis son lancement à l’automne 2006, le fonds affiche une performance de 8,9% contre 5% pour l’indice MSCI EM Index.