En 2009 déjà, l’encours du suisse Reyl Asset Management avait doublé à 600 millions d’euros. Sur les trois premiers mois de cette année, les actifs sous gestion ont bondi à 961 millions d’euros, grâce à l’effet de performance et à quelque 300 millions d’euros de souscriptions nettes, indique le CEO Thomas de Saint-Seine. A l'échelon du groupe, l’encours à fin mars se situait à 2,5 milliards d’euros contre 1,6 milliard au 31 décembre 2009.Pour Reyl AM, ce gonflement est attribuable à un compte géré important (un mandat obligataire de 230 millions) ainsi qu'à un retour de l’appétit pour les actions dans le creux de la correction du premier trimestre, manifestement de la part d’investisseurs qui avaient manqué la remontée de l’an dernier. Il y a aussi un engouement indéniable pour les marchés émergents, phénomène qui a probablement encouragé le gestionnaire genevois à transformer son fonds Asian Equities en Emerging Markets Equities. Et puis l’environnement a changé avec une volatilité plus contenue, ce qui favorise les stock-pickers comme Reyl AM.Reyl Asset Management pratique pour la plupart de ses fonds actions (marchés émergents, Europe, Etats-Unis), qui pèsent au total 295 millions d’euros, une stratégie quantitative fondamentale avec une stricte sélection de valeurs en fonction de la génération et de la croissance des flux de trésorerie ainsi que de la gestion financière des sociétés. Le modèle est repondéré toutes les 4 à 6 semaines et le taux de rotation se situe entre 20 et 30 % par mois, les portefeuilles affichant entre 250 et 350 lignes. «Le stock picking a généré 5 points de performance depuis le début de l’année pour le fonds Reyl European Equities, 7 points pour le fonds marchés émergents et 3 points pour le fonds d’actions américaines», précise Thomas de Saint-Seine avant d’ajouter que, sur les cinq derrières années, «la stratégie a surperformé notamment en Europe dans 62 % des cas en environnement de marché haussier et dans 68 % des cas sur des marchés baissiers». Une gamme complète"Notre crédibilité tient dans la discipline, dans le contrôle de l’allocation du risque et dans celui de la liquidité, nous ne faisons pas de market timing», explique encore le CEO qui avertit toutefois que ce type de gestion quantitative actions nécessite une période de détention minimum de trois à cinq ans. En ce qui concerne le fonds European Equities, il a ainsi surperformé l’indice Stoxx 600 TR de 41,24 % depuis septembre 2004, la sélection de valeurs expliquant 33,28 points de cet écart et l’allocation des 7,96 points restants. Depuis 2003, la performance totale est ressortie à 102,21 % contre 70,12 % pour le benchmark et la performance moyenne annuelle s’est inscrite à 10,33 % contre 7,70 % pour le Stoxx 600. Le tout avec une voalitié de 19,7 % contre 20,4 % pour l’indice.Cela posé, la maison genevoise (qui gère aussi des fonds alternatifs) a également dans sa gamme des produits comme le Reyl European Opportunities où le beta se situe entre 0 et 0,5, contre environ 0,8 pour l’European Equities ou l’Emerging Market Equities. Ce produit subit moins la baisse mais profite aussi moins des hausses.La gestion obligataire représente pour sa part 543 millions d’euros, avec principalement deux gros fonds commercialisés en Suisse. D’autre part, depuis l’arrivée de Raphael Kassin au début de cette année (en provenance du Credit Suisse), Reyl AM a lancé un fonds d’obligations émergentes en monnaies internationales. Il s’agit d’un produit concentré, de forte conviction pour lequel le gérant n’a pas souhaité investir en monnaies locales pour ne pas ajouter le risque de change. Ce fonds conforme à la directive OPCVM III peut en cas de besoin monter jusqu'à 100 % en cash et il a drainé plus de 60 millions de dollars en deux mois.