Les banques de la zone euro vont rembourser à la Banque centrale européenne (BCE) le 21 décembre par anticipation, 447,5 milliards d’euros sur les opérations de refinancement à plus long terme (TLTRO 3). Avec les 296 milliards déjà remboursés par anticipation le 23 novembre du fait de ses changements sur les taux d’emprunt, plus des 52 milliards sur l’opération TLTRO 3.2 arrivée à échéance en décembre, près de 800 milliards de liquidités sur 2.100 auront été effacés en un mois. Et 800 à venir en 2023 sur les 1.300 restant, soit une réduction du bilan très rapide, bien plus que celle de la Fed. Si le remboursement de novembre avait un peu déçu les marchés, c’est parce qu’une large partie des 1.500 milliards arrivant à échéance l’année prochaine gardaient, pour les plus grandes banques, non pas 0% de leur valeur réglementaire au titre du ratio de liquidité à long terme (NSFR) dans la dernière année, comme pour les petites banques, mais encore 50% dans les six mois précédant les six derniers mois. Cet intérêt tombe désormais pour l’opération TLTRO 3.4 à échéance en juin 2023, qui a logiquement fait l’objet de la plus grosse demande de remboursement pour décembre vendredi (351 milliards à elle seule).
Le groupe agroalimentaire et oléicole Avril vient de finaliser une émission inaugurale de dette Schuldschein (placement privé de droit allemand) pour un montant de 90 millions d’euros. Ce financement d’une maturité de 5 à 7 ans est indexé sur trois critères ESG. L’opération a été arrangée par Natixis et la Société Générale, avec ING et La Banque Postale comme coordinateurs RSE, avec le conseil de la banque Lazard et du cabinet UGGC. Le groupe continue de diversifier ses sources de financement, après avoir levé avec succès 1,18 milliard d’euros auprès de ses partenaires bancaires cet été.
La medtech a réalisé une augmentation de capital express, sans droit préférentiel de souscription, d’un montant de 31,1 millions d’euros. L’opération était composée de deux offres, une réservée aux investisseurs spécialisés pour 27,2 millions d’euros, et une au public via la plateforme PrimaryBid pour 3,9 millions d’euros. Le prix proposé, 10,5 euros par action, représente une décote de 19,8% sur le cours de clôture du 7 décembre. Les actions nouvelles représentent 13,1% du capital après l’opération sur une base non diluée. En réaction, le titre Carmat a clôturé en repli de 17,6% jeudi, à 10,80 euros. Les fonds levés seront utilisés par le constructeur d’un coeur artificiel pour soutenir le développement de ses activités.
La medtech a réalisé une augmentation de capital express, sans droit préférentiel de souscription, d’un montant de 31,1 millions d’euros. L’opération était composée de deux offres, une réservée aux investisseurs spécialisés pour 27,2 millions d’euros, et une au public via la plateforme PrimaryBid pour 3,9 millions d’euros. Le prix proposé, 10,5 euros par action, représente une décote de 19,8% sur le cours de clôture du 7 décembre. Les actions nouvelles représentent 13,1% du capital après l’opération sur une base non diluée. En réaction, le titre Carmat plongeait de 16% jeudi, à 10,95 euros. Les fonds levés seront utilisés par le constructeur d’un coeur artificiel pour soutenir le développement de ses activités.
Eric Lombard, dont le mandat de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) s’achevait le 7 décembre, a été reconduit dans ses fonctions pour un deuxième mandat.
Lancée il y a trois ans avec l’appui de business angels qui lui ont apporté 0,5 million d’euros, Pono reçoit aujourd’hui 3 millions de nouveaux investisseurs. L’Américain Newfund, focalisé sur l’ « early stage », le fonds de La Banque Postale spécialiste des fintech et assurtech 115K et Kima Ventures de Xavier Niel constituent le tour de table. La fintech fondée par Ladislas Manset et Arthur Bertin propose aux prêteurs de gérer les sûretés et garanties des financements d’entreprises moyennes et intermédiaires. Elle connaît une croissance soutenue, avec 1 milliard d’encours, et compte doubler de taille dans les six mois.
Le concepteur de cœur artificiel Carmat fait de nouveau appel au marché. La medtech a lancé mercredi une levée de fonds de 30 millions d’euros, auprès d’investisseurs spécialisés dans le cadre d’une offre réservée et auprès d’investisseurs particuliers via la plateforme PrimaryBid. La clôture est prévue au plus tard jeudi matin avant l’ouverture des marchés. Les actions sont émises au prix unitaire de 10,50 euros. Soit une décote de 20% sur le cours de clôture de 13,10 euros de mercredi. Carmat bénéficie déjà d’engagements de souscription à hauteur de 5,5 millions d’euros. L’opération est dirigée par Bank Degroof Petercam et Oddo BHF. Carmat a pour objectif de réaliser trois implantations supplémentaires en 2023 dans le cadre de son étude Pivot européenne, soit un total de 20 implantations.
Note. Quelques mois après le lancement en juin d’une offre destinée aux grandes entreprises, Société Générale Factoring complète son dispositif de conseil et de financements répondant à des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) avec des solutions destinées aux petites et moyennes entreprises (PME), à celles de taille intermédiaire (ETI), ainsi qu’aux associations. L’affacturage pourra concerner des créances dont l’objet est lié au développement durable ou à des enjeux sociétaux. Ou avoir une vocation d’impact positif, s’adressant aux entreprises disposant d’une note attribuée par EcoVadis. La société est éligible à partir d’un certain niveau de note. Le respect des recommandations faites par EcoVadis et l’amélioration de la note peuvent permettre une réduction de commission de financement. Les efforts déployés par la Société Générale font partie d’une prise de conscience générale mais progressive de la part des factors.
Effet rareté. De manière contre-intuitive, le niveau de marge des dettes unitranches en France a reculé au troisième trimestre, d’après l’indice Aether FS Unitranche de novembre. Il est retombé à 1,36 % par tour de levier au cours du trimestre écoulé, après une hausse à 1,4 % lors des trois mois précédents. Aether Financial Services explique cette baisse par l’attrition du marché des fusions-acquisitions, en recul de 30 % en France depuis le début de l’année, qui rend plus rares les opportunités d’investissement pour les fonds de dette privée. En parallèle, le niveau de dry powder de ces fonds demeure très élevé, les mettant sous pression pour investir. Les niveaux de leviers des LBO poursuivent par ailleurs leur repli et s’établissent à 4,5 fois l’Ebitda au troisième trimestre, soit une baisse de 7,4 % sur l’année glissante. La marge totale moyenne s’élève à 6,05 % contre 6,28 % au trimestre précédent, du fait de la recherche de dossiers qualitatifs dans un contexte de forte concurrence entre fonds de dette.
Le fournisseur de services d’assistance numérique Solutions 30 a annoncé mardi la signature avec sept banques d’un nouveau crédit syndiqué de 100 millions d’euros. Ce crédit syndiqué permet «d’accompagner la forte croissance attendue des activités hors France du groupe, qui a signé plus de 800 millions d’euros de nouveaux contrats depuis le début de l’exercice», a expliqué Solutions 30 dans un communiqué. Ce financement «permettra également de soutenir la politique de croissance externe du groupe lorsque les conditions macroéconomiques seront réunies pour la relancer», a ajouté celui-ci.
La société de gestion H2O AM a réagi ce 28 novembre à la séance publique de la Commission des Sanctions de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) qui s’est tenue le vendredi 25 novembre 2022, et au cours de laquelle le Collège de l’AMF a requis des sanctions historiques. La société de Bruno Crastes, qui a contesté les deux premiers griefs lors de l’audience, regrette dans un communiqué «la sévérité des sanctions requises par le Collège de l’AMF, injustes et disproportionnées au regard du dossier et des conclusions du rapporteur». H2O AM rappelle notamment que le rapporteur n’a pas directement imputé les faits reprochés à Bruno Crastes et Vincent Chailley, bien que le Collège ait lui décidé de les poursuivre. «Il est important de souligner l’absence de toute fraude ou erreur intentionnelle de H2O AM, Bruno Crastes et Vincent Chailley, aussi bien dans la notification des griefs que dans le rapport du rapporteur», déclare la société. L’imputabilité des faits aux deux dirigeants a fait l’objet d’une vive contestation par les avocats de la défense en séance, principalement sur des points juridiques techniques. Bien que ce fait ne soit pas mentionné dans le communiqué de H2O AM, la défense a également, durant l’audience, contesté la compétence de la Commission à juger ce dossier. Elle a invoqué le Brexit, perçu comme cas de force majeur, pour soutenir le fait que la Commission ne pouvait pas juger H2O AM LLP, société de droit britannique, car, selon son interprétation, le droit français et le droit européen se limiteraient pour les griefs retenus aux sociétés de l’Union européenne. Parmi les autres clarifications et rappels que la société de gestion a souhaité faire dans son communiqué, on peut retenir que : - «Les griefs portent sur des faits antérieurs à février 2020. Par conséquent, ceux-ci ne concernent pas les fonds FCP actuels agréés par l’AMF en octobre 2020 qui poursuivent leur progression [...] -H2O AM s’est déjà engagé à ne plus investir dans des titres privés [...] - Cette procédure n’a aucun lien avec la liquidation des side-pockets, et n’affecte en rien [son] engagement total au remboursement de celles-ci le plus rapidement possible et dans le meilleur intérêt des porteurs.»
Plusieurs femmes ont porté plainte jeudi contre les banques Deutsche Bank et JPMorgan aux Etats-Unis, les accusant d’avoir «fourni le soutien financier nécessaire» à la poursuite des activités de trafic sexuel mis en place par le financier Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé en prison il y a trois ans. Ces victimes présumées, dont l’identité n’est pas révélée dans les documents judiciaires, citent les lois fédérales américaines contre le trafic sexuel et demandent à bénéficier du statut de recours collectif, selon deux plaintes distinctes déposées devant un tribunal de New York. «Nous pensons que cette plainte n’est pas fondée et nous présenterons nos arguments au tribunal» a déclaré Deutsche Bank dans un communiqué, tandis que JPMorgan n’a pas fait de commentaire.
Difficile. Hausse des taux d’intérêt, récession anticipée en 2023, faibles perspectives de croissance jusqu’en 2024… autant de facteurs qui engendreront au cours des deux prochaines années une forte montée des taux de défaut sur les financements à effet de levier et sur les obligations à haut rendement en Europe, selon Fitch Ratings. L’agence de notation a ainsi rehaussé ses anticipations de taux de défaut sur le high yield de 3,5 % à 4 % dans leur scénario le plus pessimiste pour 2023, tout en maintenant le taux à 2,5 % pour le scénario de base. Alors que les opérations de maturité 2025 devront être refinancées dans des conditions qui resteront difficiles, les analystes de Fitch anticipent en 2024 des taux de défaut de 4 % et 6 % (scénarios de base et extrême). Sur les leveraged loans, la révision se révèle plus marquée en 2023 avec des taux de défaut passant de 3,5 % à 4,5 % pour le scénario de base (6 % dans le cas le plus pessimiste). L’agence de notation mise ensuite sur une stabilisation en 2024.