Régis Yancovici, directeur général délégué et responsable de la gestion chez Efigest, société qui se distingue par une allocation d’actifs exclusivement sous forme d’ETP (ETF, ETC, ETN sur toutes les classes d’actifs), compte que l'évolution des marchés va devenir plus sélective, plus discriminante cette année qu’elle n’a pu l'être en 2009. L’entreprise va passer de quatre à six personnes, avec notamment le recrutement à compter du 21 janvier de Jean-Paul Sauvain comme directeur général délégué chargé du développement et de la gestion privée, comme l’a annoncé mardi le PDG Jean-Noël Vignon. Compte tenu du passé de l’impétrant, cette embauche permettra à Efigest de se positionner plus efficacement sur le créneau de la clientèle privée et des grands comptes. En effet, Jean-Paul Sauvain peut justifier d’une expérience de 17 années sur les marchés financiers dont 5 en gestion patrimoniale et 12 en salle des marchés. Il a travaillé à la banque Indosuez (BGPI) puis à la CDC et Ixis CIB. Efigest affiche actuellement environ 70 millions d’euros d’encours, dont près de 24 millions d’euros répartis sur trois fonds, dont environ 10 millions pour le Pragmatis Réactif AA et 9,5 millions pour le Pragmatis Patrimoine, qui ont largement superformé leur «peer group» (Actions monde réactive EUR et Actions Monde Prudente EUR) avec des gains respectifs de 17 % et 8,5 % en 2009. En revanche, le Pragmatis PEA International (4,5 millions d’euros) a certes gagné 15,4 %, mais il a sous-performé son univers actions Europe à cause de son choix de ne pas être présent sur les valeurs bancaires et de l’absence de l’or, faute d’un produit éligible au PEA.Une gestion protéiformeDans le cadre d’une allocation «très internationale», Efigest se propose de rechercher des positions relatives, notamment au second semestre, Pour 2010, Régis Yancovici compte se focaliser davantage sur la qualité que sur le beta et privilégier les zones où le risque de resserrement monétaire paraît le plus faible, à savoir l’Europe et les Etats-Unis.Sur le plan sectoriel, Efigest estime qu’il est trop tard pour jouer les «early cyclicals» et trop tôt pour choisir les valeurs défensives. Le gestionnaire apprécie les ETP qui se spécialisent sur les compartiments bénéficiant de la diffusion de la croissance (médias, transports, loisirs), sur les valeurs à fort dividende (services publics, télécommunications), sur les sociétés disposant d’un bon pouvoir de fixation des prix (les biotechnologiques américaines) et enfin sur les thématiques porteuses sur le long terme, comme le nucléaire.Dans le domaine des devises, les fonds Efigest continueront de miser sur le carry, en étant «courts» sur le dollar et le yen mais «longs» sur les dollars canadien et australien, tandis que sur les matières premières ils privilégieront encore les métaux précieux (or et platine).La société de gestion, qui utilise aussi des produits de volatilité, reste par ailleurs focalisée sur les obligations d’entreprise dans le domaine des taux. Elle recherche également des points d’entrées pour vendre à découvert les obligations d’Etat et pourrait en cela être aidée par de nouveaux instruments comme l’ETF «bear» sur cette classe d’actifs qui sera coté à partir de ce vendredi sur Euronext.