Invesco Asset Management a organisé une conférence de presse afin d’évaluer le caractère durable du rebond des marchés en 2009 : rebond dans un marché baissier ou démarrage d’une nouvelle phase haussière de long terme. Bernard Aybran, directeur de la multigestion, a constaté que les obligations d’Etat de la zone euro constituaient l’une des très rares classes d’actifs n'étant pas corrélée avec les autres et, de facto, qui permettait une réelle diversification dans les portefeuilles des investisseurs. «Lorsque les marchés d’actions baissent, le dollar monte, les matières premières également et les mines d’or baissent», a-t-il précisé, en notant que cette corrélation n’existait pas pour les obligations d’Etat. Lorsque les marchés d’actions progressent, les taux d’intérêt ne se tendent qu’assez peu, créant de facto une assymétrie intéressante."Il y a un an, les taux à dix ans était à 3,5 % environ», note encore Bernard Aybran, ce qui aujourd’hui permet d’enregistrer un gain de 5/6 %, coupon inclus, appréciable. Logiquement, il faut tenir compte des anticipations en termes d’inflation. Scénario auquel Bernard Aybran ne croit pas. Au contraire. la demande solvable de biens et services demeure sous pression et le commerce mondial se stabilise sur un niveau particulièrement bas, ce qui confirme l’existence de forces déflationnistes dans l’ensemble des économies occidentales. Dans ce cadre, l’intérêt des obligations d’Etat se trouve renforcé en phase avec deux éléments-clés : l’existence d’un plafond sur les taux monétaires qui semble maintenir ces derniers à un niveau très bas, et aussi, les capacités d’absorption du marché face au nombre d'émissions d’obligations d’Etat très important. Bien évidemment, d’autres classes d’actifs – à commencer par les actions – méritent l’intérêt. Mais à condition de faire preuve d’une grande sélectivité. «Les conditions actuelles ne nous permettent pas aujourd’hui d'être partisans d’un «buy and hold», explique Bernard Aybran. La solution passe certainement par ce que nous appelons les «newcits», ces fonds coordonnés gérés activement, via des couvertures par exemple. Une gestion active indispensable pour le responsable de la multigestion d’Invesco compte tenu des grandes incertitudes qui règnent sur les marchés et des nécessaires ajustements que cela impose. Plus «classiquement», toujours du côté des marchés d’actions, Bernard Aybran a relevé que les secteurs défensifs, après avoir été délaissés depuis le mois de mars pourraient connaitre à brève échéance une phase de rattrapage. Quant aux marchés émergents, il est désormais nécessaire de ne plus les considérer comme un simple levier sur les marchés occidentaux. «Plus le temps passe, plus ils se séparent des marchés occidentaux», conclut Bernard Aybran, qui insiste sur ces relations sud-sud dans un secteur-clé comme celui des matières premières - où notamment Brésil et Russie produisent et Inde et Chine consomment. Ce qui n’empêche pas les marchés financiers, via des traders, d'être en mesure de provoquer des exagérations sur le court ou moyen terme…