Thierry Brevet, Directeur du fonds de dotation du Louvre dans un article publié par Les Echos : Dès la mise en place du portefeuille, nous avons investi sur les actions et nous n’en sommes jamais sortis. Cela s’explique par le fait que notre fonds de dotation, qui n’est pas « consomptible », a un horizon d’investissement quasi infini. Dès l’origine, il a démarré avec une allocation cible en actions de l’ordre de 35 %, relevée aujourd’hui à 40 %. Le fonds de dotation commencera sa distribution de produits financiers en 2016. D’ici là, il met en réserve son résultat pour constituer un amortisseur comptable et atteindre une taille qui lui permettra de stabiliser la distribution en 2016 et les années suivantes et de s’affranchir un peu de la volatilité à court terme des marchés financiers. Nous détenons environ 31 % d’actions monde (investies sur l’indice MSCI World), dont la moitié est couverte contre le risque de change, et 9 % d’actions investies sur les pays émergents. Ce que nous recherchons, c’est avant tout une gestion simple, transparente et peu coûteuse. Du coup nous avons privilégié la gestion indicielle par rapport à la gestion active, mais pas à travers des ETF. Au moment de constituer le portefeuille, j’ai comparé les fonds indiciels classiques et les ETF. Le problème des ETF, c’est que pour les acheter, il faut passer par un courtier qui affiche un cours vendeur et un cours acheteur. Cet écart de cours peut s’accroître significativement et constituer un coût supplémentaire pour un investisseur comme nous. Par ailleurs nous ne voulions pas investir dans des instruments financiers synthétiques comme c’est le cas de nombreux ETF. Enfin, ne faisant pas de gestion tactique active dans notre portefeuille, la possibilité offerte par les ETF de traiter tout au long de la journée n’avait pas d’intérêt. En conclusion, des fonds indiciels classiques, répliquant physiquement un indice de référence large et diversifié et publiant une valeur liquidative quotidienne officielle, nous ont paru être la solution la plus simple et la mieux adaptée à notre besoin. En revanche, pour un investisseur à court terme qui prend des positions dont il veut pouvoir sortir très rapidement et à tout moment, ou qui souhaite investir dans des stratégies étroites et « pointues », les ETF sont certainement bien mieux adaptés. Ce n’est vraiment pas notre cas : nous sommes investisseurs de long terme, notre portefeuille a un taux de rotation très bas et nous privilégions toujours la simplicité opérationnelle. Pour nos investissements sur le MSCI World, nous n’avons donc que des fonds indiciels, tandis que pour les pays émergents nous faisons moitié gestion passive et moitié gestion active, dans un souci de diversification par rapport à l’indice MSCI EM. Sur cette zone très particulière, le gestionnaire actif que nous avons retenu permet en effet de réduire un peu la volatilité globale du portefeuille à travers une gestion de conviction.