Dans le cadre de la gestion des portefeuilles d’investissement dédiés à ses institutions de retraite et de prévoyance, le groupe Mornay investit depuis septembre 2009 dans deux fonds diversifiés à performance absolue, suivant une gestion active dont la seule contrainte est un maximum drawdown (écart entre les valeurs maximum et minimum du portefeuille sur une période donnée) de 20 %. « Ces deux fonds permettent d'évaluer la pertinence des choix d’allocation d’actifs de nos gérants externes au regard de la performance de notre allocation de portefeuille globale », indique Olivier Fellous, directeur des investissements du groupe Mornay. Dans la mesure où l’exposition des fonds aux différentes classes d’actifs peut varier de 0 à 100 %, le montant cible d’investissement consacré aux deux mandats a été volontairement limité afin d'éviter que les paris opérés par les gérants n’affectent les grands équilibres de l’allocation globale. La création des deux fonds diversifiés s’est inscrite dans un projet plus large d’externalisation de la gestion financière du groupe Mornay, portant sur le quart des réserves gérées pour le compte de l’Agirc-Arrco. Dans le cadre de l’appel d’offres en sélection de gérant pour ces deux fonds, le cahier des charges imposait notamment une expérience dans le domaine de l’allocation d’actifs, justifiée par un historique de performance d’au moins trois ans, la présence de groupes de protection sociale parmi la clientèle du gérant, ainsi que la connaissance des problématiques de gestion spécifiques aux institutions Agirc et Arrco. « Nous avons décidé de créer deux fonds aux styles différents. L’un est géré suivant une approche discrétionnaire basée sur l’analyse macroéconomique des marchés, tandis que la gestion de l’autre dépend d’un modèle purement quantitatif », précise Olivier Fellous. S’ils ont recours à des processus de gestion différents, les deux véhicules d’investissement ont en commun de ne pouvoir recourir qu'à des fonds indiciels cotés (ETF) ou à des OPCVM monétaires. De cette manière, l'évaluation du gérant échappe à toute considération portant sur la sélection de titres, pour se focaliser uniquement sur ses décisions d’allocation d’actifs. Ce choix contribue également à limiter les coûts de gestion. À fin décembre, après un an et demi d’expérience, si les deux gestions donnaient satisfaction, l’approche discrétionnaire tendait à surperformer. Le fonds déployant cette dernière approche présentait alors une allocation répartie entre 58 % d’actions et 42 % d’obligations, tandis que le fonds géré de façon systématique comprenait 38 % d’actions, 58 % d’obligations et 4 % d’actifs monétaires. La composition des portefeuilles a évolué en début d’année, de telle sorte qu'à fin mars le fonds discrétionnaire avait ramené son exposition action à 24 %, en raison notamment des évènements ayant affecté le Japon, le solde étant investi à 48 % en obligations (alors que l’exposition à la classe d’actifs avait été ramenée à zéro au cours des mois précédents) et à 28 % en instruments monétaires. À la même date, le fonds systématique détenait 36 % d’actions (après être monté à 58 % en février), 55 % d’obligations et 9 % d’actifs monétaires. « Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions », estime toutefois Olivier Fellous. « La performance doit être évaluée sur un horizon minimum de trois ans. Jusque-là, les gérants n’ont pas encore totalement exploité leur marge de man??uvre », ajoute-t-il. Par ailleurs, l’environnement économique a fortement évolué depuis le lancement des fonds, avec des conséquences sur la mise en ??uvre du processus d’investissement de type c??ur-satellite déployé dans le cadre de l’approche quantitative. Ainsi, la méfiance du marché envers les émissions de certains émetteurs souverains européens a poussé le gérant à opérer une sélection plus fine des sous-jacents utilisés pour élaborer la poche d’investissement c??ur, censée être sans risque. Article publié sur le site de Bfinance