Pour Johnny Debuysscher, CIO fixed income de Petercam, il ne faut pas redouter de hausse véritable des taux tant que l’indice ISM des directeurs d’achats n’aura pas justifié d’une remontée soutenable et robuste pendant une période suffisamment longue. Pour l’instant, la reprise se cantonne aux grandes entreprises industrielles, elle n’a pas encore touché les PME et les services industriels de son aile. Cela posé, le directeur de la gestion obligataire note que s’il n’est pas prouvé que la reprise sera durable, il n’est pas davantage établi qu’elle ne le sera pas.Les taux courts sont appelés à rester bas un certain temps encore, donc, et Petercam résume sa position concernant le marché obligataire avec le formule «ni crash, ni rally». Johnny Debuysscher, note que, dans des circonstances normales, 4 % pour le Bund 10 ans sont un bon point d’entrée, mais que, dans un environnements exceptionnel 3,6 % est déjà un point d’entrée («buy on dips»). Il est légèrement plus élevé pour les obligations d’Etat françaises et se situe à 4 % pour les belges.En fonction de la saisonnalité du marché, «il est préférable de cumuler pour les meilleures opportunités traditionnellement observées pour la période mai-juin», poursuit le CIO, qui ne discerne pas de problème majeur d’absorption du nouveau papier (il attend 200 milliards d’euros d'émissions dans la zone euro pour 2010), ne serait-ce qu’en raison de l’ampleur de la demande «réglementaire» de la part des assureurs. En tous cas, Johnny Debuysscher, comme beaucoup de ses homologues dans d’autres sociétés de gestion, est convaincu que la Grèce ne fera pas défaut, mais que la volatilité du marché risque de perdurer, ce qui ménagera des opportunités.Globalement, dans le portefeuille du Petercam Bonds EUR (1,25 milliard d’euros), «la surpondération de la Grèce est maintenue, la position sur les bunds allemands a été réduite et les Btp italiens sont proches du neutre».Le CIO note que, pour ce produit, il sous-pondère le 7-10 ans depuis une bonne quinzaine de mois, parce qu’il est devenu trop cher. En revanche, il surpondère le 3-7 ans avec sa forte pentification. Ces derniers temps, la duration a été un peu diminuée pour passer en-dessous du benchmark.Petercam est un acteur important sur les marché obligataires, avec un encours fin décembre de 6,6 milliards d’euros (sur un total de 14,17 milliards), contre 6,14 milliards sur 13,75 milliards douze mois plus tôt. La maison belge affiche environ 2 milliards d’euros d’actifs sous gestion dans les obligations gouvernementales (mandats compris); dans ces portefeuilles, le cœur représente généralement les deux tiers et le trading le tiers restant.. Le reliquat de l’encours fixed income, soit plus de 4 milliards d’euros, correspond à des obligations d’entreprises, y compris le haut rendement et les mandats.