Dans le cadre de sa stratégie d’investissement pour l’année 2010 présentée mardi à la presse, Allianz Global Investors a relevé «une réalité économique plus prévisible pour les actifs risqués», en droite ligne avec les moyens colossaux développés par les autorités politiques et financières afin d'éviter aux économies développées une période de déflation et de dépression. Cela posé, il reste toujours un grand nombre d’incertitudes, dont les conséquences des politiques adoptées afin que la machine ne se grippe pas - à commencer par l’explosion des déficits publics qui peuvent remettre en cause la pérennité de la reprise. «En 2010, la croissance économique devrait être proche de son potentiel, positive, mais faible dans les pays développés», précise la société de gestion. Les marchés domestiques qui restent handicapés par une montée du chômage tireront néanmoins parti de certains facteurs, comme le dynamisme des marchés émergents – notamment la Chine – et le dynamisme des exportations, ainsi que l’amélioration progressive de l’accès au crédit. Cette conjoncture économique «en dessous de son potentiel» explique également qu’Allianz GI ne croît pas au retour de l’inflation dans nos économies. Dans ce contexte, les taux courts des deux côtés de l’Atlantique resteront bas. La Fed pourrait néanmoins relever ses taux de 50 points de base tandis que la BCE devrait, pour sa part, maintenir le statu quo. Voilà pour le scenario général – avec également quelques inconnues qu’il faudra prendre en compte, notamment l'évolution du dollar. Reste à savoir désormais ce qu’il faut attendre des marchés. Concernant l’obligataire, Allianz GI n’anticipe pas de krach. Pour la société de gestion, «le marché a, semble-t-il, d’ores et déjà intégré un afflux massif d'émissions lié aux déficits publics considérables.» Seule une légère hausse des taux longs à des niveaux proches de 4 % est anticipée. Cela étant, l'équipe de gestion se montre favorable au marché du crédit. «Ce dernier est entré dans un cercle vertueux», précise Allianz GI, mettant en scène une augmentation de la demande des investisseurs et une baisse de l’aversion au risque des défauts anticipés, un resserrement des spreads de crédit et, de facto, un accès au marché d’entreprises au profil plus risqué, avec une réduction du risque de liquidité et donc du nombre de défaut. D’une façon générale, le taux de défaut attendu en 2010 est de l’ordre de 4 %, alors qu’il sera probablement de l’ordre de 12 % sur les «loans» et de 9 % sur les «high yield» cette année. Autre signe positif : le rythme de dégradations des ratings des entreprises s’infléchit. Reste néanmoins certains éléments à surveiller pour ne pas hypothéquer une année 2010 positive pour «l’investment grade» et le «high yield» : il faudra que les marchés des capitaux restent toujours ouverts aux entreprises, que les politiques monétaires soient accommodantes et que les marchés ne connaissent pas de récession. Interrogée à son tour sur les marchés d’actions, la gestion d’Allianz GI a également confirmé son opinion favorable sur une classe d’actifs qui «marche main dans la main» avec celle du crédit. Plusieurs éléments positifs vont naturellement jouer en 2010 qui permettent de penser qu’il n’y aura pas de «double dip» en 2010. Ce sont principalement les effets des plans de relance qui vont continuer à se faire sentir et une poursuite du restockage. Après une phase normalisation du marché et la reconnaissance des efforts de baisse des coûts réalisés par les entreprises – correspondant au rally de cet été – le marché scrute la croissance, la baisse des coûts n'étant plus un moteur suffisant. «Les valorisations actuelles ne sont pas excessives, juge Allianz GI. Dans ce cadre, plusieurs thèmes d’investissement ont les préférences de la société de gestion : l’exposition aux marchés émergents, l’environnement et les technologies vertes, et enfin la recherche de rendement via des stratégies «value». Pour ce qui concerne les marchés émergents, le thème des infrastructures et celui lié à la consommation, aux médias et aux loisirs, figurent parmi les plus porteurs. Au passage, Allianz note que «la proportion des profits en provenance des pays emergents pour les entreprises européennes est désormais plus importante que celle réalisée aux Etats-Unis. A noter que les valeurs du secteur du luxe, des spiritueux, du rail, de l'énergie, des services financiers permettent également de s’exposer aux marchés émergents. Concernant le thème de l’environnement, Allianz GI relève que les investissements «verts» occupent une place importante dans les plans de relance des Etats dont il convient de profiter. A titre d’illustration, le total des «green tech» représente 15 % de l’ensemble, les sommes alouées via le plan chinois étant élevées (221 milliards de dollars sur 267 en Asie-Pacifique). Enfin, pour le dernier thème – le rendement – Allianz GI considère que «le secteur des services affiche des plans ambitieux d’investissement». Par ailleurs, le secteur des télecoms offre un rendement élevé – mais pas de croissance – tandis que les secteurs de la santé et de l’agro-alimentaire affichent un couple rendement/croissance intéressant.