Baromètre de la confiance des dirigeants d’entreprise, les fusions-acquisitions consacrent le retour au premier plan de l’Europe. Le continent s’est replacé l’an dernier au centre des grandes manœuvres mondiales, comme le montre le classement exclusif de L’Agefi basé sur les transactions effectivement bouclées (lire notre Dossier page 20). Le millésime 2018 s’y annonce tout aussi prometteur par le volume des opérations engagées. La diète imposée par Pékin à certains de ses conglomérats et l’hostilité de l’administration Trump aux concentrations trop voyantes ne sont pas seules en cause. Ce regain de forme relatif, l’Europe le doit avant tout au facteur politique. La perception du risque populiste, si pesante il y a un an, s’est effacée devant les discours plus favorables aux consolidations paneuropéennes. C’est particulièrement vrai en France, où la remise en ordre des participations de l’Etat vaudra aussi cette année quelques nuits blanches aux banquiers conseils. La volonté de constituer des champions à l’échelle du continent, capables d’affronter la concurrence des géants chinois et les conséquences de la politique « America First », devrait encore servir d’aiguillon au mouvement.