La Sacem dispose en moyenne de 900 millions d’euros de trésorerie. Celle-ci est investie essentiellement dans des placements obligataires, et fait l’objet d’une gestion en direct. Jean-Luc Vialla, directeur délégué en charge de la gestion de la Sacem, dans Option Finance numéro 1168: Les montants en attente de répartition sont dans un premier temps placés dans des produits à très court terme. Puis, nous les investissons très largement dans des titres obligataires. En effet, nous avons la possibilité de placer à long terme même si notre cycle d’exploitation est quasiment inférieur à un an. Ainsi, notre trésorerie est investie à 80% dans des placements de long terme. Notre horizon de placements ne dépasse cependant pas dix ans. Compte tenu notamment de nos contraintes liées au risque, nous privilégions les obligations d’Etat, en particulier de la France. Nous possédons quelques obligations privées mais uniquement des émetteurs bénéficiant d’une notation minimum A comme les grands acteurs publics type EDF. Cependant, à l’heure actuelle, il est extrêmement difficile de trouver des obligations primaires d'émetteurs à des taux intéressants, car les spreads se sont resserrés. Face à la baisse des taux ces dernières années, nous avons eu recours, de plus en plus, à des produits structurés. Ces derniers peuvent avoir pour sous-jacent des produits de taux ou encore des actions européennes ou américaines. Les produits structurés nous offrent la possibilité de nous intéresser au marché actions, tout en prenant moins de risques. Nos règles internes ne nous permettent pas en effet d’acquérir des actions en direct car cette classe d’actifs peut être source de perte en capital. Les 20% restant de notre trésorerie représentent davantage la gestion courante de notre exploitation. Au sein de cette poche, nous avons recours à des Sicav et à des produits de placements ou éventuellement à des certificats de dépôts négociables (CDN), des produits assez classiques pour une trésorerie courte. Toute la difficulté de notre gestion réside dans la prise en compte de l’inflation compte tenu de l’importance de nos placements obligataires. Nous possédons des titres de l’Etat français à 10 ans, qui ont 7 à 8 ans de maturité et qui datent d’une époque où les taux étaient de 5%. Mais actuellement les conditions ne sont pas aussi attractives et si nous nous en tenions à une politique traditionnelle, consistant à souscrire uniquement à des OAT, nos niveaux de rendements seraient très bas. Cela nous incite à privilégier les émissions obligations du secteur privé. Pour autant, notre anticipation d’une hausse de l’inflation ne nous a pas conduits à intégrer au sein de notre portefeuille des obligations de l’Etat français indexées sur l’inflation (OATi). L’augmentation de l’inflation aboutira à une augmentation très rapide des taux d’intérêt à court terme. Donc, pour un acteur comme nous, doté d’une trésorerie très importante, il est beaucoup plus efficace de parier sur cette hausse plutôt que sur des obligations indexées sur l’inflation où les taux immédiats sont extrêmement faibles.