Arnaud Laforge, Directeur financier de Prépar Vie dans une table ronde organisée par amLeague et Newsmanagers : Pour notre part, depuis quelques temps, nous avons mis l’accent particulièrement sur le rendement. Pour nous assureurs, qui avons la durée devant nous, il s’agit d’avoir du rendement sur prix de revient, qui nous protège par rapport à ce dernier puisque, à un moment donné, cela fait parachute. Le second vecteur, plus récent, consiste à se positionner sur des OPCVM, à l’initiative desquels nous avons été, composés d’actions de rendement dans une optique « buy and hold ». Cela signifie d’avoir comme tactique de sortir du filtre des valeurs qui offrent moins de rendement à un moment. Comme nous sommes assureurs, nous avons le temps, nous essayons de voir le rendement dans la durée, même si, parfois, il y a quelques accidents. Nous essayons de capter une plus-value ; mais nous cherchons à avoir des valeurs qui offrent du rendement dans la pérennité, ce qui d’ailleurs est une protection à la baisse. Il peut y avoir de la tôle ondulée, mais sur longue période, c’est une protection à la baisse. Aujourd’hui, finalement, pour ces actions, il s’agit de sociétés qui offrent des rendements soit parce que le marché est un petit peu en retard sur leur capacité à générer du bénéfice et à faire du dividende, soit parce qu’elles sont bien implantées sur les marchés émergents. Certes, il peut s’agir de valeurs malmenées à un moment, mais exagérément, et pour lesquelles les craintes de baisse de dividende ne soient pas forcément justifiées. Ce peuvent être aussi des valeurs qui baissent un peu leur dividende à un moment, mais pas forcément par deux ou par trois. Ce peuvent être ponctuellement, par exemple, des valeurs du secteur bancaire qui, avec les contraintes de Bâle III, ont renforcé leurs capitaux. A priori, il n’y a plus lieu qu’elles ne distribuent plus de dividende. Nous avons créé ce genre d’OPCVM avec quatre ou cinq partenaires et ils font mieux que l’indice depuis le début de l’année. Ils n’ont pas forcément couru après la performance, parce que je réfrène leur volonté de faire du « trading », et globalement ils ont plutôt moins décru dans la baisse et ont mieux rebondi dans la hausse. Chacun a des choix de valeurs différents mais, finalement, le profil de performance est à peu près comparable. En tant qu’assureurs nous avons besoin de produits financiers et en même temps nous ne voulons pas prendre le risque de retomber dans les dotations de provisions pour dépréciations, dont nous sortons. Donc, nous privilégions des valeurs qui gèrent dans la pérennité, qui présentent une certaine préservation du capital investi, et qui offrent du rendement. Je viens de voir une société cette année dont les titres offrent un rendement d’un peu plus de 5 %, avec une performance positive. Cependant, la performance un peu au-dessus de l’indice ne m’importerait pas dès lors que cela ne fasse pas -10 % si l’indice faisait -10 %. L’idée est que ce soit assez protecteur. Nous nous intéressons aux sociétés qui ont une visibilité, une pérennité et qui offrent un rendement bien supérieur à ce qu’on peut avoir dans les rendements monétaires ou obligataires. Nous sommes sortis de sociétés de gestion qui avaient une approche différente de celle que nous privilégions ! Nous avons offert cette possibilité à certaines sociétés de gestion ; certaines ont répondu que ce n'était pas dans leur optique. Pour d’autres, cela s’est traduit par des créations de fonds, qu’elles ont ouverts à d’autres clients ensuite, ou par des transformations de fonds qui n’avaient pas du tout cette problématique là. Les clients ne sont pas partis parce que cela ne leur a pas semblé idiot.