Dans un entretien aux Echos, Pierre-Yves Gauthier, cofondateur de la société de recherche actions indépendante AlphaValue, estime que la perspective d’un renchérissement du coût de l’argent pourrait étouffer les prises de risque. «Nous pensons aujourd’hui que les marchés d’actions sont globalement surévalués par rapport au rythme de reprise économique. Mais l'énorme facteur de surévaluation est avant tout d’origine bancaire, même si, en France, les banques n’apparaissent pas particulièrement surestimées. Par ailleurs, la rotation sectorielle entre les valeurs cycliques et les valeurs défensives n’est pas complètement enclenchée», affirme Pierre-Yves Gauthier.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), la part des du dollar dans les réserves de change internationales s’est repliée au troisième trimestre à 61,65% contre 62,82% au trimestre précédent et quelque 65% au premier trimestre 2009. La part de l’euro dans les réserves de change internationales s’est parallèlement hissée à 27,75% contre 27,42% un trimestre plus tôt, la part du sterling s’inscrivant à 4,34% contre 4,30%.
Des analystes de Standard & Poor’s (S&P) et Moody’s ont indiqué dans des entretiens séparés à Reuters que la notation financière du Japon pourrait être dégradée si l’Archipel ne parvient pas à consolider ses finances. S&P a noté la dette souveraine du Japon «AA» alors que Moody’s a relevé en mai dernier sa note sur la dette intérieure du Japon de «Aa3» à «Aa23 mais a dégradé sa note sur la dette nippone en devises étrangères de «AAA» à «Aa2».Les marchés obligataires s’inquiètent d’une possible hausse de l’endettement du Japon qui pourrait atteindre 200% du PIB, alors que la baisse de popularité du nouveau gouvernement au pouvoir depuis septembre a accru les doutes sur sa capacité à prendre des mesures économiques difficiles. Selon Tom Byrne, analyste chez Moody’s, l'évolution de la note souveraine nippone dépendra pourtant grandement des efforts de Tokyo pour consolider ses finances à moyen terme et réduire son déficit budgétaire qui devrait dépasser 10% du PIB en 2009 et 2010 d’après le FMI. Il explique que si les marchés vont continuer de financer les déficits à des taux nominaux relativement faibles l’an prochain, les investisseurs pourraient en revanche "à un certain point» exiger une prime de risque pour financer de tels déficits.
L’indice global de la confiance des investisseurs, le « State Street Investor Confidence Index® » calculé par State Street Global Markets, a augmenté en décembre de 3,1 points à 103,9 par rapport au niveau de 100,8 relevé en novembre. Sur l’ensemble de l’année, l’indice a ainsi réalisé une remontée conséquente par rapport à ses niveaux du début 2009, où il se situait à moins de 83.En Asie, la confiance des investisseurs affiche un rebond de 6,3 points, l’indice régional passant de 91,2 en novembre à 97,5 points. Dans les autres régions, la confiance est demeurée à un niveau essentiellement constant, l’indice pour l’Amérique du Nord affichant une légère hausse de 102,2 à 103,1 points tandis que l’appétit pour le risque en Europe a légèrement baissé, de 104,8 à 104,6 points.« Le redressement de l’indice global de la confiance en décembre est largement dû à l’amélioration de la confiance en Asie, où l’accroissement de l’appétit pour le risque a porté l’indice régional à son plus haut niveau depuis huit mois » commente le professeur Ken Froot (Harvard), l’un deux concepteurs de l’indice. « Ailleurs, les réallocations de portefeuille ont été modestes. Avec trois des quatre indices au-dessus du niveau neutre de 100, les institutions continuent d’accroître leurs positions en actifs à haut risque, mais à un rythme manifestement plus lent qu’en début d’année. Les investisseurs institutionnels resteront aux aguets, attendant des signes d’une reprise de la croissance économique, et des stratégies de sortie réfléchies de la part des responsables politiques, avant d’effectuer des réallocations plus importantes vers des actifs à risque en 2010. »
Pour 2010, le scénario de base de Morgan Stanley estime que le redressement du dollar aura un impact négatif sur les prix des matières premières, et que les marchés boursiers des pays développés pourraient retrouver un attrait pour les investisseurs, et même réaliser une performance supérieure à celle des marchés émergents. «Au sein des marchés développés, les actions européennes (et peut être japonaises) devrait réaliser des performances supérieures à celles des actions américaines. Au niveau sectoriel, les segments défensifs comme l’alimentation, les boissons ou le tabac devront être préférés aux cycliques très volatiles comme les groupes miniers ou les valeurs industrielles», indique une note citée par L’Echo. Morgan Stanley a également une recommandation positive sur le secteur pharmaceutique.
L’entreprise collective des banques cantonales suisses pour les services de placement et de prévoyance, Swisscanto, estime dans son commentaire mensuel que les marchés vont rester fébriles en 2010. La récession et les mesures de soutien étatique ont conduit à une redistribution massive des dettes privées vers les Etats. La Grèce en a été l’une des premières victimes. D’autres mauvaises nouvelles devraient suivre en 2010, tant en provenance des marchés émergents (par exemple l’Ukraine, l’Argentine, Dubaï) que des marchés et des régions développés (par exemple des Etats américains). «Nous allons tirer profit des corrections du marché qui en résulteront pour renforcer les positions dans des emprunts d’entreprise et des actions. Nous considérons qu’une nouvelle fuite dans des placements sûrs aux rendements historiquement bas est erronée», détaille Thomas Härter, responsable de la stratégie de placement. D’où une surpondération en actions, avec une préférence pour les petites capitalisations et les titres de substance mais Swisscanto a également identifié un «certain potentiel de rattrapage au niveau des titres de grande capitalisation».
Selon une étude (S&P 100 Sustainability Reporting Comparison) publiée par le Siran (Sustainable Investment Research Analyst Network), un groupe de travail au sein du SIF (Social Investment Forum), le nombre de sociétés du S&P 100 proposant des rapports sur le développement durable comportant des éléments de performance a fait un bond de plus de un tiers (35%) durant l’année 2008. Soixante-six firmes sur 100 ont fourni un rapport de ce type en 2008 contre seulement 49 en 2007. En outre, 93 sociétés du S&P 100, contre 58 sociétés en 2004, fournissent au minimum des informations sur ce thème du développement durable sur leurs sites internet. «Au cours des cinq dernières années, nous avons observé, outre les rapports sur le développement durable, une augmentation progressive de nombre de sociétés adoptant les lignes directrices pour le reporting développement durable (GRI, Global Reporting Initiative)», relève Sharon Squillace, analyste chez RiskMetrics et manager du projet S&P 100. Le rapport souligne toutefois que seulement six sociétés publient des rapports sur le développement durable qui remplissent le niveau d’excellence en matière de reporting selon les critères GRI (niveau «A»).Une évolution malgré tout encourageante qui vient confirmer la prise de conscience des entreprises américaines sur les enjeux du développement durable parallèlement à une intégration croissante des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les décisions d’investissement de long terme. Cette étude est toutefois contrebalancée par une enquête diligentée par le SIF sur les pays émergents. Intitulée Corporate Sustainability Disclosure in emerging Markets), l’enquête montre que si 96% des sociétés dans les pays émergents donnent des informations sur au moins l’un des facteurs ESG, notamment sur les structures de gouvernance, elles ne sont que 30,6% à proposer des informations sur l’environnement.Et seulement 20 sociétés sur 100 font référence aux principes du GRI tandis que 14 affirment publier un rapport conforme à ces principes. On observe toutefois que les sociétés sud-africaines figurent parmi les meilleurs élèves des pays émergents alors que la Chine, l’Inde, l’Indonésie et le Mexique ont encore beaucoup de chemin à faire.
Les investisseurs seraient prêts à s’engager dans le hedge fund Citadel pour 1 milliard de dollars début 2010, selon des sources citées par Reuters. Une bonne nouvelle pour le gérant milliardaire Kenneth Griffin dont les deux fonds phares Kensington et Wellington terminent l’année sur les chapeaux de roue. Au 22 décembre, les deux fonds affichaient un rendement de 62%, contre 19% pour un hedge fund moyen sur les onze premiers mois de l’année. Les actifs de Citadel s'élèvent actuellement à environ 13 milliards de dollars, dont 7 milliards dans Kensington, contre 20 milliards avant la crise. En 2008, les deux fonds ont perdu quelque 55%, beaucoup plus que la moyenne des hedge funds, et les investisseurs avaient demandé des remboursements pour environ 1 milliard de dollars. Le processus de remboursement pour 2008 serait terminé. En 2009, les demandes de remboursement se situeraient autour de 500 millions de dollars, ce qui ne surprend pas les experts soulignant que de nombreux clients préfèrent prendre leurs bénéfices sur les fonds qui ont réalisé d’excellentes performances.
Le président de FPP Asset management, Fabien Pictet, estime que les premiers mois de l’année profiteront de l’élan qui a soutenu les marchés en 2009. «Une fois que le scénario du pire a été sorti de l’équation, les prix des actifs devaient se réajuster». Et ils vont continuer à le faire en début d’année, donc, aidés par les taux bas et les liquidités colossales. Du cash qui s’est prioritairement orienté vers les obligations et «qui devra travailler en 2010», donc se diriger vers les actions. D’autant plus que les institutionnels sont encore sous-investis et que les niveaux de P/E restent bas par rapport aux attentes, estime Fabien Pictet, par ailleurs très optimiste sur les émergents. «Nous avons examiné toutes les crises depuis 1985 et lors de chaque reprise, les marchés émergents ont progressé d’environ 120 % sur 16 mois». Ils n’ont effectué que les deux tiers environ du mouvement de hausse, avec un MSCI Emergent à +74% sur l’année.
Les prévisions de bénéfices des analystes ont un effet négligeable sur le cours d’une action, montre une nouvelle étude de Robert Hansen et Vadim Balashov de l’université de Tulane et d’Oya Altinkilic de l’université de Pittsburgh citée par le Financial Times. Cela remet un peu plus en cause la capacité des stock-pickers à faire bouger les marchés. Les auteurs de l’étude ont étudié 196.000 révisions de prévisions de bénéfices trimestriels et de plus long terme par les analystes entre 1997 et 2007, précise le FT.
Les marchés du carbone ont été les grands perdants du sommet de Copenhague, estime Simon Webber, co-gérant de la stratégie Schroder Global Climate Change, dans un point publié le 21 décembre. En effet, en l’absence d’un cadre clair pour étendre les marchés internationaux du carbone, les entreprises trop centrées sur les crédits carbone ou les prix du carbone vont être confrontées à de sérieuses difficultés.Dans ce contexte, Schroders compte éviter les actions orientées sur les marchés du carbone où l’incertitude est trop importante, et s’en tenir à des technologies à faibles émissions de carbone, éoliennes et nucléaires. Simon Webber estime aussi que 2010 sera une bonne année pour les énergies propres, grâce au soutien des plans d’actions nationaux existants. Par ailleurs, le gérant de Schroders estime que Copenhague a tendu un peu plus les relations internationales, et que le risque de protectionnisme environnemental reste fort.
Habituellement, les valeurs de croissance se comportent bien dans une économie morose, tandis que les titres «value» sont à la peine. Mais lorsque l’économie s’améliore, le value revient sur le devant de la scène. Ce n’est pas le cas dans la reprise actuelle, montre une étude de Russell Investments citée par le Wall Street Journal. Bien que l’économie US ait renoué avec la croissance au troisième trimestre de cette année, les actions de croissance battent le value sur chacun des trois derniers mois et sur-performent sur l’année. Cela peut s’expliquer par la méfiance des investisseurs face à la reprise. De plus, les services financiers, qui ont été massacrés, constituaient une grosse partie du secteur value.
La récente hausse des taux d’intérêts américains à long terme est une bonne nouvelle pour plusieurs grands gérants de hedge funds, dont John Paulson, qui se sont positionnés pour profiter de rendements plus élevés sur les bons du Trésor US, rapporte le Financial Times. John Paulson pense que les plans de relance du gouvernement vont inévitablement conduire à une hausse de l’inflation et des taux. Les gérants de hedge funds toutefois ont été hésitants à s’engager dans la vente à découvert de bons du Trésor pour profiter de la hausse des rendements et préfèrent acheter des options, note le FT.
Les consultants sont particulièrement à même d’identifier les attentes et la perception des investisseurs en matière d’investissement responsable, affirme une étude co-sponsorisée par AXA IM et l’association Eurosif, menée auprès de ces professionnels sur le sujet. Ainsi, en chiffres, il ressort que sur 60 % des investisseurs institutionnels ayant sollicité les consultants et dans le but de confier la gestion de leurs encours aux professionnels de la gestion d’actifs, 89 % pensent que l’investissement responsable va devenir de plus en plus incontournable au cours des prochaines années. Cela étant, «pour une majorité de ces consultants, la demande croissante des investisseurs pour l’intégration des critères ESG (environnement, social et gouvernance) relève plus d’une problématique d’image que d’une réelle volonté d’obtenir des rendements durables», précise-t-on chez Axa IM. D’autre part, il est fait état que, même si certains consultants sont convaincus de l’impact positif des critères ESG sur les performances de gestion, la décision finale de leur intégration appartient aux investisseurs. Axa IM a confirmé par ailleurs que des analyses régulières associées à une certaine pression émanant des gouvernements pourraient faire évoluer les processus d’investissements institutionnels afin que les critères ESG y soient plus souvent intégrés.
Selon Saxo Banque, les rendements des bunds allemands et autres obligations d’Etat devraient s’orienter à la baisse en raison d’une combinaison de forces déflationnistes et d’une politique monétaire excessive, d’autant plus que les traders d’obligations souveraines refusent de croire au scénario de croissance suggéré par les marchés actions. D’autres informations négatives sur le front macro-économique devraient pousser le bund à 10 ans à 133,3 d’ici à la fin 2010, ce qui impliquerait un rendement de l’ordre de 2,25 %.L’indice de volatilité VIX, actuellement à 22,32, pourrait tomber 14, le yuan pourrait être dévalué de 5 % par rapport au dollar alors qu’une sévère correction de l’or autour de 870 dollars pourrait endiguer le mouvement spéculatif actuel tout en maintenant le métal jaune dans une tendance haussière à long terme. Telles sont quelques-unes des «prévisions choc» de l'équipe d’analystes de Saxo Banque, qui se veulent plus pessimistes que la moyenne des analystes de marché. «Nous pensons qu’il est important que les scénarios les moins probables soient pris en compte. Il s’agit bien plus ici d’une analyse résultant d’une réflexion poussée que d’une simple série de prévisions – La probabilité que nos estimations se révèlent exactes n’est pas supérieure à 50 %, mais la possibilité que ces événements surviennent comme prévu est bien plus élevée que ce qui est actuellement annoncé par le marché», souligne Saxo Banque dans un communiqué.
Le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a annoncé en fin de semaine les résultats de la sélection du troisième lot relatif à son appel d’offres restreint visant à renouveler une partie de ses mandats obligataires. Pour ce troisième lot, qui portait sur des obligations crédit «investment grade» libellées en US dollars (gestion active), le FRR a sélectionné les sociétés suivantes : Axa IM Paris, BlackRock International, Conning AM, Deutsche AM International, Schroder IM.Ces mandats sont attribués pour une durée de 5 ans. A titre indicatif, le montant global des fonds donnés en gestion est estimé à 1,5 milliard d’euros.Les résultats sur le lot 1 (obligations indexées sur l’inflation émises en euros) et le lot 2 (obligations crédit investment grade libellées en euros) ont été publiés par le Fonds les 16 novembre et 9 décembre 2009.
L’allocation aux liquidités du Total Return Fund (199,4 milliards de dollars) de Pimco, un fonds géré par Bill Gross, a été remontée à 7 %, son niveau le plus élevé depuis la crise de Lehman en 2008, alors qu’elle était encore négative de 7 % au travers de dérivés, de futures et de stratégies de vente à découvert en novembre.En contrepartie, précise la page d’accueil de Pimco, Bill Gross a ramené l’exposition aux obligations gouvernementales (govies) à 51 % contre 63 % en novembre du fait que l'équipe de gestion partage l’opinion selon laquelle le PIB des Etats-Unis affichera en 2010 une croissance suffisante pour inciter la Réserve fédérale à majorer ses taux directeurs. Le gérant-star de Pimco a également baissé à 12 % contre 16 % son exposition aux titres hypothécaires. C’est le niveau le plus bas depuis 2000.
Les banques et les caisses d'épargne continuent de distribuer l’essentiel des fonds d’investissement en Allemagne. Sur 15 millions de détenteurs de fonds d’investissement, 69,7% d’entre eux (contre 72% en 2008) ont acquis des parts de fonds auprès d’un établissement de crédit. Selon une étude réalisée par GfK pour le compte de l’association de la gestion allemande (BVI), 12,5% ont acheté directement auprès d’une société de gestion, 11,3% auprès d’une banque directe et 10,8% auprès d’un conseiller en gestion.L'étude indique aussi que pour la première fois depuis 2003, le nombre de détenteurs de parts de fonds a diminué pour tomber, à environ 15 millions, à son niveau de 2005.Les fonds les plus prisés par les investisseurs restent les fonds d’actions, avec 61,3%, devant les fonds diversifiés (32,3%) et les fonds obligataires (25,2%). La seule évolution vraiment significative concerne les fonds immobiliers ouverts, passés de 13,7% en 2008 à 20,2% en 2009.
L’organisation syndicale Laborers’ International Union of North America, dont les fonds de pension gèrent environ 30 milliards de dollars, a annoncé avoir demandé à 14 entreprises – dont Bank of America, American Express et Whole Foods - de détailler leurs plans de succession et de les soumettre au vote des actionnaires, rapporte le Financial Times. L’investisseur profite d’une récente décision de la SEC qui a assoupli les règles qui empêchaient les actionnaires de se prononcer sur les politiques de succession.
Selon le dernier sondage trimestriel réalisé par Russell Investments (Investment Manager Outlook), près de 80% des gérants estiment que, malgré la reprise déjà enregistrée depuis mars dernier, les marchés actions américains devraient encore progresser en 2010.Tirés par une hausse des chiffres d’affaires et la reprise économique, les bénéfices devraient soutenir le marché, estiment les gérants qui ajoutent que la politique monétaire des banques centrales devrait rester accommodante au cours des douze prochainse mois.Comme l’an dernier, les gérants s’attendent à une progression de 10% ou plus des marchés en 2010 mais ils ne sont que 19% à considérer le marché comme sous-évalué contre 72% l’an dernier.