Les médias sociaux jouent encore un rôle mineur dans le domaine des relations avec les investisseurs, qui leur reprochent un manque de fiabilité, selon une étude menée par l’agence Havas et son réseau AMO auprès des plus grands investisseurs institutionnels mondiaux (1). Tandis qu’un nombre croissant de grands groupes cotés envisagent d’utiliser les médias sociaux pour mieux communiquer avec leurs investisseurs, seulement 30% des grands investisseurs internationaux interrogés les consultent régulièrement quand 85% d’entre eux déclarent les considérer peu crédibles. Toutefois la plupart des investisseurs (82%) s’attendent à ce que ces médias sociaux deviennent une source d’information financière plus importante à l’avenir. Les médias sociaux les plus fréquentés à des fins professionnelles sont les forums d’investissement (39% les consultent fréquemment et très fréquemment), LinkedIn (34%) et les blogs financiers et d’investissement (32%). Seuls 22% d’entre eux consultent Twitter, fréquemment ou très fréquemment, pour des raisons professionnelles et 10% consultent Facebook. L’écrasante majorité des investisseurs institutionnels utilise fréquemment et très fréquemment les agences de presse pour obtenir leurs informations (91%) suivies par la presse off line et on line (89%) puis par la radio et la télévision (45%). Les sites internet corporate des entreprises ont également leur faveur (67%). Les nouveaux médias arrivent quant à eux en queue des consultations (30% seulement). Les investisseurs interrogés sont presque unanimes à considérer les dépêches d’agences de presse plus fiables que les journaux, la radio, la télévision ou les médias sociaux. 87% d’entre eux pensent que les dépêches d’agences sont globalement fiables, devant la presse off line et on line (79%) mais ils ne sont plus que 17% à créditer les médias sociaux d’une telle fiabilité. Les sites corporate des entreprises remportent également une vraie crédibilité (92%), loin devant la radio et la télévision (54%). Les investisseurs institutionnels français se distinguent par rapport à leurs homologues étrangers en se montrant plus sceptiques. Ils sont seulement 10 % à consulter les médias sociaux régulièrement (contre 30% pour l’ensemble du panel) mais ils sont surtout 50% à juger les médias sociaux non pertinents dans le domaine de la communication financière contre 16% pour l’ensemble du panel. Ils sont enfin moins nombreux à reconnaître le rôle croissant des nouveaux médias dans les années à venir (70% vs 82% pour le panel total).(1) L’étude Havas Paris/AMO a interrogé par téléphone, au cours des mois de novembre et décembre 2013, un panel de 105 investisseurs institutionnels de 12 pays (Allemagne, Canada, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Hong Kong et Chine, Italie, Pays-Bas, Pologne, Suède, Suisse) gérant un total de 3,83 trillions de dollars, parmi lesquels les dirigeants des principaux fonds de pension, assurances et sociétés de gestion d’actifs dans le monde.