Pascal Heurtault, directeur des gestions d’Aviva Investors France (AIF), souligne d’emblée qu’il n’a aucun problème pour trouver des idées d’achat autres que les télécoms sur le marché des actions, et que les valorisations s’avèrent actuellement modérées. Autrement dit, AIF considère que les actions sont la classe d’actifs la plus rémunératrice pour cette année, parce que les entreprises sont riches et ont réduit leur endettement tandis que les bénéfices vont augmenter au bas mot de 30 %. Sur les taux et le crédit, AIF privilégie le portage et adopte une attitude neutre, tout en misant sur les signatures bancaires (les fameux «tier one» qui ont été excessivement massacrés). Le gestionnaire, qui affiche 77 milliards d’euros d’encours dont 68 % en obligataire (à 95 % en taux fixe), est en revanche négatif sur le monétaire, une classe d’actifs à éviter.Pour un fonds diversifié comme l’Aviva Investors Equilibre (664,7 millions d’euros, lancé le 14 avril 1998), cela se traduit par une allocation de 60 % aux actions et 30 % aux taux, dont 11 points chacun pour les financières et les «corporates», donc un peu plus de 70 % sur les entreprises au sens large.A un échelon plus international, AIF est actuellement plus prudent sur les actions des pays émergents, dont les valorisations sont très «tendues». De fait, le gestionnaire s’est allégé sur les émergents, notamment la Chine et le Brésil, dans son fonds international, alors que les valeurs américaines sont surpondérées pour des considérations liées à la fois à la reprise et au dollar. Le fonds est également surpondéré sur la zone euro.Obligataire : trois hypothèses, trois produitsJean-François Boulier, président du directoire d’AIF, n’a pas manqué l’occasion d’une rencontre avec la presse pour mettre en exergue trois des savoir-faire d’AIF dans le domaine de l’investissement obligataire. Il a ainsi confié le soin à Denis Lehman, gérant obligataire, de faire le point sur trois des outils utilisés en compte propre, mais destinés aussi à être commercialisés notamment auprès des investisseurs institutionnels.Pour faire face à la remontée graduelle des taux sur le moyen terme, parce que la courbe devrait s’aplatir avec une hausse des taux courts, AIF propose Aviva Investors Obligations Variables (291 millions d’euros contre 150 millions «maison»), un produit qui a pour objectif de «se dédouaner du directionnel» et qui est particulièrement sensibilisé à la déformation de la courbe. Cet outil de gestion, initialement interbancaire, utilise swap CMS 10 (constant maturity swap 10 ans) contre l’Euribor 3 mois (ou 6 mois), mais ne se sert pas d’options, ce qui serait coûteux, souligne Jean-François Boulier. Dans une optique de reprise de l’inflation sur le moyen terme, Denis Lehman suggère l’Aviva Investors Inflation Euro (88 millions d’euros, lancé le 30 avril 2009), qui minimise l’impact de la hausse des taux réels grâce à l’utilisation «dynamique» de produits dérivés pour arbitrer à la fois les écarts d’inflation d’un pays à l’autre, les stratégies corrélées à l’inflation et les différentes échéances sur la courbe des taux.Enfin, pour extraire de la valeur des obligations d’entreprise, la gamme comporte l’Aviva Investors Alpha Yield (43,5 millions d’euros, lancé en septembre 2008), un fonds opportuniste qui vise actuellement à profiter notamment du «gras» qui subsiste sur les spreads pour les subordonnées bancaires (tier one).
Crédit Agricole Assurances a annoncé le 31 mars qu’il avait décidé de signer les Principes pour l’investissement responsable (PRI). La société devient ainsi le premier bancassureur signataire des PRI, souligne Crédit Agricole dans un communiqué, ce qui l’engage à une véritable démarche de progrès dans la prise en compte des critères extra-financiers dans l’analyse et les décisions d’investissement.Crédit Agricole Assurances rejoint, avec cet engagement, les autres entités du groupe Crédit Agricole déjà signataires des PRI (Amundi, Chevreux, Crédit Agricole Private Equity) et confirme ainsi la volonté du Crédit Agricole de faire converger ses choix d’investissement avec les enjeux de la Société.
La collecte nette de fonds se sont élevées à 1,9 milliard de livres en février, leur plus haut niveau jamais enregistré pour un mois de février, après un mois de janvier également exceptionnel, selon les données publiées le 31 mars par l’association britannique de la gestion (IMA).Les actifs sous gestion des fonds domiciliés au Royaume-Uni s’inscrivaient fin février au niveau record de 484,7 milliards de livres, en hausse de 3% par rapport à janvier et de 42% par rapport à février 2009. Cette évolution est liée à la progression de la collecte mais aussi à l’effet marché.Les actions ont été l’actif le plus recherché, avec un montant net de ventes de 703 millions de livres, en progression de 23% par rapport à janvier. Le mois de février 2009 s'était conclu sur une décollecte nette de 28 millions de livres.
A quel stade de l'évolution des ETF nous situons-nous en Europe ? Selon une analyse d’Invesco PowerShares, l’observation du marché américain, à la pointe de ce secteur, permet d’identifier trois phases dans le processus de développement des ETF.La phase 1 est celle où les ETF constituent une solution pratique et efficace pour pénétrer le marché. Dans ce contexte, les fournisseurs d’ETF s’efforcent de couvrir le maximum de classes d’actifs.Pendant la phase 2, les ETF jouent le rôle d’un instrument efficace pour optimiser l’exposition aux marchés. Concrètement, une fois qu’ils se sont familiarisés avec les ETF durant la phase 1, les investisseurs décident en règle générale de saisir de nombreuses opportunités financières. Pour ce faire, ils utilisent des ETF reposant sur les indices des marchés qui sont les plus à même d’améliorer les performances tout en préservant les avantages propres aux ETF, à savoir la transparence, le faible coût, la liquidité et la réplication passive d’un indice.Enfin, pendant la phase 3, les ETF constituent des véhicules efficaces pour générer de l’alpha et gérer le bêta. Compte tenu de la multiplication des indices disponibles, parmi lesquels ceux qui sont pondérés en fonction des fondamentaux, les gérants de fonds utilisent des ETF basés sur des indices non pondérés selon la capitalisation boursière pour créer de la valeur au sein de leurs portefeuilles.Dans ce paysage en mouvement, le marché européen entre seulement dans la phase 2 alors que le marché américain se situe assurément en phase 3, estime Invesco PowerShares. Les investisseurs recherchent des ETF qui répliquent des indices pondérés par les fondamentaux afin de couvrir les marchés de niche mais aussi les marchés primaires. Les indices basés sur les fondamentaux, à savoir les indices FTSE RAFI, mesurent la valeur réelle de chaque entreprise à partir de ses fondamentaux économiques. Ils offrent selon InvescoPowerShares une valeur ajoutée encore plus significative pour les classes d’actifs moins suivies par les analystes, notamment les petites capitalisations et les marchés émergents.Au cours de cette décennie, le recours à un portefeuille utilisant exclusivement l’indice MSCI World aurait donné lieu à une performance finale de +2%. En combinant l’indice MSCI Emerging Markets pour 20% et le MSCI World pour les 80 % restants, la performance finale aurait déjà grimpé à +34%. Si en revanche le MSCI World était conservé à hauteur de 80% mais qu’il était associé à l’indice FTSE RAFI Emerging Markets pour les 20 % restants, alors le résultat final simulé se serait établi à +97 %. Enfin, en combinant le FTSE RAFI Emerging Markets pour 20 % et l’indice FTSE RAFI Developed 1000 pour 80 %, la performance simulée serait ressortie à +147%, souligne Invesco PowerShares.
Selon L’Agefi suisse, la Banque Wegelin estime que l’enthousiasme pour les fonds indiciels masque une série de risques parfois sous-estimés. La qualité de la réplication de l’indice – coûteuse à assurer – demeure primordiale. Par ailleurs, les ETF à effet de levier et les ETF short incorporent des contrats d’options susceptibles d’entraîner des performances inattendues, puisque l’investisseur peut essuyer des pertes, même en dépit d’une évolution favorable du sous-jacent. Autre élément souvent négligé: le risque de contrepartie, lorsque l’ETF s’apparente à un instrument obligataire (type ETC) – l’investisseur est alors exposé à un risque de signature.
L’indice de confiance des investisseurs calculé par State Street Global Markets a enregistré en mars une hausse de 5,4 points, s’établissant à 108 points par rapport au niveau corrigé de 102,6 relevé en février. Les investisseurs institutionnels en Asie ont été principalement à l’origine de ce mouvement, l’indice régional ayant augmenté de 4,1 points pour s’établir à 100,8 points par rapport au niveau corrigé de 96,7 points obtenu le mois précédent. Ailleurs, les changements ont été plus modérés : la confiance des investisseurs en Amérique du Nord s’est légèrement accrue de 110,1 (niveau corrigé) à 110,4 tandis qu’en Europe, la confiance reste quelque peu à la traine, l’indice régional affichant un léger repli, de 99,8 (niveau corrigé) à 97,3 points en mars.Au-delà de cette augmentation significative de la confiance des investisseurs institutionnels, «Il est intéressant de noter que nous commençons à observer à nouveau une divergence entre la confiance des investisseurs et des consommateurs aux États-Unis, les consommateurs se montrant moins confiants alors que les investisseurs le deviennent davantage », estime Paul O’Connell, l’un des deux créateurs de l’indice. « Il reste à savoir si le sentiment des consommateurs changera ce mois-ci mais en attendant, les investisseurs institutionnels se sont montrés constants dans leurs achats sur de nombreux marchés et secteurs, à l’exception des économies à la périphérie de l’Europe etcertains secteurs spécifiques comme la santé».
Selon un récent sondage de Feri EuroRating Services AG, les particuliers allemands sont optimistes quant à l'évolution des marchés actions dans leur ensemble. Ils s’attendent à de bonnes performances sur les marchés émergents, mais aussi l’immobilier et les obligations. Ils sont moins positifs sur les marchés développés, notamment le Japon et les Etats-Unis.
Zurich Financial Services vient d’annoncer la nomination au poste de chief investment officer et membre du comité exécutif du groupe de Cecilia Reyes en remplacement de Martin Senn, qui, depuis le 1er janvier 2010, occupe les fonctions de CEO du groupe.Cecilia Reyes était précédemment responsable de la mise en œuvre des stratégies d’investissement depuis avril 2006.
A la question de savoir si les marchés émergents pouvaient être considérés comme des marchés cœur ou satellite, les intervenants du dernier atelier de Natixis AM (NAM) dont c'était le thème n’ont pas attendu longtemps pour exposer leurs convictions. Compte tenu de leurs caractéristiques, de leur force et de leur potentiel, les marchés émergents sont devenus incontournables au sens large du terme, expliquant en cela l’intérêt que les investisseurs institutionnels leur portent désormais, au sein de leur allocation d’actifs. Dans une première partie, Philippe Waechter, directeur de la recherche économique est revenu sur les atouts de ces marchés. Sur le plan macroéconomique tout d’abord, il ressort que la santé de ces pays n’est plus liée à celle des pays industrialisés. D’ailleurs, tandis que ces derniers ont vu leur PIB baisser depuis la crise – début 2008 – des pays comme la Corée ou Taïwan ont vu les leurs progresser. Il s’agit là de la conséquence du développement des échanges sud-sud – à l’image de ceux entre le Brésil et la Chine – qui fait qu’il n’est plus nécessaire de passer par les pays industrialisés pour profiter des marchés émergents.... «Dans le détail, a précisé Philippe Waechter, l’Asie conditionne l’essor des zones émergentes et tire l’ensemble vers le haut. Elle occupe de facto un rôle prépondérant avec un acteur majeur en particulier, la Chine.» Une autre approche conjoncturelle permet de constater que l’Inde ou la Chine ont d’ores et déjà commencé à resserrer leur politique monétaire, ce qui n’est pas encore le cas de la zone euro. Pourquoi une telle différence de comportement ? Pour Philippe Waechter, cela ne fait aucun doute : marchés émergents et pays industrialisés ont bien subi une crise économique mais, à la différence des premiers, les seconds ont également essuyé une crise financière et bancaire. La sortie du marasme sera de fait beaucoup plus longue. Résultat, l'écart du taux de croissance entre les pays à faible et moyen revenus et pays riches ne cesse de s’accroître – un phénomène qui date du début des années 90 - pour atteindre aujourd’hui entre cinq et six points de base. De quoi expliquer que l'économie chinoise, malgré la crise, s’apprête à accéder en 2011 au rang de deuxième économie du monde, devant le Japon... Le dynamisme démographique est également à mettre à l’actif des pays émergents qui modifient la structure du marché du travail. En outre, sur le plan économique, après avoir été des pays dont les économies se sont développées autour des exportations, la donne a changé. A partir du développement d’une classe moyenne et via le rôle-clé des Etats (au Brésil, en Chine, etc), de nombreux pays émergents pérennisent un changement d’orientation de la croissance en basant celle-ci sur la demande intérieure. Philippe Waechter a conclu son intervention en revenant sur le nouvel équilibre à trouver entre les pays émergents et les économies des pays industrialisés. Pour le directeur de la recherche économique, ce dernier sera conditionné et conditionnel au rééquilibrage de la croissance avec, en sous-jacent, la question des changes à traiter… Dans l’exposé suivant, Franck Nicolas, directeur Allocation Globale & ALM est revenu dans le détail sur la répartition des pays au sein de l’indice MSCI Emergents qui confirme le poids de l’Asie (55,5 % de la référence). Par pays, la Chine reste le poids lourd (17,4 % de l’ensemble) devant la Corée du Sud (12,8 %) et Taïwan (11,3 %). Ceci dit, au sein du MSCI Monde AC, le poids de l’Asie retombe à 7,1 % et la somme des marchés émergents ne représente que 12,9 % de l’indice mondial. Franck Nicolas a également relevé les biais que comportent les «indices pays» avec notamment des fortes pondérations dans certains d’entre eux. C’est le cas de l’indice chinois HSCEI dont les cinq premières valeurs représentent 49 % de l’ensemble ou de l’indice INDEXCF russe où les cinq premiers titres «pèsent» 58 %. Reste à savoir si les marchés émergents peuvent être considérés comme diversifiants. Si entre 1988 et 1999, la réponse est affirmative, ce n’est plus le cas depuis 2000, notamment en raison de l’intervention de hedge funds sur ces titres. «Résultat, les actions émergentes se comportent plus comme un levier sur le bêta (*)», précise un document de NAM. Pour autant, avec la hausse de la demande intérieure, ces marchés émergents se montrent moins cycliques et moins corrélés aux autres économies. Ce qui ne signifie pas l’absence totale de corrélations ! Ainsi, le lien avec les matières premières tend à augmenter comme le confirme la corrélation sur deux ans glissants entre l’indice CRB et l’indice MSCI Emerging Markets (en dollars) - tandis que le lien entre la surperformance émergente et l'évolution du dollar se maintient également. Enfin, en matière d’allocation d’actifs, Franck Nicolas a précisé qu’il existait différentes façons d’investir sur les marchés émergents. La dette émergente par exemple affiche des performances moins élevées que les actions mais se montre en contrepartie moins volatile. Attention toutefois, «le potentiel de réduction des spreads sur ces titres obligataires est désormais assez faible», a-t-il conclu. (*) évalués par les performances annuelles sur 1 mois glissant entre le MSCI Emergent et le MSCI Monde entre le 31/12/1988 et le 28/02/2010
A l’orée du second trimestre, les perspectives économiques globales sont relativement bonnes, estime Christophe Brulé, Président d’Entheca Finance dans une récente note. Cependant l’endettement des Etats occidentaux risque de peser sur le redémarrage de la croissance, note-t-il. Les marchés se trouvent donc dans un contexte de transition, «où la sélection de titres et plus que jamais nécessaire», souligne le gérant. L’allocation de son portefeuille conserve son exposition aux actions à un peu plus de 50%. La préférence est donnée à la gestion de convictions et les valeurs de croissance à forte visibilité, ou défensives, au détriment des cycliques. Les secteurs de la santé et de l’agro-alimentaire restent privilégiés par Christophe Brulé. «Par ailleurs, la poche actions a été internationalisée au profit d’investissements américains et de valeurs de consommation internationales. Enfin, la valeur Essilor entre dans le portefeuille, pour la bonne visibilité de la stratégie de l’entreprise», précise-t-il. Concernant la poche obligataire, plusieurs émissions d’entreprises présentent selon Christophe Brulé un rendement intéressant. Il cite notamment PPR (échéance mars 2011, de rendement 1.75%), Lafarge (échéance mai 2011, de rendement 1.84%) et Arcelor (échéance juin 2013, de rendement 3.79%). Le gérant indique également avoir acquis une obligation d’Etat grecque d’échéance mai 2010, qui offre un rendement annualisé de 2.81%.
Selon un sondage réalisé par le britannique KdK Asset Management auprès de 59 distributeurs européens de fonds, dont 18 en Suisse, 8 en Allemagne, 7 au Royaume-Uni et 6 en France, il existe une forte demande de hedge funds et de Fonds de hedge funds au format OPCVM III. Bien que 85 % de ces distributeurs s’attendent que de tels fonds sous-performent leurs équivalents «offshore», à cause des contraintes imposées par la directive, ils sont 90 % à estimer que le potentiel de commercialisation de ces «newCITS» est substantiellement plus élevé que celui des fonds non conformes à la directive européenne.75 % des personnes interrogées ont indiqué avoir constaté une demande de la part des réseaux de distribution retail ainsi que de celle des plates-formes et supermarchés de fonds, 68 % font état d’une demande de la part des particuliers haut de gamme et 61 % de celle des family offices, mais seulement 43 % en provenance des investisseurs institutionnels.D’une manière générale, le potentiel des fonds de hedge funds coordonnés paraît légèrement moins important que la demande de fonds mono-stratégie, certains membres du panel estimant que l’univers est trop restreint pour une multigestion de qualité.Enfin, 53 % des personnes interrogées pensent que le ratio de frais sur encours (TFE ou TER en anglais) des hedge funds coordonnés sera supérieur à celui des fonds offshore équivalents, parce que la gestion d’un fonds coordonné est plus compliquée. De plus, la valeur liquidative est calculée fréquemment, ce qui justifie une prime qui, au demeurant, doit protéger le fonds offshore de la cannibalisation.La version publique de l'étude est disponible à l’adresse : http://kdk-am.com/Survey/PublicReport.pdf
Russie, Turquie, République tchèque, Pologne et Hongrie sont les pays «poids lourds» de l’Europe émergente qui compte pas moins de vingt-cinq nations. De fait, d’un point de vue économique, la Russie représente 65 % de l’indice MSCI Emerging Europe Index, la Turquie 14 %, la Pologne 12 %, la Hongrie 5 % et la République tchèque 4 % ! Compte tenu de cette caractéristique, Matthieu Belondrade et François Théret, tous deux gérants et analyste Actions Europe Emergente chez Natixis AM sont revenus, lors de l’atelier portant sur les marchés émergents organisé par leur maison (lire par ailleurs), sur les conséquences de cette distribution sur la structure sectorielle de l’indice.Avec le gérant russe notamment, le secteur des matières premières pèsent 39 % de l’ensemble – devant le secteur financier (27 %), celui des télécoms et des matériaux (11 % chaque). Première conséquence de cette très grande concentration, ont expliqué les gérants, «les matières premières ont été la courroie de transmission de la crise», contrairement à ce qui s’est passé dans nos économies où c’est le secteur financier qui a rempli ce rôle. Autre point remarquable : le MSCI Emerging Europe Index affiche une forte concentration autour des dix principales valeurs de la zone. A elles seules, elles représentent 52 % de la capitalisation avec, pour les trois premiers titres, une pondération de 16,9 % pour Gazprom, 7,9 % pour Lukoil et 7 % pour Sberbank. En dépit de ce profil très marqué, il existe à côté des ressources naturelles d’autres thématiques d’investissement intéressantes à exploiter, ont insisté les gérants. A partir de l'émergence d’une classe moyenne et de la volonté dans des pays comme la Russie de se «libérer» de la prédominance de l’or noir, en mettant sur pied des champions nationaux, la consommation par exemple est un thème intéressant à jouer. Et ce d’autant que cela concerne toute l’Europe émergente dont la demande d'équipements est forte (automobile, téléphonie, etc), le taux de pénétration de ces produits faible, alors que le PIB par tête a doublé entre 2000 et 2009. En outre, l’activité crédit via des prêts à la consommation ou des cartes de crédit est encore peu développée. Avec la consommation, les infrastructures sont aussi un thème porteur, la région affichant également d’importants besoins, qu’il s’agisse de dépenses dans le secteur du bâtiment, du commerce ou des transports publics. «Dans ce contexte, ont rappelé les gérants, l’Europe émergente affiche dès cette année des opportunités. Les marchés offrent en outre des niveaux de valorisations attractifs, ce qui en fait un marché «value» qu’il convient d’aborder via une gestion active.» Reste les questions de «corporate gouvernance»... Matthieu Belondrade et François Théret ont rappelé que des pays comme la Turquie ou ceux situés en Europe centrale, donnent d’ores et déjà accès à des informations d’excellente qualité. En outre, pour ce qui concerne les valeurs russes, les deux gérants ont insisté sur le fait qu’ils s’intéressaient à des «blue chips» qui étaient également cotés à Londres et New York ce qui leur apportait de facto des garanties en termes de transparence des comptes. En revanche, pour des sociétés locales dans le domaine de la consommation par exemple, la prudence restait de mise. En cela, les déplacements et les rencontres avec les responsables d’entreprises restaient largement justifiés... Des valeurs à suivre dans l’Europe émergente : ENRC (Kazakhstan, Mines)Garanti Bank (Turquie, Banque)X5 Retail Group (Russie, Distribution alimentaire)GlobalTrans (Russie, Transport ferroviaire)
L'équipe actions européenne d’Invesco à Henley estime que le contexte opérationnel mondial actuel est délicat pour les valeurs de l'énergie. Tout en continuant à sous-pondérer ce secteur, l'équipe cherche à identifier des opportunités. Elle distingue deux groupes au sein de ce secteur : l'équipe reste sceptique à l'égard des grands groupes aux valorisations attractives mais dont les perspectives de croissance semblent peu encourageantes et dont les dividendes, élevés, sont de plus en plus payés à partir des réserves.En revanche, elle est convaincue du potentiel de sociétés parmi les petites capitalisations, plus flexibles, bénéficiant «d’une croissance plus soutenue du chiffre d’affaires, d’une forte exposition à des opportunités prometteuses en amont du processus industriel, d’une excellente faculté d’initiative et qui sont à même de bénéficier des dépenses d’investissement des grands groupes». Luke Stellini, directeur produits européens, affirme que, contrairement à leurs homologues de plus grande taille, ces sociétés «offrent un profil rendement/risque suffisamment attractif pour y investir».
Certains des plus gros hedge funds européens ont engagé des paris importants contre l’euro et la livre. Ces attaques ne sont pas déclenchées par les gérants mais par des fonds suiveurs de tendance pilotés par ordinateur, indique le Handelsblatt citant ainsi Man Group (avec AHL), Winton Capital et Blue Crest, dont les encours dépassent les 40 milliards de dollars.De fait, souligne un gérant de hedge funds, ces fonds assistés par ordinateur ont gagné beaucoup d’argent en pariant sur la baisse du dollar, mais cette tendance s’est inversée, et maintenant la livre et l’euro figurent sur la liste des monnaies faibles.Les gérants de ces fonds précisent qu’ils ne déclenchent pas les tendances, mais les suivent. De plus, la plupart d’entre eux utilisent des futures pour leurs paris et ces contrats sont traités sur des marchés à terme qui sont sévèrement régulés, contrairement au marché des changes, où 90 à 95 % de transactions s’effectuent hors marché (OTC).
Selon Emerging Portfolio Fund Research, les souscriptions nettes enregistrées par les fonds obligataire dans le monde ont déjà atteint 89 milliards de dollars, soit près de cinq fois le montant constaté pour les trois premiers mois de 2009, rapporte Die Welt. Cependant, Bill Gross, qui gère un fonds obligataire de 214,3 milliards de dollars chez Pimco (Allianz Global Investors), a averti que le rally des obligations, qui dure depuis près de trois décennies, touche à sa fin. D’ailleurs, Pimco a annoncé en décembre qu’il va lancer des fonds d’actions, et recommande de se positionner sur les obligations d’Etat de pays à faible déficit comme l’Allemagne et le Canada, ou d’investir en obligations d’entreprises.Bill Gross n’est pas seul à prêcher la prudence : Bill Eigen, qui gère le JP Morgan Strategic Income Opportunities Fund (8 milliards de dollars), s’attend à des hausses de taux d’intérêt pour les deux ans à venir, ce qui va entraîner des pertes pour les souscripteurs de fonds obligataires à duration longue.Et Keith Harstein, CEO de John Hancock Funds, considère que les petits investisseurs ont presque déjà manqué le bon moment pour tourner le dos aux fonds obligataires. Ils commettent à nouveau l’erreur de miser sur la performance passée alors qu’il faut prendre des décisions d’investissement pour aujourd’hui.
Malgré leur taille, les perspectives de croissance et l’importance grandissante des pays émergents, les valeurs de ces pays restent sous-représentées dans les portefeuilles des investisseurs. BlackRock estime dans son bulletin de mars (The Growing Importance of Emerging Markets, mars 2010) que la part des actions émergentes à la capitalisation boursière pourrait passer de 15 % actuellement à 30 % pour 2030. La même tendance peut être escomptée pour les marchés obligataires. Les pays émergents sont moins endettés que les pays développés et ils vont connaître une croissance économique plus forte, ne serait-ce que grâce à leur démographie.Toutefois, BlackRock met en garde : la rapide croissance des capitalisations sur les actions et les obligations ne se traduira pas directement par des performances supérieures pour ces actifs, notamment parce que cette expansion reflètera simplement un transfert, le financement des entreprises passant des capitaux privés au marché des capitaux. D’autre part, compte tenu de risques et d’une volatilité plus élevés que pour les marchés développés, les investisseurs doivent veiller à une bonne gestion de leur risque. Et à être correctement rémunérés pour cette prise de risque.
Les clients institutionnels de Russell Investments sont de plus en plus nombreux à mettre en œuvre l’allocation d’actions réactive aux engagements (LRAA ou liability-responsive asset allocation) mise en place en avril 2009. Avec l’amélioration de leur situation de couverture, les fonds de pension renouent avec des allocations beaucoup moins agressives. Selon Russell Investments, certains fonds de pension utilisant l’approche LRAA ont ainsi réduit leur poche actions de 15% au cours des trois derniers mois pour accroître dans les mêmes proportions leur allocation obligataire à échéance longue.Depuis son lancement au printemps 2009, la stratégie LRAA a été adoptée par une quinzaine de clients institutionnels. De nombreux autres clients envisageraient d’adopter cette approche.
Selon un sondage de Pioneer Investment auprès de 500 investisseurs institutionnels, les personnes interrogées visent en moyenne une performance de 4,4 %, de sorte que le potentiel de déception est élevé, rapporte la Börsen-Zeitung. D’autre part, 50,1 % du panel préfèrent une performance absolue qu’une surperformance par rapport à un indice de référence.Wolfgang Kirschner, directeur des affaires institutionnelles de Pioneer, souligne que la moitié des maisons interrogées n’ont aucune action dans leur portefeuille. Celles qui en ont affichent une allocation moyenne de seulement 7,5 %. Plus d’un quart ont l’intention d’augmenter leur exposition aux actions, tandis que 20 % envisagent de réduire leur poche obligataire.
Selon Sasa Petrovic, analyste de l’agence de notation berlinoise Scope, et Marcel Langer, spécialiste des certificats chez UBS, la «guerre de religion» entre fonds et certificats en Allemagne s’est apaisée, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. A présent, les investisseurs tendant à privilégier les fonds traditionnels et les ETF pour leur stratégie à plus long terme et les certificats pour l’optimisation à court terme.Depuis l’introduction du prélèvement libératoire de 25 % au début de 2009, l'échéance moyenne des certificats a eu tendance à diminuer. S’il s'émet encore des certificats à trois ans, la moyenne est à présent plutôt supérieure à un an. Elle se situe en moyenne à 395 jours pour les certificats discount, 453 jours pour les certificats bonus et 273 jours pour les certificats sprint. Entre 90 et 95 % des certificats discount vendus par UBS ont une échéance inférieure à un an.
De gros hedge funds du Royaume-Uni, comme ceux de Man Group, Winton Capital et Blue Crest, ont gagné des centaines de millions de livres en pariant sur un déclin du sterling cette année, rapporte le Financial Times. Ces fonds utilisent des modèles informatiques pour identifier des tendances et les suivre.