Invité à partager son expérience lors de la conférence annuelle de l’AFIC sur le capital investissement, le directeur général du Crédit agricole assurances et de Prédica, Jérôme Grivet, a brièvement expliqué la philosophie du groupe en termes d’investissement. En tant qu’assureur, le Crédit Agricole Assurances se place comme investisseur significatif sur la place. Sa stratégie d’investissement, contrainte par un certain nombre de règles, sous l'égide de Solvabilité II mais également par le métier de banque assureur, favorise pour deux raisons le Private Equity. En premier lieu, « Solvabilité II nous demande d’investir dans des actifs à la fois cohérents avec une gestion actif-passif, l’ALM et garantissant la solvabilité de nos assurés » explique Jérôme Grivet. Au regard de ces deux exigences, « le Private Equity nous intéresse parce qu’il nous apporte un surcroit de rendement ». Ensuite, en tant qu’acteur au niveau territorial, le Crédit Agricole se montre attentif au développement de l'économie française et locale. Or, pour le directeur général de Prédica, « le Private Equity est un canal de financement de l'économie très important ». Concernant la sélection des sociétés de gestion, Jérôme Grivet se base sur plusieurs critères globaux : la qualité des outils, ainsi que la clarté, la lisibilité, la constance et la cohérence des stratégies d’investissement, mais également les frais de gestion et les modalités de rémunération des équipes. Avec les actions cotées et les infrastructures, le Private Equity constitue un actif primordial de la poche de diversification, cette dernière représentant 25 % des portefeuille du Crédit agricole assurances et de Prédica. Le reste des actifs étant principalement investi en produit de taux.
La Caisse d’assurance mutuelle des entreprises industrielles (Cameic) délègue l’intégralité de sa gestion financière, soit 12 millions d’euros d’encours. Bruno Périssé, directeur du développement de la Cameic dans Option Finance numéro 1167: Du coté des actions, nous privilégions celles de la zone euro, en particulier françaises. Nous possédons par exemple des parts dans Danone, Accor, GDF-Suez ou encore Véolia Environnement. Néanmoins, depuis cinq ans, nous n’avons pas réinvesti dans cette classe d’actifs. La politique que nous menons consiste plutôt à réaliser peu à peu nos plus-values pour réduire progressivement cette poche actions qui va devenir trop coûteuse dans le cadre de Solvabilité II.
Le fonds de pension des médecins de Belgique, Amonis gère au total 1.3 milliards d’euros d’actifs. Récemment, il a été décidé de transférer la gestion d’un mandat sur les actions internationales de la société Alliance Bernstein au profit du britannique Henderson Global Investors. Alliance Bernstein continue de gérer pour Amonis un mandat sur les actions émergentes monde. L’allocation d’actifs du fonds de pension est la suivante: 55% d’actions et de gestion alternative, 40% d’obligations et 5% d’immobilier. Amonis travaille avec les sociétés de gestion suivantes: Amphiko sur les taux, Axa IM sur les matières premières, Cohen & Steers sur l’immobilier, Martin Currie Investment Management sur les actions japonaises, UBS Global Asset Management sur les actions européennes et William Blair & Co pour les actions US. Le Comité d’Asset Allocation détermine la stratégie d’investissement à long terme et sélectionne les gestionnaires de fonds les plus spécialisés pour leur confier la gestion journalière des fonds. La majorité des actifs d’Amonis sont placés dans les 10 compartiments de la sicav Amonis S.A. Ces compartiments offrent une diversité optimale en termes de classes d’actifs, de zones géographiques, de types de capitalisation et de modes de gestion. Fastnet Belgium S.A. assure la gestion administrative et financière de la sicav. J.P. Morgan Europe Ltd fait office de dépositaire pour l’OFP Amonis.
Depuis 2006, environ 40 M€ ont ainsi été investis ou engagés dans 16 sociétés innovantes du secteur de la santé, pour la plupart non cotées en bourse. Sham a notamment participé récemment à une levée de fonds pour Cytoo, société développant des outils pour la biologie cellulaire et a par ailleurs participé à hauteur de 2 M€ à l’augmentation de capital du fonds d’amorçage Inserm Transfert Initiative. Elle soutient également Lyonbiopôle, pôle de compétitivité mondial. Enraciné dans son territoire, Sham s’impose comme un acteur clé du marché immobilier lyonnais, avec un patrimoine (résidentiel et tertiaire) de près de 150 millions d’euros. Elle vise un portefeuille de plus de 200 M€ d’ici 5 ans. Après la livraison de l’Atrium dans le quartier de Gerland pour un investissement de 35 M€, son prochain projet concerne un programme d’envergure : près de 12 000 mètres carrés en bureaux (commerces et banques) sur la ZAC de La Buire dans le quartier de la Part-Dieu. Cet investissement de près de 37 M€ est en cours de commercialisation pour une livraison début 2013.
Au cours d’une conférence organisée par Aberdeen AM, Philippe Goubeault, directeur financier du GIE Agirc-Arrco a précisé que le régime avait modifié la fréquence de versement des prestations, en passant à une mise en paiement mensuelle (au lieu de trimestrielle), ce qui va réduire le besoin en fonds de roulement. Il en résultera des flux de 10 milliards d’euros qui seront investis en 2013, dans une strate moyen terme (3 ans). Il a rappellé que la recherche d’une meilleure diversification avec l’intégration plus large des obligations corporates et des convertibles notamment, sera à l’ordre du jour de la prochaine commission de juin, qui devra statuer sur une évolution du réglement financier. En revanche, il n’est pas prévu de faire une place aux obligations High Yield.
Les placements de CCR se sont élevés à 7 313 millions d’euros en 2011, mais compte tenu de la situation sur les marchés financiers et immobiliers, les plus-values latentes nettes atteignent 603 millions d’euros, aussi le montant global des actifs financiers et immobiliers s'établit à 7 916 millions d’euros en hausse de 3 %. Au total, le rendement s’est établi à 2,9 % contre 3,3 % en 2010. A noter, que l’exposition aux risques souverains grec et portugais est nul et que la part de dette des autres pays fragilisés de l’Union Européenne (Espagne, Italie, Irlande) reste marginal à 1 % des actifs gérés. Enfin, CCR annonce qu’au 31 décembre 2011, elle couvrait 10,1 fois son besoin de marge de solvabilité au sens de la réglementation en vigueur, mais que selon les règles de Solvabilité 2, le ratio de couverture se serait établi à 155 %.
Invitée par l’AFIC à s’exprimer sur l’investissement en non coté, Hélène Falchier, responsable des investissements Private Equity chez CNP assurances, insiste sur l’importance, dans le processus de sélection, de pouvoir discuter ouvertement des frais auprès des sociétés de gestion, qui doivent être en adéquation avec la qualité du fonds : « ce signe d’ouverture est très important pour nous, investisseur de long terme, car s’il s’agit d’un sujet tabou qui présage de difficultés dans les discussions à venir sur un engagement de 10 ans. Il faudrait revoir les incentives, les frais de gestion, le partage de la plus-value. » Au sein de l’assurance, nous sommes très attachés à l’investissement dans les PME françaises, même si nous disposons aussi d’encours sur le non coté en Europe. Cela étant, CNP Assurances possède en majorité ses actifs en France. Pour la sélection des fonds, Hélène Falchier explique sa philosophie: « Nous sommes très attachés aux termes et conditions des fonds dans lesquels nous sommes investisseurs. Nous avons déterminé un questionnaire pour chaque nouvel investissement, inspiré de celui de la Caisse des dépôts. »
A l’occasion d’une conférence organisée par Aberdeen AM, Jean-Marc Lefeuvre de la direction financement et investissement d’EDF a rappelé que la duration moyenne des portefeuilles du groupe s'élève à 30 ans, et 15 ans pour les engagements sociaux. Avec un tel horizon de passif, EDF recherche avant tout la diversification dans le cadre d’une allocation stratégique à long terme. Aujourd’hui, cette dernière est composée de 30-35% d’actions monde, de 30-35% de taux (souverains et entreprises), le solde étant représenté par les investissements en infrastructures. Jean-Marc Lefeuvre a distingué trois pistes de réflexion en cours sur les perspectives de diversification: Sur la poche actions, travailler sur des indices all country afin d'être plus centré sur les marchés émergents au détriment des pays développés Renforcer la part des investissements dans les actifs immobiliers Allouer plus d’actifs aux entreprises non cotées Derrière cette recherche de diversification se cache aussi la problématique de derisking des portefeuilles qui sont encore très exposés aux dettes publiques, et qui rapportent de moins en moins de rendement.
La Sacem dispose en moyenne de 900 millions d’euros de trésorerie. Celle-ci est investie essentiellement dans des placements obligataires, et fait l’objet d’une gestion en direct. Jean-Luc Vialla, directeur délégué en charge de la gestion de la Sacem, dans Option Finance numéro 1168: Les montants en attente de répartition sont dans un premier temps placés dans des produits à très court terme. Puis, nous les investissons très largement dans des titres obligataires. En effet, nous avons la possibilité de placer à long terme même si notre cycle d’exploitation est quasiment inférieur à un an. Ainsi, notre trésorerie est investie à 80% dans des placements de long terme. Notre horizon de placements ne dépasse cependant pas dix ans. Compte tenu notamment de nos contraintes liées au risque, nous privilégions les obligations d’Etat, en particulier de la France. Nous possédons quelques obligations privées mais uniquement des émetteurs bénéficiant d’une notation minimum A comme les grands acteurs publics type EDF. Cependant, à l’heure actuelle, il est extrêmement difficile de trouver des obligations primaires d'émetteurs à des taux intéressants, car les spreads se sont resserrés. Face à la baisse des taux ces dernières années, nous avons eu recours, de plus en plus, à des produits structurés. Ces derniers peuvent avoir pour sous-jacent des produits de taux ou encore des actions européennes ou américaines. Les produits structurés nous offrent la possibilité de nous intéresser au marché actions, tout en prenant moins de risques. Nos règles internes ne nous permettent pas en effet d’acquérir des actions en direct car cette classe d’actifs peut être source de perte en capital. Les 20% restant de notre trésorerie représentent davantage la gestion courante de notre exploitation. Au sein de cette poche, nous avons recours à des Sicav et à des produits de placements ou éventuellement à des certificats de dépôts négociables (CDN), des produits assez classiques pour une trésorerie courte. Toute la difficulté de notre gestion réside dans la prise en compte de l’inflation compte tenu de l’importance de nos placements obligataires. Nous possédons des titres de l’Etat français à 10 ans, qui ont 7 à 8 ans de maturité et qui datent d’une époque où les taux étaient de 5%. Mais actuellement les conditions ne sont pas aussi attractives et si nous nous en tenions à une politique traditionnelle, consistant à souscrire uniquement à des OAT, nos niveaux de rendements seraient très bas. Cela nous incite à privilégier les émissions obligations du secteur privé. Pour autant, notre anticipation d’une hausse de l’inflation ne nous a pas conduits à intégrer au sein de notre portefeuille des obligations de l’Etat français indexées sur l’inflation (OATi). L’augmentation de l’inflation aboutira à une augmentation très rapide des taux d’intérêt à court terme. Donc, pour un acteur comme nous, doté d’une trésorerie très importante, il est beaucoup plus efficace de parier sur cette hausse plutôt que sur des obligations indexées sur l’inflation où les taux immédiats sont extrêmement faibles.
Le fonds de pension de Total en Belgique finalise la sélection d’un gérant pour un mandat de 20 millions d’euros sur les convertibles avec un style de gestion passive. Le fonds de pension s’appuie sur le consultant bfinance et devrait annoncer le nom du lauréat fin avril. Philippe Lamy, le directeur de la gestion du fonds de pension a déclaré vouloir investir jusqu'à 30 millions d’euros à terme sur les convertibles, en réduisant son exposition sur les actions et certains segments obligataires. Il est également prévu de poursuivre la diversification du portefeuille et de rechercher des sources de rendements plus importants. Dans un troisième temps, il s’agira de remettre en concurrence les gérants avec lesquels le fonds travaille déjà sur d’autres classes d’actifs. La situation de Dexia est notamment suivie avec une extrême attention. L’allocation d’actifs (400 millions d’euros au total) est la suivante : 57% en obligations, 33% en actions et 10% en immobilier. Total Belgique a retenu BNP Paribas IP sur les actions et les taux, Aberdeen AM uniquement sur les taux, PIMCO sur les obligations d’entreprises, Dexia AM sur les actions, Blackfriars AM sur les actions émergentes, en particulier sur l’Asie et Petercam sur l’immobilier.
« Plus on sort des sentiers battus, plus il faut être rigoureux, confie aux Echos, Pierre-Maxime Duminil, directeur général de la Cavamac (en charge de la protection sociale des agents généraux de l’assurance) qui a fait, l’an passé, un appel d’offres pour deux fonds de fonds flexibles. Par exemple, et parmi de nombreuses contraintes, nous avons limité le pourcentage détenu dans des fonds maisons. Nous n’avons pas particulièrement durci les règles à cause de la crise. » Pour les inscrire dans la durée, la Cavamac confie des mandats identiques à deux gérants. « Nous avons choisi de les challenger ainsi sur des fonds purs. Depuis quatre ans, cela fonctionne très bien tant sur la performance qu’au niveau du reporting. Mais il faut aller jusqu’au bout et parfois procéder à de douloureuses révisions ! », rapporte Pierre-Maxime Duminil.
Le Fonds de compensation AVS (assurance-vieillesse et survivants) / AI (assurance-invalidité) / APG (régime des allocations pour perte de gain) recherche un gérant actions suisses small et mid cap pour un mandat de 60 millions de francs suisses. Type de gestion: active Objectif de performance :** 300 points de base en moyenne, nets de frais par an sur une période de 4 ans Tracking error :** au maximum 15 % Benchmark: SPI Small and Middle Companies (SPISMC) Pour en savoir plus et répondre à l’appel d’offres, cliquez ici.
Thierry Brevet, directeur du Fonds de dotation du Louvre: Actuellement, nous étudions le remplacement d’une partie des fonds indiciels en actions émergentes par de la gestion active. En l'état actuel de nos réflexions, notre choix devrait se porter sur deux gérants satellites autour d’un c??ur qui demeurerait indiciel : un gérant français très spécialisé sur cette classe d’actifs et un gérant anglo-saxon avec un processus d’investissement original.
La Caisse d’assurance mutuelle des entreprises industrielles (Cameic) délègue l’intégralité de sa gestion financière à deux partenaires, soit 12 millions d’euros d’encours. Bruno Périssé, directeur du développement de la Cameic dans Option Finance numéro 1167: Notre préoccupation en tant qu’assureur n’est pas de dégager du rendement financier, mais de sécuriser nos placements. Notre métier est d’assurer nos clients, nous avons donc dès le départ fait le choix de confier notre gestion financière à des spécialistes en l’occurrence, la banque privée Saint Olive ainsi que plus marginalement à la société de gestion Darius Finance.
Expertise du patrimoine immobilier de placement détenu par le RSI en sa qualité de propriétaire bailleur d’immeubles de bureaux, de commerces et d’habitation loués à des personnes morales ou physiques. 63 immeubles dont 39 immeubles à usage d’habitation et 24 immeubles à usage commercial (bureaux et boutiques). Pour lire l’avis complet: cliquez ici
La Caisse de Prévoyance Sociale Te Fare Turuutaa (CPS) est une personne morale de droit privé chargée d’une mission de service public et dotée de l’autonomie financière. Elle fonctionne sous tutelle du Gouvernement de Polynésie Française. En novembre 2011, la CPS a investit 84 millions d’euros sur un mandat de gestion obligataire zone euro, avec l’aide de son consultant, Amadeis.
MFPrévoyance, filiale du Groupe MFP Services, permet à une trentaine de mutuelles de la Fonction publique d’accéder à des offres de prévoyance statutaires ou facultatives. Elle permet ainsi aux Mutuelles des trois fonctions publiques de compléter leurs prestations en proposant des couvertures de prévoyance et notamment en termes de risques dits lourds. En 2010, MFP Services et CNP Assurances ont conclu un partenariat au terme duquel l’assureur coté a acquis 65 % de cette structure commune, dont les fonds propres s'élèvent à environ 126 M€. MFPrévoyance a le statut de SA, et réalise un CA de 300 millions d’euros (soit 1% de celui de CNP Assurances) pour 500 millions d’euros d’actifs gérés. La gestion financière est placé sous l'égide d’une équipe de deux personnes en plus du président du directoire, qui travaille de manière autonome par rapport à CNP Assurances. Ainsi, Gilles Céréol, le directeur technique comptable et financier de MFPrévoyance déclare que la SA MFPrévoyance marque une orientation stratégique majeure pour MFP services au sortir de la période de restructuration qu’elle a engagée depuis près de deux ans maintenant. Au niveau de l’allocation d’actifs, nous sommes passés d’une gestion hyper-prudente, marquée par un investissement quasi-exclusif sur du monétaire et de la dette souveraine vers un modèle d’allocation beaucoup plus diversifié. L’objectif étant de dégager plus de rendement sous la contrainte de respecter les normes strictes d’investissement propres à la CNP. Ainsi, nous avons opéré en 2011 plusieurs arbitrages dans la poche obligataire, au profit des obligations d’entreprises, en étant pro-actifs auprès de nos gérants délégataires. Par exemple, nous publions la liste des émetteurs interdits et nous échangeons quotidiennement sur le suivi des positions sachant qu’au final, nous sommes le seul décisionnaire en matière d’investissement ou de désinvestissement. En 2012, nous comptons revenir sur les actions, pour profiter d’un potentiel de performance qui apparaît plus élevé que sur les autres classes d’actifs. Eu égard à nos contraintes réglementaires, nous privilégions pour le moment les actions France. Nous étudions aussi d’autres opportunités sur les obligations corporates dans le cadre de l'élargissement de notre horizon d’investissement.
La Caisse d’assurance mutuelle des entreprises industrielles (Cameic) délègue l’intégralité de sa gestion financière, soit 12 millions d’euros d’encours. Bruno Périssé, directeur du développement de la Cameic dans Option Finance numéro 1167: Nous avons une politique de buy and hold sur l’obligataire. Nous conservons ainsi l’essentiel de nos titres jusqu'à leur échéance et quand ils arrivent à maturité, nos gestionnaires nous proposent alors de nouvelles opportunités d’investissement. Ils investissent en direct ou à travers des OPCVM dans des produits obligataires (51%), du monétaire (17%, et des actions (13%). Nous détenons aussi en direct 19% d’immobilier, un investissement qui correspond à notre siège social. La poche obligataire évolue peu chaque année car nous conservons chaque ligne jusqu'à l'échéance. Néanmoins, la part des obligations souveraines ou assimilées (obligations de la BEI et de la Cades) a été considérablement réduite pour n’atteindre aujourd’hui que 10%. A partir de 2009 et de 2010, nous avons en effet privilégié les obligations corporates notées investment grade car elles offraient des rendements plus élevés que les emprunts d’Etats. En dépit de la crise souveraine, nous possédons encore quelques titres espagnols et italiens car ils - continuent à nous procurer un rendement satisfaisant. En outre, nous ne pouvons pas nous séparer de tous nos emprunts d’Etat car ce sont des instruments plus simples à comptabiliser dans nos comptes et peu consommateur de fonds propres dans le cadre de Solvabilité II aujourd’hui.
Proposées par les BFI, et dans une moindre mesure par les asset managers, les options de couverture des risques permettent de réduire l’exigence de fonds propres. La Sham a étudié des scénarios où un risque important se matérialise sur ses actifs. Elle souhaite construire elle-même (avec l’aide d’un consultant en finance) des stratégies de couverture, « mais nous ne les avons pas encore mises en ??uvre car aujourd’hui tout le monde cherche à se protéger contre les mêmes risques (baisse brutale du marché actions, hausse brutale des taux obligataires ), ce qui rend les couvertures très chères » note Dominique Godet, le directeur général de la Sham. Sur les produits structurés, les asset managers proposent des offres proches de celles des BFI. Ces produits financiers effrayent certains investisseurs : « Des banques ou des asset managers nous proposent des produits structurés qui sont moins consommateurs en fonds propres que les actifs sous-jacents, décrit Dominique Godet. Ce type de produits ne m’intéresse pas car le risque intrinsèque demeure. Si un sous-jacent me coûte trop cher en fonds propres, je préfère y renoncer. »
A l’occasion du Forum GI, Cédric Fouché, Gérant de portefeuilles chez AG2R-La Mondiale est intervenu dans un atelier sur la diversification et la gestion des risques: Je gère un fonds de fonds UCITS absolute return, dont l’objectif est de capter les primes de risques sur la durée avec un budget de risque définit par une volatilité maximale de 5%. Toutes les stratégies de décorrélation sont utilisées, la gestion alternative (long/short, global macro, ...) pour la recherche d’alpha, et des stratégie plus défensives pour l’exposition bêta. La perte maximale par fonds est de 8% (max drawdown) sachant que l’on met en place un screening des fonds selon trois niveaux de volatilité: le premier correspond à des fonds dont la volatilité est comprise entre 4 et 8%, un deuxième entre 8-12% et enfin un troisième entre 12 et 16% de vol. La construction de notre portefeuille tient compte d’un c??ur constitué de fonds qui subissent, dans des périodes de stress, des pertes maximales en ligne avec leurs moyennes historiques, et sur la partie satellite, des fonds qui n’ont pas un comportement normé. Le plus difficile dans notre gestion des risques est d’appréhender tout l’univers des risques extrêmes, même si, sur la gestion alternative, les gérants sont obsédés par les instruments qui sont éligibles dans le format UCITS. Nous avons appris à ne pas faire une confiance aveugle aux gérants même si nous sommes convaincu dans certains cas de la rigueur de leur process de gestion. En effet, il n’est pas rare de trouver du bêta caché dans des fonds long/short qui se prétendent market neutral car profitant du momentum de marché.