Peut-être un petit décalage dans le temps… C’est en substance ce qu’a noté Roland Fernet, directeur général de KBL-Richelieu Gestion après être revenu pour Newsmanagers sur ses anticipations pour l’économie mondiale en 2010, données lors d’une conférence de presse au mois de septembre dernier. «Il n’est pas impossible que les Etats-Unis enregistrent d’excellents résultats dès la fin 2009, précisait-il à l'époque, et que cette évolution soit susceptible de générer des tensions inflationnistes début 2010".On sait, à quelques jours de la fin de l’année, qu’il n’en sera rien. Pour autant, le scénario ne doit pas être mis au rebut. «Tout juste peut-on s’attendre à ce que celui-ci survienne au cours du second semestre 2010 qui sera marqué par une grande incertitude», insiste Roland Fernet, convaincu que la fin de l’année prochaine sera moins bonne que prévu. L’économie américaine enregistrant, en revanche, de bons résultats au cours des dix premiers mois, les tensions inflationnistes évoquées il ya quelques semaines seraient, dans ce cadre, d’autant plus probables que la Fed ne devrait pas modifier ses taux, soucieuse de ne pas tuer dans l’œuf, une reprise somme tout fragile… Dans ce contexte, à quel comportement faut-il s’attendre pour les grandes classes d’actifs ? Pour le stratège de KBL-Richelieu, il ne fait guère de doute que 2010 sera l’année des actions. En raison tout d’abord d’un marché des taux obligataires décevant avec des spreads – écart entre le taux d’une émission privée et le taux sans risque de référence – ayant déjà beaucoup baissé, réduisant de facto le potentiel de plus-values. Quant aux taux des titres d’Etat, ils restent à un niveau faible - et ne peuvent séduire que pour la diversification qu’ils apportent dans un portefeuille comme le précisait récemment Bernard Aybran (Invesco). Enfin, les investisseurs devraient «sortir» des convertibles, dont le parcours réalisé a été remarquable en 2009. «En revanche, du côté des actions plusieurs thèmes s’affichent», note Roland Fernet. «A commencer par celui du rendement via de grandes valeurs comme Sanofi, Vivendi ou France Telecom». A ce thème s’ajoute celui des fusions-acquisitions après deux ans de vaches maigres. «Les entreprises ont quatre stratégies à leur disposition», expose Roland Fernet : «verser des dividendes, procéder à des rachats de titres, faire de la croissance propre ou envisager de la croissance externe. Or, ce dernier moteur semble de loin le plus porteur aujourd’hui. Certes, le coût de ce type d’opérations est plus important qu’il y a six mois mais ,à l’époque, les fonds manquaient ! En outre, il faut prendre en compte des éléments profitables comme la baisse du dollar qui a créé,des opportunitéspour les entreprises européennes, notamment dans des pays émergents (Brésil, …). Enfin, il s’agit d’opérations réalisées dans une logique de long terme, à l’intérêt évident pour des sociétés saines"… Reste à savoir quels seront les secteurs les plus porteurs. A ce jeu, Roland Fernet table sur l’agroalimentaire, la pharmacie ou le secteur des télecoms. Enfin, les grandes valeurs apparaissent mieux armées que les petites et moyennes capitalisations. Elles disposent encore d’un potentiel de réduction des coûts, réalisent près de la moitié de leur chiffre d’affaires en dehors de l’Europe et présentent également une croissance des résultats de l’ordre 30 % pour 2010.