Dans un article paru dans Option Finance, Bruno Lescuyer, directeur financier d’Aprionis revient sur l’intégration au sein du Groupe Humanis et la stratégie de placements d’Aprionis. Le groupe Humanis totalise 8.5 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin juin dont plus de 2 milliards pour l’assurance de personnes, plus de 2.5 milliards en épargne salariale et environ 3.5 milliards d’euros en retraite complémentaire. A l’heure actuelle, notre société de gestion interne (Inter Expansion) gère 80% de nos encours, mais ce pourcentage pourrait évoluer dans le futur. Nous travaillons par ailleurs avec six gérants externes significatifs (Natixis, Palatine, Rothschild, CPR, ...). Nous avons aussi souscrit à plusieurs OPCVM d’autres gérants comme Lazard Frères Gestion ou Comgest. Pour la partie assurance, nous fonctionnons avec des mandats de gestion financière confiés aux sociétés de gestion interne et externe. Pour la partie retraite, nous travaillons uniquement en OPCVM et la direction financière décide de l’allocation en suivant les orientations de l’Agirc Arrco. En assurance de personnes, nous sommes investis en moyenne à 20% en actions et 80% en taux, sauf pour l’assurance vie (5% en actions et 95% de taux). Solvabilité II va probablement faire évoluer à la baisse notre allocation en actions. En retraite, nous possédons aussi 25% d’actions et le reste en taux. Au sein de ces allocations, nous privilégions les actions de la zone euro à 95%. Nous avons droit à une petite diversification internationale, que ce soit pour l’assurance ou pour la retraite, que nous utilisons. Nous croyons par exemple aux actions des pays émergents à moyen terme même si leurs performances depuis le début de l’année ont été moins bonnes qu’en 2009 et 2010. Sur les obligations, nous privilégions aussi la zone euro. Nous apprécions les obligations convertibles qui représentent actuellement en moyenne 5% de nos portefeuilles, notamment pour la retraite. Cette classe d’actifs a affiché de bonnes performances en 2010 puisque le marché a bénéficié de hausse des taux et de la reprise des actions. Sur les thématiques un peu spécifiques comme les convertibles ou les pays émergents, nous n’investissons pas en interne, mais faisons appel à des gérants spécialisés. Nous possédons aussi marginalement de la gestion alternative. Notre fonds de fonds, Ionis Alternatif, sélectionne une vingtaine de fonds externes. Les performances en gestion alternative ont été correctes depuis trois ans. Il faut voir la gestion alternative comme une classe d’actifs de diversification. Les risques et les rendements ne sont pas les mêmes que ceux sur les actions, les obligations ou même le monétaire. Pour le moment, nous n’avons pas d’actifs en private equity sauf un petit investissement dans un FCPR. Avec Solvabilité II, cette classe d’actifs devient pénalisante en termes de coût en capital. Nous ne plaçons pas en immobilier même si nous avons de l’immobilier d’exploitation. Notre gestion est somme toute assez classique, mais nous n’excluons pas d’intégrer de nouvelles classes d’actifs lorsque notre fusion à trois sera effective. Nous pourrons ainsi faire évoluer notre politique d’investissement même si l’essentiel de nos lignes directrices de gestion devrait être maintenu compte tenu des contraintes réglementaires.