Les douze derniers mois ont conforté l’attrait des grandes artères commerçantes mondiales, selon l'étude annuelle du conseil international en immobilier d’entreprise Cushman & Wakefield, Main Streets Across the World, publiée le 13 novembre. «85 % des 333 emplacements analysés par Cushman & Wakefield dans 64 pays ont enregistré une hausse ou une stabilité de leur valeur locative, tandis que l’ensemble du marché mondial a connu une augmentation annuelle de 3,2 %», annonce Christian Dubois, directeur général de Cushman & Wakefield France. Certes moins forte que l’an passé (+ 4,5 %), cette nouvelle hausse continue de traduire la forte concurrence que se livrent les enseignes pour disposer des plus belles vitrines sur les artères les plus renommées et les plus fréquentées des grandes métropoles mondiales. «Le secteur du luxe est un facteur de croissance particulièrement important, la demande soutenue des plus grands groupes ayant conduit à de nombreuses ouvertures destinées à profiter de l’essor du tourisme international, de la vigueur du marché américain et de l’enrichissement d’une partie de la population des pays émergents», explique Christian Dubois. Causeway Bay, qui avait ravi en 2012 à la 5e avenue à New York la première place du classement des artères commerçantes les plus chères du monde, conforte cette année sa domination, devant la 5e avenue à New York. Les Champs-Elysées restent loin derrière. Toutefois, l’avenue parisienne a accru en 2013 son avance sur Ginza à Tokyo et New Bond Street, à Londres. «Après un bond de 30 % entre 2011 et 2012, la valeur locative prime a connu une nouvelle augmentation de 38,5 % au cours des 12 derniers mois, la plus forte enregistrée parmi les principales artères commerçantes mondiales. Ainsi, les plus beaux emplacements des Champs-Elysées continuent à se louer à des niveaux record, comme l’a illustré la prise à bail par Tag Heuer d’une boutique au n°104de l’avenue », commente Christian Dubois. Si le segment moyen/haut-de-gamme constitue une part importante de l’activité des meilleurs sites, le bouillonnement du luxe reste la cause première du bond des valeurs locatives en France. Après les Champs-Elysées, les plus fortes progressions ont ainsi été enregistrées rue du Faubourg Saint-Honoré et avenue Montaigne (+ 25 % sur un an dans ces deux artères). Les enseignes de luxe demeurent de fait très sélectives quant au choix de leur adresse, privilégiant les artères les plus prestigieuses du Triangle d’Or au travers de nombreux projets de création (Pucci et Qela avenue Montaigne), d’extension/rénovation et de transfert (Loewe et Valentino avenue Montaigne, Moncler Rue du Faubourg Saint-Honoré). Les valeurs locatives prime ont augmenté de 2,1 % dans l’ensemble de l’Europe, soit une croissance moindre qu’en Amérique (+ 5,8 %) ou en Asie-Pacifique (+ 4,6 %). Cela dit, le vieux continent est le seul à avoir connu une hausse supérieure à celle enregistrée l’an passé. Cette légère embellie tient à l’amélioration du climat économique mais surtout, comme en France, au dynamisme du luxe. Celui-ci est notamment à l’origine de la forte hausse des valeurs locatives sur New Bond Street, à Londres (+ 15,6 %), qui passe de la 6e à la 4e place du classement mondial. 2014 devrait prolonger les tendances récemment observées sur le marché de l’immobilier de commerces dans le monde. Ainsi, à l’exception de certains pays particulièrement affectés par la crise (Grèce, Irlande), les valeurs locatives devraient généralement rester stables ou continuer de progresser du fait du rebond attendu de la croissance économique, de la forte concurrence que se livrent les plus grandes enseignes de fast fashion ou du luxe, et de la rareté de l’offre disponible sur les meilleurs emplacements. «Les prix élevés et la raréfaction d’opportunités sur les sites les plus prisés, et l’arrivée constante de nouveaux acteurs désireux de renforcer leur visibilité internationale devraient également confirmer la popularité d’artères «émergentes» proches des secteurs commerçants les plus établis», conclut Christian Dubois.