Philippe Farine, Group Treasurer de la Caisse de pension suisse Firmenich SA lors d’une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers : « Notre caisse est une caisse de pension privée et autonome. De fait, je ne donnerai pas notre encours global. Nous avons une tendance à être plutôt passifs. Nous sommes allés vers des mandats institutionnels qui nous ont permis de diminuer nos frais. Tout récemment, nous avons introduit une approche core-satellite et nous avons choisi d’introduire des gérants actifs. Sur 2 catégories : les obligations internationales et les actions internationales. Nous n’avons pas d’actions européennes car l’univers d’investissement est limité. Le benchmark de la plupart des caisses de pensions Suisse est le MSCI World. De fait on va, dans l’approche passive, privilégier le MSCI world et dans le choix des gestionnaires actifs, nous allons choisir des styles de gestion (value/growth). Mais majoritairement, passifs. Donc, nous avons fait le choix de l’actif et opté pour l’expérience des mandats balancés. Au départ, l’approche « intelligente » du banquier nous intéressait. Nous sommes industriels, et nous avons trouvé judicieux d’avoir un dialogue avec nos gérants pour nous aider à la conduite de nos affaires. Par la suite nous nous sommes rendus compte que nous perdions passablement de capacité à sélectionner de bons gérants. Donc le fait d’avoir sept mandats balancés avec le même benchmark n’avaient pas beaucoup d’intérêt pour les revenus de la caisse... Depuis trois ans, nous avons eu une démarche active. Et notre allocation d’actifs n’est pas très différente de celle qui a été présentée par ailleurs. Côté obligataire, nous sommes investis entre 40 et 50%. La part actions représente 22 %, répartis entre la Suisse, le monde, et les emerging markets. Nous avons également 10% de hedge funds, à peu près 2.5% de private equity, et 10 % d’immobilier en direct et 5% en indirect. A 80%, il s’agit de gestion passive et à 20% de gestion active, plutôt présente dans les hedge funds, car nous avons une approche un peu particulière dans le monde des caisses de pension Suisses. Nous achetons des hedge en direct. Cette caractéristique est assez rare, mais nous avons une vingtaine de hedge funds qui nos permettent d’approcher les différentes stratégies qu’on veut aborder. Ensuite les hedge funds viennent en complément dans la partie satellite. Nous avons une longue expérience dans la sélection des hedge funds en direct. Les premiers investissements faits ainsi ont été réalisés en 1994 mais pas forcément dans le cadre de la caisse de pension. Nous avons longtemps fait cavalier seul, mais en 1999 nous nous sommes attachés les services d’un conseiller pour nous aider à faire de la sélection de hedge funds. Au même titre qu’on a pris un conseiller externe pour sélectionner nos gérants actifs. Ceux-là même qui sont cantonnés dans les obligations internationales et les actions internationales. Comme nous avons très peu de gérants actifs, nous sommes plutôt tentés d'être assez dynamiques sur notre sélection de gérants actifs. Sachant qu’ils ne représentent que 20% de notre classe d’actifs, on peut se permettre d'être un peu plus exigeants sur leurs performances et puis, exigeants sur le conseiller qui va nous aider à sélectionner le bon style. Avec ces 20%, nous acceptons également d’avoir un peu plus de volatilité. Le grand risque, c’est l’hyper-diversification. Le nombre de produits qui nous sont proposés dans nos stratégies et les nouvelles classes d’actifs sont vraiment très nombreux. J’ai l’impression que l’on essaie vraiment de trouver tous les moyens pour parer au risque, parce que finalement on a plus de risque que d’espérance de rendement maintenant. Je crains que l’on se diversifie beaucoup trop. Et sur l’on ne capture plus de performance... » . Lorsque l’on détient 280 titres, 1800 titres, etc, quel est le capital humain que vous avez investi pour choisir l’action qui représente 0.0005% ? Et combien cela coûte pour le choisir ? ». Ce qui compte pour moi, ce sont les convictions, c’est l’approche value qui paie sur le long terme.