Yves Bonzon, directeur des investissements de Pictet et Cie, considère que l’or restera durablement le meilleur actif «anti-papier» et que compte tenu d’un marché baissier séculaire pour cinq ans encore, le métal jaune atteindra au minimum les 2.000 dollars l’once pour 2015, voire les 4.000 dollars si les événements adverses venaient à prendre le dessus. De toutes façons, l’or a le charme de ne pas présenter de risque de contrepartie…Dans l’environnement actuel, de toutes façons, le gestionnaire de fortune suisse opte pour une allocation tactique, tant il est vrai que si une assez faible reprise doit être au rendez-vous en 2010 dans les pays développés (3 % de croissance mondiale, avec un acquis de 1,3 point et 2 points générés par les pays émergents), il va falloir gérer une volatilité nettement plus importante qu’en 2009.Parmi les actifs favoris de Pictet figurent, outre l’or, les titres de services pétroliers et des énergies renouvelables ainsi que la dette émergente en monnaies locales. Ce à quoi Christophe Donay, chef stratégiste, ajoute des positions tactiques sur les titres d’Etat, alors que les obligations d’entreprises, classe plus «stratégique», devraient être conservées pour stabiliser les portefeuilles. Dans la poche actions, les deux spécialistes de Pictet préconisent de réserver une moitié à celles des pays émergents.Enfin, dans un portefeuille équilibré qui serait à 50 % actions et 50 % obligations, Yves Bonzon voit entre 10 et 15 % dédiés aux hedge funds, selon l’appétence du client pour le risque. Le CIO privilégie actuellement la stratégie global macro, tout en soulignant qu’en règle générale, les fonds alternatifs doivent être sélectionnés en fonction de la décorrélation qu’ils peuvent apporter au portefeuille.