Pour Nicolas Forest, directeur de la stratégie de taux et Koen Van de Moele, directeur mondial de l’obligataire chez Dexia Asset Management, la menace d’un krach obligataire est finalement ténue actuellement. En effet, il faudrait pour que cet accident se produise que les agents économiques n’aient confiance ni en les Banques centrales, ni en les gouvernements, ni en le marché obligataire lui-même, une constellation peu vraisemblable dans le contexte actuel, selon les deux experts de la société de gestion.Les banquiers centraux, d’un côté, ont permis d’'éviter par l’ouverture des vannes et le recours à la planche à billets d'éviter que la crise, déjà majeure, ne dégénère vraiment. Ils ont mis en place des réserves excédentaires que d’aucuns, comme la Fed, rémunèrent et qui devraient pouvoir être épongées le moment venu sans provoquer d’effets secondaires trop important sur le front de l’inflation.En ce qui concerne les gouvernements, leur dette va certes doubler en dix ans, à ce rythme. Mais il y a une demande pour cette dette : depuis peu, il y a celle des Banques centrales, et puis les Asiatiques, notamment les Chinois, se montrent toujours très friands de papier. Enfin, les ménages sont las de placer de l’argent sur des fonds monétaires qui ne rapportent rien, et ils vont certainement investir leur épargne en hausse dans des titres d’Etat aux rendements d’autant plus intéressant que les indices des prix sont à la baisse. «Les gouvernements, eux aussi, ont opéré un travail inédit de relance, et ils ont amoindri l’effet de la récession», souligne Nicolas Forest. Donc, sous cet angle, on peut aussi leur faire confiance. N’oublions pas non plus que les pays occidentaux sont peut-être les plus endettés, mais ce sont les plus liquides et les plus crédibles.Reste le cas du marché obligataire, où Dexia AM juge que les rendements sont plus ou mois à leur juste valeur actuellement. Les titres ne paraissent par sur-achetés. Le seul risque majeur dans la configuration actuelle, pour Koen Van de Moele, serait celui d’un dérapage du prix des matières premières et du pétrole, qui attiserait l’inflation, mais cela provoquerait une rechute de la conjoncture et les taux finiraient par réagir en baissant.Il ne devrait donc pas y avoir de risque de krach en ce qui concerne les obligations d’Etat. Pour les obligations d’entreprises, le rally vient juste de débuter et les spreads sont revenus à des niveaux correspondant aux pics des crises précédente. L’expérience a montré qu’il faut habituellement 40 mois pour un retour à la normale. Cela posé, Koen Van de Moele note que la prime de risque par rapport aux obligations d’Etat peut doubler le rendement et que le taux de défaut implicite à cinq ans intègre l'éventualité d’une crise deux fois plus grave que celle des années 30 (9,07 % pour les investment grade). D’après Dexia AM, le taux de défaut atteindra peut-être 13 % à la fin de cette année, mais il retombera probablement aux alentours de 4 % en 2010.Interrogé sur les préférences actuelles de Dexia AM en matière de «corporates», Koen Van de Moele indique privilégier les financières, surtout subordonnés, de type lower tier 2 et tier 1. Dans les non financières, le gestionnaire vise actuellement les signatures notées BBB les plus cylciques, dans les biens d'équipement, la construction ou la sidérurgie (ArcelorMittal).
Selon le «baromètre des fonds» bouclé le 30 septembre par Lipper à partir des avis de 14 grands gestionnaires d’actifs espagnols, les perspectives se sont grandement améliorées. Pour la première fois depuis avril 2008, rapporte Cinco Días, la proportion de gérants qui surpondèrent les actions est largement supérieure, avec 30,77 %, à celle des gérants qui les sous-pondèrent (15,38 %) et cet écart est le plus élevé depuis décembre 2007. En moyenne, les actions pesaient 41,07 % des portefeuilles. Mais la proportion de cash reste élevée, avec 22,08 %, même si elle a diminué par rapport aux 24,62 % du précédent sondage, en juillet.
La banque privée du Santander, Banif, lance avec «Innova» un service de gestion de portefeuille «focalisé sur la préservation du capital dans une optique de performance absolue», rapporte Funds People. Concrètement, le système donne davantage de souplesse aux gérants pour mieux adapter la composition du portefeuille aux circonstances de marché. Il s’agit d’offrir une gestion plus active, et l’objectif n’est pas prioritairement de capter une clientèle nouvelle.
Selon L’Agefi suisse, Nick Scott, responsable des investissements dans les actions asiatiques chez BlackRock, a confiance dans une reprise économique solide et ne s’inquiète pas des menaces d’un «double dip». Il prévoit plus de 20 % de croissance de bénéfices pour les entreprises chinoises l’année prochaine et des rendements importants pour les secteurs de la consommation en particulier. «Nous n’essayons pas de battre un indice. Environ 60 % du risque du portefeuille est lié directement au risque des actions détenues et cela est équilibré par le risque par secteur ou par l’alpha de l’investissement. Nous utilisons une méthode quantitative, basée sur un modèle exclusif qui permet de mieux sélectionner les titres en les triant par valorisation, par qualité d’activités, par dynamique de résultats et par potentiel de croissance. Il faut tenir compte du fait que les bourses chinoises ont des indices très concentrés sur les grandes capitalisations et les secteurs des télécoms, de banques et du pétrole. Notre fonds a un biais vers les capitalisations moyennes où nous voyons le plus de potentiel de croissance. Les secteurs de la consommation, de la santé et de la consommation discrétionnaire ont une pondération basse dans l’indice mais offrent des opportunités de croissance intéressantes. Dans les marchés asiatiques et en particulier en Chine, il faut choisir un fonds qui donne de la flexibilité et qui n’est pas ancré sur un indice limité, pour maximiser ses rendements potentiels», explique-t-il.
Les perspectives restent mitigées sur les marchés d’actions américaines. Selon Jenny Jones, responsable chez Schroders de la gestion d’actions américaines de petites et moyennes capitalisations, qui était mardi 6 octobre de passage à Paris, c’est plutôt le scénario de la consolidation qui est retenu car le rebond a été tiré par les valeurs de faible qualité et les petites capitalisations. Dans ce contexte, Jenny Jones qui gère le fonds Schroder ISF US Small & Mid Cap Equity, des opportunités existent cependant, notamment dans le secteur de la santé, «où nous privilégions les sociétés qui économisent de l’argent au système car, dans un contexte marqué par le creusement des déficits, il va devenir essentiel de réduire les coûts induits par le fonctionnement du système de santé». Jenny Jones évoque également une contrainte de conjoncture, la nécessité pour le consommateur américain d'éviter à tout prix les aléas de santé. Les dépenses de santé du consommateur américain ont d’ailleurs doublé au cours des dernières années, à 18% contre 9% précédemment.A fin septembre 2009, le fonds piloté par Jenny Jones, qui pèse autour de 1,4 milliard de dollars, affichait une performance de 22,7% contre 21,9% pour le Russell 2500 et 13,6% pour le S&P 500. La philosophie d’investissement du fonds repose sur une approche fondamentale de type «bottom up» s’appuyant sur une équipe de gestion expérimentée dont les analystes affichent une expérience moyenne de 19 ans. Le fonds met également en avant la bonne diversification des sources de génération d’alpha avec trois types de sociétés recherchées : celles dont la croissance est mal valorisée qui représentent 50% à 60% du portefeuille, celles qui affichent des caractéristiques de croissance stables, les valeurs «père de famille», qui représentent 20 à 50% du portefeuille, et enfin, celles qui sont en situation de retournement (0% à 20% du portefeuille).Le portefeuille, qui privilégie depuis le début de l’année les valeurs de technologie, les services financiers, les biens intermédiaires et la santé, compte toujours entre 70 et 90 valeurs dont la capitalisation s'échelonne entre 750 millions et 7 milliards de dolalrs. Au 31 août dernier, figuraient parmi les dix principales positions une entreprise de services aux collectivités, Republic Services pour 4%, une société de logiciels de gestion clients et de services Amdocs (3,8%), un fournisseur de services de dialyses DaVita (3,3%), une société de réassurance, Reinsurance Groupe of America (2,3%), un distributeur de vitamines et compléments alimentaires NBTY (2%), et last but not least, Burger King (1,8%) qui, selon Jenny Jones, affiche actuellement un discount jamais vu par rapport à McDonald.
Pimco a vendu sa position dans un récent emprunt d’urgence de CIT Group, selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal. Le gestionnaire était l’un des six membres d’un comité de pilotage des porteurs d’obligations de CIT qui a financé la société à hauteur de 3 milliards de dollars fin juillet.
Dans la dernière livraison de ses Perspectives de placement, la banque Sarasin constate que, malgré l’accumulation des indices d’accélération de la reprise, les Banques centrales et les responsables politiques, inquiets, choisissent d’assouplir encore les conditions monétaires. Sarasin table dès lors sur une poursuite de la hausse des marchés boursiers internationaux malgré les récentes plus-values, car les investisseurs ne se satisfont plus du rendement pratiquement nul des positions en liquidités. En outre, le peu d’empressement des Banques centrales "à mettre fin aux mesures de stimulation contribue aussi à améliorer le sentiment des investisseurs».Guy Monson, président du comité de placement de Sarasin, souligne qu’il privilégie actuellement une approche tactique en raison des risques de hausse et de baisse sans précédent.Dans un tel contexte, la banque bâloise recommande aux investisseurs de réduire légèrement la part des obligations d’entreprise dans leur portefeuille et de «saisir les opportunités qui s’offrent sur les marchés des capitaux des marchés émergents au moyen d’émissions souveraines et de fonds obligataires de tiers investis dans ces régions».Auparavant focalisée sur la Chine, la stratégie sur les marchés émergents a par ailleurs été élargie à l’Amérique latine, à l’Europe de l’Est, aux pays du Golfe et à l’Afrique «pour autant que cela se justifie». En Chine, Sarasin préconise de se concentrer sur les thèmes de croissance liés à la demande intérieure (consommation, éducation, santé).Enfin, la banque conseille de maintenir une exposition «significative» aux actions, en mettant l’accent sur les valeurs financières reflétant le thème “restructuration d’entreprises”. «Un renforcement des positions en or physique et en placements immobiliers internationaux est également recommandé», précise Sarasin.
Selon Les Echos, l’or échangé au comptant à New York s’est hissé hier au-dessus des 1.040 dollars l’once à 1.043,78 précisément. Un nouveau record absolu. A l’origine de ce brusque accès de fièvre, la pression baissière sur le dollar liée à des rumeurs d’abandon du billet comme monnaie de référence dans le commece du pétrole. La barrière des 1.033 dollars contre laquelle a buté le métal jaune en mars 2008 est ainsi brisée. Du coup, les analystes graphiques chez Credit Suisse lui prédisent un futur radieux avec pour premier objectif à 1.100 dollars l’once, suivi par un second à 1.192 dollars.
Une fois connu le nouveau projet de taxation des garanties décès des contrats multisupports, l’association A.F.E.R est montée au créneau ces derniers jours en publiant, par voie de presse, une lettre ouverte signé de son président Gérard Beckerman appelant les pouvoirs publics à respecter la stabilité du cadre fiscal de l’assurance vie. Dans un communiqué, Aviva France vient d’annoncer qu’elle s’associe aux demandes de l’A.F.E.R. pour l’ensemble de ses assurés.
La Commission estime que l’Europe devrait consacrer 50 milliards d’euros supplémentaires à la recherche, entre 2010 et 2020, pour se doter des technologies indispensables à la lutte contre le réchauffement climatique, selon Les Echos. C’est donc un quasi-triplement de ces investissements, qui devraient passer chaque année de 3 à 8 milliards d’euros, que la Commission appelle de ses voeux en soulignant que ces crédits supplémentaires devraient être fournis tant par le secteur public que privé, au niveau national et européen.
La banque privée Lombard Odier a décidé de sortir des titres susceptibles d'être référencés dans des ETF asiatiques pour éviter l’impact de remboursements potentiels, indique Asian Investor. Nombreux sont ceux qui s’attendent à une consolidation des marchés asiatiques au quatrième trimestre, avec un certain volume de retraits de la part des investisseurs étrangers. Selon Sandro Antonucci, vice president responsable de l’architecture ouverte chez Lombard Odier, récemment de passage à Hong Kong, il faut recourir au stock-picking pour exploiter les conditions de marché actuelles. Lombard Odier donne la préférence aux moyennes et grandes capitalisations respectivement 22,85% et 41,44% du portefeuille de référence asiatique au 31 août) plutôt qu’aux petites et méga capitalisations (respectivement 11,32% et 19,15%). La raison en est que les méga-caps, surtout les financières et les cycliques, sont susceptibles, plus que les autres, d'être intégrées dans des ETF.
Selon L’Agefi suisse, les valeurs télécoms peuvent constituer un secteur particulièrement attrayant au moment où un grand nombre d’intervenants attend une correction après plusieurs mois de rally. D’autant plus que les valorisations sont actuellement très bon marché, relativement aux autres industries. Pour jouer complètement l’aspect défensif, des titres comme Swisscom, KPN aux Pays-Bas et Mobistar en Belgique sont les mieux placés dans la mesure où ils sont concentrés sur leurs activités domestiques.
Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a publié le 2 octobre la composition du Comité stratégie d’investissement créé dans le cadre de la nouvelle stratégie d’investissement du Fonds rendue publique en juin dernier. Le comité, chargé d’assister le conseil de surveillance dans l’exercice de ses missions relatives à la définition, au suivi de la mise en œuvre et à l’adaptation de l’allocation stratégique, est composé de Jean-Christophe Le Duigou au titre des organisations syndicales de salariés, Alain Leclair au titre des organisations d’employeurs, Hervé de Villeroché au titre de représentant du ministère de l'économie et Jean-Louis Beffa et Raoul Briet au titre de personnalités qualifiées. Le président du conseil de surveillance, Raoul Briet, et le président du directoire, Augustin de Romanet, ont désigné les deux personnalités qui, à titre d’experts, assisteront le comité dans les travaux qui seront les siens. Il s’agit de Bertrand Jacquillat, professeur des universités à l’Institut d’Etudes politiques de Paris, et de Marc de Scitivaux, économiste. Le comité examine le reporting trimestriel présenté par le directoire sur les résultats de la gestion du portefeuille de référence, les perspectives économiques et financières infraannuelles, les risques de court et moyen terme qui peuvent avoir un impact sur la trajectoire de long terme du Fonds. Il se prononce sur les propositions du directoire visant à modifier la part relative des deux portefeuilles de «performance» (actions, immobilier, matières premières) et de «taux». Il prépare la revue annuelle du conseil relative au portefeuille de référence et de ses modalités de gestion et le saisit, en tant que de besoin, de toute adaptation de celle-ci qu’il estimerait utile dans l’intervalle.Le comité se réunit au minimum quatre fois par an. Il peut en outre être saisi par le directoire en urgence de toute question nécessitant un examen rapide.
En Italie, le nombre de femmes millionnaires reste inférieur à celui des hommes, observe Il Sole – 24 Ore. Mais désormais, les femmes gérant plus de 500 000 euros de patrimoine ont dépassé le nombre des 100 000, selon l’Association italienne du private banking. Au Royaume-Uni, en revanche, dans la tranche d’âge 18-44 ans, les femmes millionnaires sont plus nombreuses que les hommes millionnaires. Et selon les estimations, d’ici à 2025, les femmes détiendront 60 % des richesses personnelles britanniques. Il Sole -24 note que la tendance est à la féminisation des richesses, et que ce phénomène n’a pas échappé aux banques privées. Dans une interview à Il Sole - 24 Ore, Natacha Minniti, vice president de JPMorgan Private Bank en Italie, estime que le nombre de femmes gérant des patrimoines familiaux augmente, mais qu’on ne peut pas encore parler de changement radical.
Selon L’Agefi suisse, Pictet estime que les espoirs d’une reprise en «V» sont vains car c’est la racine carrée qui décrira le mieux la forme du redressement économique en court. «Nous sommes dans la partie haussière, mais des vents contraires, dont le retrait des plans de stimulation et la fin de l’assouplissement quantitatif entraîneront une croissance modérée», a expliqué vendredi Daniel Becker, gérant chez Waddell & Reed du fonds Pictet US Equity Growth Selection qui s’appuie sur les grandes capitalisations de croissance, mieux positionnées, de son point de vue, pour bénéficier du redémarrage de la croissance dans les pays émergents. Un atout d’autant plus appréciable que ces sociétés pourront profiter d’un regain de faiblesse éventuel du dollar. Elles seront également capables de maintenir une forte croissance organique par unité, soutient le gérant qui estime que les valorisations de croissance n’ont pas été correctement récompensées, en particulier les valeurs technologiques, qui ont souffert d’un bear market de neuf ans.
Les marchés émergents devraient continuer de tirer la croissance mondiale mais au sein des émergents, il est un pays qui dénote quelque peu. «S’il fallait enlever une lettre au sein des BRIC, ce serait le R de Russie qui en termes de relais de croissance n’a pas le potentiel de la Chine. Il faudrait plutôt parler des BIC», a lancé le 2 octobre à Lyon Jean-Pierre Hellebuyck, vice président d’Axa Investment Managers à l’occasion d’une conférence dans le cadre du salon Patrimonia («De l’analyse macroéconomique à l’allocation d’actifs»). L’Europe de l’est, notamment la Hongrie et les Pays baltes, ont connu une récession très profonde mais, estime Jean-Pierre Hellebuyck, il s’agit là plutôt d’une problématique européenne qu’émergente.A côté des pays émergents asiatiques, Jean-Pierre Hellebuyck attend aussi beaucoup du Japon. «C’est le pays qui va le plus vite sortir de la crise et les dernières données du Fonds monétaire international sont d’ailleurs encourageantes», indique Jean-Pierre Hellebuyck. Sans vouloir minimiser une démographie catastrophique, Jean-Pierre Hellebuyck met en avant la force du Japon en tant que pays exportateur et remarque qu’en termes de valorisation, «c’est l’un des marchés les moins chers».Son interlocuteur et contradicteur lors de la conférence, Eric Le Coz, directeur du développement et membre du comité de gestion de Carmignac Gestion, souvent en accord avec les analyses de Jean-Pierre Hellebuyck, n’a en revanche pas du tout adhéré aux remarques sur le Japon. «La croissance nippone peut sembler forte en raison de la déflation. Mais si l’on regarde la croissance nominale, on est toujours dans le même état de déliquescence», estime Eric Le Coz. « On pourrait dire qu’il s’agit d’une récession heureuse dans la mesure où le secteur extérieur s’en est jusqu’ici plutôt bien sorti. Mais le Japon va très rapidement avoir un problème de concurrence sérieux avec la Chine», poursuit Eric Le Coz. Il relève que le changement politique qui vient d’intervenir pourrait déboucher sur des réformes intéressantes mais qu’il existe un risque d’exécution à ne pas négliger. Cela dit, il ajoute que le Japon offre tout de même quelques belles valeurs…
Les promoteurs de Patrimonia peuvent être satisfaits. Avec pas loin de 5 000 visiteurs, la 16ème Convention annuelle des professionnels du patrimoine a été un franc succès, confirmant sa place de rendez-vous incontournable dans le paysage de la gestion française. Un succès d’autant plus méritoire que cette 16ème édition a été un moment menacé, en plein cœur de l’été, par des rumeurs d’annulation en raison d’un certain virus H1N1…Il y a un an, le salon avait été dominé par une certaine morosité pour ne pas dire une morosité certaine alors même que le CAC 40 caracolait encore à plus de 4000 points. Cette année, le CAC 40 n’a pas retrouvé ses niveaux de l’an dernier mais la morosité s’est bien dissipée. Les professionnels de la gestion ont retrouvé un certain appétit et dans cette perspective, les conseillers en gestion de patrimoine indépendants, qui seront bientôt dotés d’un statut chapeau au travers d’un projet de loi qui devrait être déposé avant la fin de l’année, constituent à l’évidence un partenaire de choix. C’est notamment le cas de HSBC Assurances qui avait annoncé en juin dernier son intention de se développer en déployant son expertise auprès des CGPI par le biais d’une structure dédiée, IFA Services. «L’idée est de proposer des services d’accompagnement, sur la transmission d’entreprises et sur toutes les opérations sur le capital, le plus en amont possible, en s’appuyant sur toute l’expertise du groupe», souligne Jean-Jacques Branche, responsable de l’activité CGPI au sein de HSBC Assurances. Pour soutenir le développement de ce projet, HSBC Assurances a mis en place une formation sur les opérations sur le capital et vient de lancer un contrat d’assurance vie HSBC IFA Assurance. Pour répondre au souci de sécurité des investisseurs, ce contrat opère un double filtrage. HSBC IFA Assurance s’appuie d’abord sur l’expertise de HSBC Multimanager pour sélectionner 27 sociétés de gestion. Puis, c’est la société de gestion FundQuest qui, dans ce périmètre, sélectionne les fonds à partir d’un certain nombre de filtres quantitatifs. Autre point important mis en avant par Jean-Jacques Branche, l’introduction progressive, au premier semestre 2010, d’un nouveau fichier d’échange d’informations, la norme Afnor Pénélope, qui permet de proposer un reporting beaucoup plus riche, là aussi une offre qui répond à une exigence de sécurité accrue de la part des investisseurs. HSBC Assurances vise une centaine de partenaires d’ici à la fin 2010 et espère à plus long terme figurer parmi les trois premiers fournisseurs de CGPI. Raiffeisen Capital Management, la filiale de gestion d’actifs du groupe bancaire autrichien éponyme, a également décidé, l’an dernier, de développer son offre auprès des CGPI et de la banque privée. «Nous ne gérons que les classes d’actifs sur lesquelles nous avons un avantage comparatif spécifique», souligne Philippe Leroy qui met en avant les actions émergentes, dont bien entendu les pays d’Europe de l’est, la gestion de taux et enfin, la performance absolue avec l’allocation d’actifs tactique. Raiffeisen Capital Management propose d’ailleurs une formation validante sur l’allocation tactique. Raiffeisen, qui dispose de deux commerciaux à Paris, estime être sur la bonne voie en termes de référencement. Pour se développer auprès des CGPI, Natixis AM a choisi la voie du partenariat. En l’occurrence la société de gestion Dorval Finance, dans laquelle Natixis AM a pris en septembre 2008 une participation de 25%. Spécialiste de la gestion flexible, Dorval Finance a manifestement trouvé en Natixis AM un distributeur qui lui donne des ailes. C’est ainsi que le fonds Dorval Convictions, créé le 31 décembre 2007, affichait en septembre dernier un encours de 87 millions d’euros. La performance du fonds s’inscrivait à +12% en septembre après un recul limité à 3,29% en 2008.
Au cours d’une séance de questions après une conférence à laquelle il participait dans le cadre de Patrimonia, Eric Le Coz, directeur du développement de Carmignac Gestion, a indiqué que parmi les «thèmes» à jouer, notamment aux Etats Unis, celui des banques avait ses préférences. «Ces établissements ont une belle activité, a-t-il précisé, qui consiste à emprunter à 0 % et à prêter à 5,5 %... Certes l’activité des cartes de crédit est à surveiller avec un nombre de défaillances en hausse», a t-il noté. «Pour autant, les banques qui survivront vont capter une épargne importante». A ce titre, JP Morgan, Wells Fargo ou US Bank Corp ont les préférences du stratége de Carmignac Gestion. Questionné à son tour sur les thèmes porteurs outre-Atlantique, Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président d’Axa IM, qui participait également à la conférence, a insisté sur l’intérêt des fonds «infrastructures» et sur ceux s’intéressant aux technologies, «compte tenu des très belles entreprises que compte les Etats-Unis en la matière», a t-il relevé. Dans un autre genre, interrogé peu après par un conseiller en gestion de patrimoine sur les contraintes de gestion imposées par un encours passé de quelques centaines de millions d’euros à quatorze milliards aujourd’hui – celui de Carmignac Patrimoine en l’occurrence, le fonds vedette de la société de gestion –, Eric le Coz a expliqué que quatre éléments permettaient d’absorber un tel afflux de capitaux. Un univers d’actions et d’obligations à l’échelle mondiale, une grande liquidité des titres - des « large caps » - et une présence reconnue de la société de gestion sur le marché obligataire lui permettant d’être sollicitée lors de nouvelles émissions et, le cas échéant, d’être très bien servie par les émetteurs ; Enfin, Eric Le Coz a rappelé également le recours à des «couvertures» permettant tant sur les actions, les obligations que sur les changes de fixer le niveau de risques voulue par la gestion.
Moins inquiets, plus optimistes, plus détendus… Ce sont en ces termes que la société de gestion Pictet & Cie présente à Lyon la semaine dernière au salon Patrimonia dédiés aux conseillers en gestion de patrimoine décrivait l’état d’esprit d’une profession qui craignait pour son avenir il y a quelques mois encore. « On a l’impression que toutes les mauvaises nouvelles ont été intégrées et que la page est tournée, » confirmait Hervé Thiard, directeur général de l’établissement. De là à dire que l’appétence au risque est de retour, il y a néanmoins un pas qu’on peut ne pas franchir. Pour le responsable de Pictet & Cie en France, deux grandes nouveautés sont néanmoins à retenir cette année : les conseillers en gestion de patrimoine s’intéressent fortement aux fonds investis en obligations privées ainsi qu'à la « valeur durable », au sens large du terme. Pourtant, l’intérêt de la profession pour ce type d’investissement était limité il y a un an encore.» Les CGPI se portent vers des fonds sectoriels de cette nature, précise Hervé Thiard voire, élaborent des projets de contrats d’assurance vie labelisés « durable ». Reste cependant que c’est la gestion flexible qui se présente comme la grande vedette du salon, les fonds de ce type ayant drainé l’essentiel des flux de ces derniers mois. Quant aux « irréductibles » - les CGPI soucieux de « garder la main » en réalisant eux-mêmes leurs allocations d’actifs - leurs univers d’investissement a évolué. « Il n’est désormais plus question d’allocation géographique mais d’une segmentation par thème, confirme Hervé Thiard, à l’image de la santé, de la biotechnologie, etc. » Et pour 2010 ? « On sort d’une période de grande modération », précise le responsable de Pictet & Cie en France. Désormais, avec les flux enregistrés sur les marchés émergents, avec un pays comme la Chine, en mesure de faire varier sensiblement le cours du pétrole, avec également des déficits qui ne cessent de se creuser et des marchés des changes très sensibles, l’année prochaine marquera sans doute le retour d’une grande volatilité.» A l'évidence, les conseillers en gestion de patrimoine devront en tenir compte...
Présente au salon Patrimonia, avec ses 9,5 millions d’euros de fonds propres, capitalisée à un niveau quatre fois supérieur aux obligations légales, la société de gestion Métropole Gestion tire bien son épingle du jeu. «Nous collectons depuis l'été 2008", précisait vendredi son directeur général, Eric Boutchnei. Auparavant, dans l’incapacité d’expliquer les valorisations depuis la mi 2007, et réfutant la théorie du découplage entre les marchés émergents et les économies occidentales, la société n’avait pas «surfé» sur cette vague. Ce n’est donc qu'à la mi 2008 que la situation s’est inversée. «aujourd’hui, note Eric Boutchnei, alors que la faillite de Lehman va passer son premier anniversaire, le marché n’a pas encore retrouvé son niveau, et cela nous donne une multitude d’idées d’investissement.» Cela dit, pragmatique, Eric Boutchnei, directeur général de Métrople Gestion, prédit que les conseillers en gestion de patrimoine vont se trouver rapidement devant un dilemme : « des fonds en euros qui ne rapportent plus que 3,8 % environ (hors prélèvements sociaux) et, parallèlement, des clients toujours frileux pour revenir sur les marchés d’actions.» A ce jeu, trois stratégies patrimoniales se dessinent, comme le précise également la lettre datée du mois de septembre de la société de gestion.Soit les investisseurs ne disposent pas de liquidités et leur portefeuille s’affiche en moins-values, auquel cas il est judicieux pour eux de revenir progressivement sur les marchés en profitant des phases de baisse pour renforcer leurs positions. La récente consolidation sur les marchés en donne une bonne illustration.Soit les investisseurs restent réfractaires aux actions auquel cas, compte tenu de la baisse des rendements des placements monétaires ou peu risqués, les obligations offrent une diversification « efficace ». Soit enfin les investisseurs veulent bénéficier en partie des hausses futures des marchés d’actions et, cette fois, ce sera la gestion flexible qui pourra répondre favorablement à leurs attentes via sa vocation patrimoniale affirmée.