Laurent Lavergne, Head of Fund Management chez Axa Real Estate, explique que l’assureur s’adaptera à la conjoncture économique. « Le portefeuille que nous gérons pour Axa France représente à peu près 8,5Mds d’euros, soit 7% du bilan », décrit-il. Le portefeuille est investi pour moitié en immeubles de bureaux, pour un quart en commerces et centres commerciaux, pour environ 10% en habitation et le reste est réparti entre de l’immobilier de logistique, d’hôtellerie, avec un peu de foncier et des forêts. « Cela fait un moment que nous avons ce type d’allocation, explique Laurent Lavergne. Ce que nous cherchons, ce sont des immeubles efficients, bien localisés sur leur marché. Mais le mouvement entamé depuis quelques années, c’est de diversifier le patrimoine au-delà de la France. » Aujourd’hui, 10% des actifs immobiliers d’Axa France sont situés à l'étranger : en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, avec l’objectif de porter cette exposition à 20%. « L’idée est de déployer progressivement un portefeuille international moins sensible à ce qui se passe sur un seul marché. » Autre avantage des actifs hors de France : la durée plus longue des baux. « Il y a des marchés où l’on peut trouver des baux très longs de 15 ou 20 ans, alors qu’en France c’est 5 à 6 ans. » Or, selon le raisonnement de Laurent Lavergne, en temps de crise, l’immobilier n’est un refuge que pour la durée des baux qui ont été signés. « S’il y a plus de chômage, il y aura plus de vacance dans les immeubles et donc une baisse des loyers. Ce qui paraît être un revenu garanti ne le sera plus. » Axa Real Estate va donc s’adapter à la conjoncture : « Si les prix continuent à monter nous serons plutôt vendeur qu’acheteur car nous considérerons qu’ils sont devenus trop élevés par rapport à ce que les actifs méritent intrinsèquement. » L’assureur ira alors investir encore un peu plus dans d’autres pays. Mais si les prix s’ajustent, il sera sans doute plus investisseur que vendeur. « Notre poche immobilière ne devrait de toute façon pas évoluer de façon significative. Les modifications tactiques dépendront des conditions du marché. » Le refuge ne semble plus si sûr qu’auparavant.