Critique. Le niveau élevé d’endettement des entreprises françaises représente un sujet de préoccupation majeur, selon le rapport sur « L’évaluation des risques du système financier français » de juin 2020 élaboré par la Banque de France. La dette consolidée des entreprises françaises s’élevait à 1.779 milliards d’euros fin 2019, soit 73,5 % du PIB : elle dépasse ainsi de 12,6 points de pourcentage la moyenne de la zone euro. Ces dix dernières années, l’endettement des entreprises françaises a ainsi crû de 13 points de PIB, tandis que celui des entreprises de la zone euro décroissait de 3,1 points. Cette tendance s’est poursuivie en 2019 : la dette des entreprises a augmenté de 5,7 % en 2019, après 5,8 % en 2018. Certes, l’endettement est souvent le fait de grandes entreprises désirant s’armer pour des opportunités d’acquisition ou pour profiter des taux bas. Le Fonds monétaire international concluait ainsi, en octobre dernier, que les ratios d’endettement des entreprises françaises étaient en ligne avec ceux de leurs pairs. Mais le choc de trésorerie provoqué par la crise apparaît critique surtout pour les entreprises avec une trésorerie tendue et notamment les PME. L’intense mobilisation des crédits bancaires depuis la crise témoigne de cette situation délicate.