La reprise est là mais c’est une «reprise assez chahutée», a estimé le 25 septembre lors d’un point de presse Michala Marcussen, responsable de la stratégie et de la recherche économique de SGAM. «Nous avons traversé une crise atypique. La reprise sera aussi atypique», selon Michala Marcussen qui relève que «l’ajustement des primes de risque est pour l’essentiel terminé et les stratégies directionnelles vont être moins déterminantes». Dans cet environnement un peu chaotique, où les interrogations restent nombreuses (impact de la règlementation sur la croissance, calendrier de remontée des taux), SGAM préconise une gestion moins agressive que précédemment et donne la priorité à la diversification et à l’innovation tant sur les actions que sur le crédit.Après le rebond de plus de 50% enregistré depuis le 9 mars, les marchés actions sont plutôt correctement valorisés et devraient évoluer en dents de scie au cours des prochaines semaines, en attendant d’y voir un peu plus clair sur les bénéfices des entreprises en 2010.«Après le point bas de mars, une grande partie du rattrapage sur les actions a été fait. Mais le marché devrait rester volatil. Il faut environ deux ans pour que le marché retrouve une volatilité basse. Nous n’en sommes pas encore là», explique Eric Turjeman, directeur des gestion actions. Cela étant, le ratio cours/bénéfices par action du CAC 40 ressort à 15,4 par rapport aux résultats attendus pour 2009, ce qui correspond à la norme en période de basse inflation. En revanche, le marché n’a pas encore intégré la hausse des profits prévue par les analystes pour 2010. Le PER du CAC 40 par rapport aux résultats attendus pour 2010 s’inscrit à seulement 11,7 alors que les analystes anticipent un rebond des bénéfices de 31% après une chute de 30% en 2009.La prudence reste toutefois de mise. «Au deuxième trimestre, on a eu de bonnes surprises du côté des résultats par action mais pas du côté des ventes. Et vous le savez, les ventes d’aujourd’hui sont les profits de demain», remarque Eric Turjeman.Prudent aussi, Eric Brard, directeur des gestions obligataires et monétaires, préconise la diversification sur le souverain, la dette privée, les devises et les actifs exotiques comme le high yield. «Il y a encore possibilité de trouver de la surperformance sur le souverain», estime Eric Brard qui évoque notamment la dette polonaise à cinq ans qui propose 300 pb de mieux que la dette allemande de même maturité. La République tchèque, la Hongrie et la Russie constituent également des exemples intéressants mais il existe un risque de change sur ces pays, prévient Eric Brard. Autre thème attractif, le crédit corporate. «Il existe encore des opportunités mais il faut avoir une approche sécuritaire car on achète avant tout le risque de crédit, le taux sans risque restant faible», explique-t-il. La compression va se poursuivre mais les primes restent généreuses.