Conscients des forts changements à prévoir dans sa stratégie d’investissement au regard de Bâle III, la caisse régionale du Crédit Agricole de Champagne Bourgogne a, sans surprise, terminé l’année avec un rendement avoisinant les 2,5 %. Pour 2012, elle reste en attente de directives explicites pour déterminer l’allocation de ses 350 millions d’euros d’actifs. Une source proche de la direction financière nous apprend qu’une augmentation d’encours d’environ 60 millions d’euros est à prévoir, provenant des résultats de la caisse en 2011. Il est prévu de placer ce montant en OPCVM, pour moitié sur du court terme, pour se constituer des réserves de liquidité et l’autre moitié sur du long terme. Le portefeuille est composé uniquement d’obligations notées AAA et d’actifs français. Il se scinde en deux parties égales : « nous possédons 50 % de nos actifs en obligataire, le reste en OPCVM monétaire ». Les titres étatiques restent intéressants pour la CRCA Champagne Bourgogne lorsqu’ils sont conservés jusqu'à échéance, soit 10 ou 11 ans ici. En ce qui concerne les OPCVM, investis en partie sur les marchés émergents (tracker MSCI Emerging Market), la caisse régionale reste en position d’attente. Le soutien de la maison-mère impacte partiellement la gestion du portefeuille du Crédit Agricole de Champagne Bourgogne. Les mécanismes de contre-garantie et de prêts subordonnés qui sont mis en place monopolisent une partie des obligations qui aurait pu être investie sur d’autres actifs. Par exemple du corporate, de façon satellite. La caisse pourrait même envisager une petite part d’actions : « Nous nous intéressons aux actifs notés double A, éligible BCE, dont la volatilité est faible. » En revanche, dans l’expectative de Bâle III, la caisse s’est totalement détournée des obligations financières. La gestion des encours est très conservatrice, indicielle. La caisse régionale travaille avec Amundi en priorité, mais n’exclue pas d’avoir recours à des partenaires externes lorsque ces derniers justifient d’une véritable valeur ajoutée ou d’une compétence non présente au sein du groupe, comme par exemple avec Dexia AM par le passé.
A l’issue d’un appel d’offres lancé en 2011 sans l’aide d’un consultant, la Caisse Fédérale du Crédit Mutuel Maine Anjou de Basse Normandie a sélectionné Amundi pour investir 6 millions d’euros dans le cadre d’un fonds ouvert de gestion alternative.
L’Institut Curie est doté d’un budget annuel de plus de 300 millions d’euros dont 9 % issus de la générosité du public. Le pilotage stratégique du portefeuille de titres est assuré par le trésorier, assisté du comité financier. La gestion des actifs à moyen / long terme a été entièrement déléguée à des prestataires. Seule la gestion de la trésorerie reste internalisée. En juillet 2011, avec l’aide du consultant Amadeis, il a été décidé de remettre en jeu un FCP dédié de gestion diversifiée pour un montant de 15 millions d’euros. A l’issue de l’appel d’offres, la société de gestion Edmond de Rothschild IM a été retenue.
La Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens Dentistes et des Sages-Femmes (CARCDSF) est conseillée par Indep’AM dans ses réflexions sur l’allocation stratégique et tactique. En 2011, il a été décidé de lancer un appel d’offres sur la gestion de FCP dédiés sur les obligations zone euro indexées à l’inflation et sur la gestion diversifiée (200 millions d’euros). Sur les obligations indexées à l’inflation, deux lots de 140 millions d’euros chacun concernaient des FCP dédiés avec une maturité de 1 à 10 ans et une maturité de 10 ans. A l’issue de l’appel d’offres mené par Indep’AM, 4 sociétés de gestion ont été retenues: CPR AM, Natixis AM, Allianz GI et LBPAM.
Alain Pestre, directeur des investissements de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP) dans l’Agefi Hebdo numéro 307: Nous avons été clairement échaudés en octobre 2008 par la décision de l’Autorité des marchés financiers (AMF) d’autoriser les multigestionnaires à apposer des ???gates’ (seuils de rachat) leur permettant de limiter les retraits de leurs clients, en les échelonnant dans le temps. Aujourd’hui, la CAVP a limité son exposition à un fonds de six mandats gérés par Fundquest (dont une brique en gestion alternative) et un produit multigestionnaire alternatif de Lyxor. Même s’il reconnaît : Nous avions par le passé géré des stratégies alternatives en direct, mais cet environnement est complexe et nécessite un suivi dont seuls les gérants de portefeuille sont capables.
Interview de Didier Bonneau, directeur financier du groupe de protection sociale Vauban Humanis, dans Les Echos: Nous demandons à nos gérants externes plus d'éléments. Par exemple, nous avons besoin de nouveaux supports pour couvrir le risque, de nouvelles stratégies pour limiter la volatilité et améliorer notre diversification. Nous sommes également preneurs d’informations complémentaires pour calculer le SCR (Solvency Capital Requirements). Nous allons aussi leur demander de transpariser tous les mandats et les OPCVM. Dans le cas des mandats, nous réfléchissons à l’idée d’intervenir dans la gestion à tout moment, ce qui ne se fait généralement pas, pour vérifier si le scénario de base fixé en fonction de notre budget de risque est bien appliqué. Nous avons besoin de comparer chaque poche par rapport aux autres que l’on gère. Nous cherchons à développer nos relations avec nos prestataires externes. Il est clair que nous favoriserons ceux qui créent un certain partenariat, qui jouent la transparence, qui appliquent notre grille d’investissement responsable à tous nos produits. Depuis trois ans, depuis finalement le début du chantier de Solvabilité 2, nous avons renforcé nos exigences dans la sélection des gérants. Aujourd’hui, nous travaillons avec une quinzaine de manière régulière et une cinquantaine de façon ponctuelle. Et demain, peut-être avec moins.
Olivier Mareuse, directeur financier de la Caisse des Dépôts (CDC) dans Option Finance numéro 1155: Notre portefeuille obligataire est de très bonne qualité et n’a de ce fait pas été affecté par la crise de cet été. Nous avons deux portefeuilles. Celui dit d’investissement qui est à long terme (20 milliards d’euros) est composé d’emprunts d’Etats, que nous conservons jusqu'à maturité. Nous sélectionnons des émetteurs européens de très grande qualité avec une surpondération en France et uniquement des titres à taux fixe. Le portefeuille de crédit (10 milliards d’euros) est quant à lui typiquement investi dans des obligations d’une durée plus courte, autour de quatre ans. Ce sont des titres à taux variables ou swapés pour éviter le risque de taux. Nous privilégions ici les obligations corporate de qualité, entièrement investment grade, notées A et au dessus. Cette stratégie a été adoptée depuis 2009 à la faveur de l'élargissement des spreads corporate. Globalement, nous procédons à une augmentation du portefeuille obligataire, notamment parce que nous enregistrons une hausse de nos ressources de dépôts au passif, émanant des notaires. Pour 2012, donc dans une logique d’adossement actif-passif, nous comptons renforcer les investissements en obligations. Dans le portefeuille obligataire, nous introduisons des émetteurs des pays émergents.
A l’instar de l’année 2011, la caisse régionale du Crédit Agricole Centre-Est continue sa stratégie axée sur le rendement obligataire en attendant d'élargir son horizon de placement, a indiqué Jean-Claude Viotti, son trésorier. En attente des décisions politiques qu’elle espère claires, notamment sur le plan européen, la caisse a placé 90 % de ses encours (1,6 milliard d’euros d’actifs) dans l’obligataire, privilégiant des titres d’Etat allemands, français et supranationaux. Face à un marché difficile à anticiper, le rendement de l’année 2011 s’est situé aux alentours de 3,5 % pour une performance attendue de 5%. Prudente, la structure a repoussé ses intentions d’investissement dans de nouvelles classes d’actifs, notamment les CTA. Nous avons également suspendu les investissements sur le high yield et les obligations financières précise le trésorier. La caisse régionale garde toute confiance envers la dizaine de partenaires externes au groupe avec lesquels elle travaille, dont Rothschild&Cie Gestion, Rivoli et GLG, s’attachant à évaluer très précisément l’alpha de chaque fonds pour doper le rendement de ses actifs. De façon inchangée, l’exigence de fonds supérieurs à 100 millions d’euros d’actifs constitue le second critère de choix des partenaires du Crédit Agricole Centre-Est.
La Maif a réduit de moitié en 2011 son exposition aux obligations des pays dits « PIIGS », Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne. « Nous avons une gestion financière qui se veut adossée et prudente, comme la majorité des assureurs, explique Benoit Jullien, directeur des placements et des investissements. Nous avons donc privilégié les placements obligataires bien notés à taux fixe et indexés sur l’inflation. » Mais la détérioration rapide de la qualité de crédit des émetteurs des pays périphériques a poussé l’assureur à opérer des ajustements en 2011: les obligations des pays périphériques représentaient initialement 11% des placements réglementés. « Nous avons réduit de moitié cette exposition. Parallèlement, la part totale d’obligations a légèrement augmenté, avec des investissements sur des titres de maturité plus longue, et plus récemment sur des obligations indexées sur l’inflation et des obligations convertibles.» « Les obligations françaises nous placent face à un dilemme, confirme Benoit Jullien de la Maif. L’exclusion des émetteurs des pays périphériques et de certains émetteurs du secteur financier nous amène à être particulièrement concentrés sur certains émetteurs qui pourraient devenir de « faux amis ». Ainsi, les OAT représentent entre 40 et 55% des placements obligataires de la Maif, qui possède également des obligations d’entreprises françaises. « Imaginez que l’Etat français soit dégradé dans quelques jours, la moitié de notre portefeuille sera dégradé avec lui. » La Maif croit au scénario de hausse des prix et a augmenté récemment sa part d’obligations indexées sur l’inflation. Mais Benoit Jullien impose une limite : « L’inflation n’est pas forcément une garantie que l'émetteur remboursera. Il ne faut pas oublier que l’Etat peut être fragilisé par l’inflation et finir par ne plus rembourser sa dette. Donc le pari est le suivant : il faut qu’il y ait de l’inflation, mais pas trop forte, sans quoi l'évolution de la prime de crédit émetteur viendra annihiler le bénéfice de l’indexation à l’inflation. » L’assureur doit donc avoir une gestion beaucoup plus dynamique que par le passé, et s’adapter à la conjoncture.
OFP Hydralis est chargé de gérer les pensions légales des agents statutaires de Vivaqua. L’allocation des 400 millions d’euros d’actifs du régime est la suivante: 60.6% d’obligations, 27.6% d’actions et 11.8% d’immobilier. Les actifs sont gérés séparément par un ou plusieurs asset managers désignés dans le cadre d’une procédure de mise en concurrence et sont répartis comme suit: Obligations d’Etat zone Europe: BNP Paribas Investment Partners Obligations Corporate EMU: Allianz Global Investors Actions zone Europe de petite et moyenne capitalisation, actions EMU de grande capitalisation, actions mondiales hors EMU: Dexia Asset Management et Petercam Immobilier zone euro: Axa Investment Management Hydralis OFP a démarré une étude actuarielle à la fin de l’année 2011, qui devrait déboucher sur une revue stratégique des investissements en 2012.
Une caractéristique des mutuelles par rapport aux autres acteurs du monde de l’assurance : la gouvernance de leur gestion d’actifs. « Grâce à la nouvelle réglementation, nous avons vu la naissance de comités financiers, de comités de placements avec une vraie réflexion des administrateurs sur l’allocation d’actifs, ce qui était moins marqué il y a quelques années », remarque Nicolas Demont, directeur général d’Egamo, société de gestion d’actifs qui gère une dizaine de mandats du monde de l'économie sociale. La MGEN a par exemple créé un Comité des placements, présidé par l'économiste Philippe Waechter. Nous avons tenu à cet ??il expert, explique Fabrice Henry, Trésorier général de la MGEN. Le comité est composé de techniciens, mais aussi de certains membres du conseil d’administration. Il semble logique que les responsables mutualistes soient très attentifs à ces aspects, qu’ils suivent les évolutions économiques et financières. Cela fait partie de notre volonté de transparence au niveau des élus, et de notre volonté d’acculturation aux problèmes économiques.
Le Fonds de pension de Bank of New York en Belgique est confronté à une diminution de sa base de cotisants en Belgique. Pour cette raison, le Fonds a décidé de mener une étude stratégique sur son allocation stratégique d’actifs avec l’aide de son consultant. L’allocation actuelle est la suivante: 62.5% d’obligations, 35% d’actions et 2.5% d’immobilier. Le Fonds a choisi la Banque Degroof comme unique gérant externe. Il n’est pas prévu d’en changer, ni de remettre en cause l’approche prudente du Fonds.
Olivier Mareuse, directeur financier du groupe Caisse des Dépôts (CDC) dans Option Finance numéro 1155 du 09/01/2012: Nous avons très peu recours à la gestion déléguée. Nous gérons en direct les classes d’actifs core et nous déléguons seulement un peu plus de 1 milliard d’euros de nos encours à plusieurs sociétés de gestion spécialisées. Typiquement, nous gérons directement les actions européennes, les obligations investments grade. En revanche, nous avons recours à la gestion intermédiée sur des classes d’actifs satellites, par exemple pour les actions asiatiques ou américaines. Le processus de sélection nous conduit, pour chacune des classes d’actifs, à sélectionner deux catégories de gérants. Par exemple, pour les actions des pays émergents, nous recherchons d’abord des produits core qui s’approchent le plus d’une stratégie pure, et ensuite des gérants plus spécifiques avec des styles de gestion plus atypiques. Le processus de sélection est donc double, puisque nous recherchons des véhicules de base pour reconstituer la performance de la classe d’actifs et nous cherchons par ailleurs des styles intéressants et porteurs de surperformance en satellite. Nous avons mis à profit la conjoncture boursière encore favorable du premier semestre 2011 pour réaliser la quasi-totalité de nos programmes de dégagement de plus-values sur actions jusqu’en juillet. Nous avons ensuite pu réinvestir le produit des cessions en actions lorsque les marchés ont baissé, ce qui nous a permis de reconstituer les positions en actions que l’on avait pu céder dans de bonnes conditions en début d’année. Le portefeuille d’actions est actuellement composé d’actions européennes avec une forte pondération sur la France. Il est surpondéré sur les secteurs de croissance régulière et sous-pondéré sur les cycliques et les financières.
Laurent Lavergne, Head of Fund Management chez Axa Real Estate, explique que l’assureur s’adaptera à la conjoncture économique. « Le portefeuille que nous gérons pour Axa France représente à peu près 8,5Mds d’euros, soit 7% du bilan », décrit-il. Le portefeuille est investi pour moitié en immeubles de bureaux, pour un quart en commerces et centres commerciaux, pour environ 10% en habitation et le reste est réparti entre de l’immobilier de logistique, d’hôtellerie, avec un peu de foncier et des forêts. « Cela fait un moment que nous avons ce type d’allocation, explique Laurent Lavergne. Ce que nous cherchons, ce sont des immeubles efficients, bien localisés sur leur marché. Mais le mouvement entamé depuis quelques années, c’est de diversifier le patrimoine au-delà de la France. » Aujourd’hui, 10% des actifs immobiliers d’Axa France sont situés à l'étranger : en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, avec l’objectif de porter cette exposition à 20%. « L’idée est de déployer progressivement un portefeuille international moins sensible à ce qui se passe sur un seul marché. » Autre avantage des actifs hors de France : la durée plus longue des baux. « Il y a des marchés où l’on peut trouver des baux très longs de 15 ou 20 ans, alors qu’en France c’est 5 à 6 ans. » Or, selon le raisonnement de Laurent Lavergne, en temps de crise, l’immobilier n’est un refuge que pour la durée des baux qui ont été signés. « S’il y a plus de chômage, il y aura plus de vacance dans les immeubles et donc une baisse des loyers. Ce qui paraît être un revenu garanti ne le sera plus. » Axa Real Estate va donc s’adapter à la conjoncture : « Si les prix continuent à monter nous serons plutôt vendeur qu’acheteur car nous considérerons qu’ils sont devenus trop élevés par rapport à ce que les actifs méritent intrinsèquement. » L’assureur ira alors investir encore un peu plus dans d’autres pays. Mais si les prix s’ajustent, il sera sans doute plus investisseur que vendeur. « Notre poche immobilière ne devrait de toute façon pas évoluer de façon significative. Les modifications tactiques dépendront des conditions du marché. » Le refuge ne semble plus si sûr qu’auparavant.
Dans un entretien à L’Agefi Hebdo, Philippe Aurain, responsable des investissements du Fonds de réserve (FRR) pour les retraites, estime que la notion d’actif sans risque est relative à chaque passif. Une solution au questionnement des actifs sans risque pourrait alors être de constituer des paniers d’actifs à faible risque, avec les obligations les plus solides afin de diversifier les risques. Concernant la stratégie d’investissement du FRR, le raccourcissement de son horizon et l’avancement des premiers décaissements à partir de 2011 nous ont obligé à opter pour une politique d’investissement à la fois prudente et active, souligne Philippe Aurain. Le portefeuille a ainsi été scindé en deux : une poche de couverture et une de performance. Dans la poche de couverture, dont l’objectif est de couvrir 85 % du passif et qui représente 60 % de l’actif, nous sommes investis à moitié en OAT et le reste en crédit et obligations internationales. Nous étions donc déjà depuis 2010 dans une logique de panier avec ce type d’allocation. Pour optimiser le couple risque/rendement d’un actif de taux, nous avons opté pour une large diversification, conclut le responsable des investissements du FRR.
Côté investissements, la MACSF épargne retraite a choisi de privilégier les obligations corporate et bancaires à 75%, d’alléger l’exposition aux pays périphériques européens, l’investissement à la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et l’Irlande représentant 4,29% de l’actif total. Pour 2012, la MACSF s’oriente vers des investissements à courte durée, inférieure à 5 ans, et vers des pays « core », c’est-à-dire non périphériques de l’Europe. 15% de l’allocation d’actifs sont maintenus en obligations convertibles.
« On peut déléguer l’intégralité de l’allocation tactique » a affirmé Philippe Goubeault, directeur financier de l’Agirc Arrco, à l’occasion du Pension Fund Forum organisé à Paris le 13 décembre 2011. Pour ce qui est de l’allocation stratégique, Philippe Goubeault reste plus circonspect. En effet, il en va de « l’entière responsabilité des régimes de gérer leur allocation stratégique » pour laquelle « déléguer la totalité des encours à un, deux ou trois gérants » constitue une prise de risque importante. Toutefois, à l’instar des fonds de l’Agirc Arrco dont la gestion est déléguée « à 95% sous différentes formes, toute l’allocation tactique peut être gérée par un tiers ». Pour exemple, « le recours à un OPCVM ouvert est déjà une forme de délégation », selon le directeur financier et dans le cadre de ces délégations, la gestion flexible peut tout à fait s’appliquer. Cependant, Philippe Goubeault reste prudent : « il est impossible de dire que la gestion flexible est la solution à nos problèmes » au regard de ses performances qui manquent de clarté. Déjà existante par le passé, « la gestion active n’a pas toujours apporté les résultats escomptés ». Il s’agit donc d’un mode de gestion concevable en troisième classe d’actif ou en élément de diversification dans un portefeuille.
Dans Option Finance, Denis Metzger, directeur financier de la Mutuelle Générale se penche sur les évolutions à venir au sein du portefeuille d’actifs: Nous nous intéressons au private equity, car nous considérons que c’est le rôle d’un investisseur institutionnel d’accompagner le développement des entreprises. Nous proposerons au prochain comité stratégique de placement d’augmenter notre poche en private equity pour passer de 1.5% à 3% d’engagements. Par ailleurs, notre dernier appel d’offres sur les mandats de gestion remonte à 2004. nous aurions déjà dû le renouveler, mais nous avons décidé de le reporter à 2012 à cause de la crise.
La Maif a indiqué avoir augmenté sa part actions, de 6,5% à 8% aujourd’hui. « La fiscalité ou la réglementation ne sont pas les meilleurs indicateurs pour investir », revendique Benoit Jullien, directeur des investissements et des placements. L’assureur mutualiste inclut le coût en capital requis que peut représenter un placement par rapport à ses fonds propres, mais il n’en reste pas là. « Si on considère que les placements actions peuvent rapporter beaucoup plus qu’un placement obligataire dans le futur, alors que les taux d’intérêt ont rarement été aussi faibles et que le risque d’inflation est élevé, cela vaut peut être le coup. 2011 nous a amenés à reconsidérer l’actif sans risque : c'était l’emprunt d’Etat pendant des années. Aujourd’hui, il s’agit peut-être des actions, ou des devises de certains pays exportateurs de matières premières. »
Dans le cadre d’une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers, Alain Koutouan, directeur Actuariat et Finance du groupe de protection sociale IRCEM: L’IRCEM gère un portefeuille d’actifs légèrement supérieur au milliard d’euros. Nous avons une gestion moyen et long terme déléguée sous forme de fonds dédiés et ouverts (6 au total). En interne, nous gérons le court terme, ce qui représente un peu plus de 10%. Un comité financier se réunit mensuellement, qui définit en réalité les actions à mener compte tenu de l’environnement. Il y a également un comité de gestion qui se réunit tous les trimestres. Même si nous gérons en interne le court terme, nous avons une action très claire sur le moyen et le long terme. Nous donnons notre vision et des indications sur la marche à suivre, tout en restant à l'écoute. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a délégué la gestion. Nous échangeons pour déterminer quelles meilleures solutions adopter en fonction des circonstances. Aujourd’hui, pour piloter nos expositions, nous définissons une limite d’exposition, et par zone géographique et par zone d’activité, la perte maximale acceptable qui nous permettra de caper nos expositions aussi bien en direct que dans les différents fonds qui sont dans le portefeuille. Ce qui nous permettra, dans le pire des cas, on l’espère, de ne pas prendre de plein fouet l’effet des risques systémiques. Notre poche actions représente 25 % de nos encours. Nous avons revu notre exposition sur certains pays de la zone européenne, sur certains pays périphériques pour lesquels on ne croit pas au redressement futur. Clairement nous n’avons plus de Grèce dans notre portefeuille. Aujourd’hui, bien évidemment, les stratégies des différentes sociétés de gestion ne sont pas nécessairement convergentes avec notre allocation stratégique. On essaie d’amener les différentes sociétés de gestion vers notre allocation stratégique. Pour ce qui est des performances, il faut un rendement pour ne pas être exposé à des risques et ne pas être amené à provisionner un aléa financier parce que le rendement aura été inférieur de 80 % au taux technique. Mais ce n’est pas le rendement à tout prix qui fait qu’on va prendre des risques inconsidérés, mais il faut un minimum qui nous permette d'être au-delà du taux technique utilisé.