La résistance inattendue de la croissance émergente à la crise financière a légitimé une baisse de la prime de risque sur ces actifs et les capitaux affluent à nouveau aux frontières émergentes de l'économie mondiale, attirés par une croissance économique plus forte et plus stable que dans les économies développées. Autrement dit, l’argument du découplage est plus que jamais d’actualité. «La majorité des pays émergents a traversé la crise sans dommages majeurs en employant les mêmes leviers que les économies développées, à savoir l’assouplissement drastique de la politique monétaire, l’injection de liquidités sur le marché domestique, l’ajustement baissier de la devise en réponse aux sorties nettes de capitaux ou encore les assurances publiques données au secteur bancaire national. Cette résistance inattendue face à la crise démontre que les réformes structurelles accomplies au cours des années 1990 ont conféré aux pays émergents un «blindage macroéconomique» à l'épreuve des pires chocs externes», a expliqué Raphael Gallardo, stratégiste chez Axa IM lors d’un point de presse.Les actifs émergents apparaissent du coup comme les grands bénéficiaires de la crise, aujourd’hui via l’appréciation des actifs domestiques et demain, via l’appréciation de leurs devises lorsque l’inflation fera son retour sur le devant de la scène en 2011 ou 2012. «La crise a changé la vision des marchés émergents. Moins dépendants du monde développé, ils représentent la croissance de demain», a souligné pour sa part Philippe de Lavalette, spécialiste produits chez Axa IM.Pour tirer parti de cet environnement, Axa IM a développé depuis plusieurs années une expertise sur les marchés émergents déclinée dans plusieurs fonds. Axa WF Framlington Emerging Markets, créé à l’automne 2007, s’intéresse surtout au développement économique des émergents et investit principalement dans quatre grandes thématiques : infrastructures, consommation, urbanisation et santé. Le fonds, qui pesait un peu plus de 95 millions de dollars à fin septembre, affichait à la même date une performance de plus de 32% sur un an. Autre philosophie, celle de Axa WF Framlington Europa Emerging, qui privilégie trois thèmes : les matières premières à travers la Russie, l’intégration européenne avec la Tchéquie, la Pologne et la Hongrie et enfin, la croissance avec la Turquie. Le fonds de 24,3 millions d’euros à fin septembre, affichait à la même date une performance de près de 57% sur les neuf premiers mois de l’année.