Cocorico ! La France confirme une nouvelle fois son leadership ESG. Les sociétés de gestion hexagonales sont les premières du Luxembourg en termes de nombre de fonds ESG, selon un nouveau rapport de PwC Luxembourg et Luxembourg Sustainable Finance Initiative (LSFI). Elles comptent pas moins de 738 fonds pour 357,8 milliards d’euros d’encours parmi le total de 4.022 fonds ESG domiciliés au Luxembourg. Cependant, en termes d’encours sous gestion, ce sont les gérants américains qui se trouvent en tête avec 508,6 milliards d’euros répartis dans 670 fonds. Les fonds ESG domiciliés au Luxembourg représentaient 2.200 milliards d’euros d’encours totaux à juin 2022, soit 54,6% des actifs totaux des fonds Ucits, dont près de 4.700 milliards d’euros. Le Grand-Duché compte 4.022 fonds ESG parmi un total de 9.656 fonds. L’étude a classé les fonds ESG selon trois catégories: ESG Screening, où les fonds intègrent les critères ESG lors du processus de sélection des titres, ESG Exclusion, dont les véhicules appliquent le filtre d’exclusion des secteurs nocifs et ESG Involvement, pour les fonds poursuivant une stratégie ESG plus ciblée. Ce dernier compte des fonds Best-In-Class, Positive Tilt, des fonds thématiques, des fonds microfinance, des fonds sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) ainsi que des obligations durables. Près de la moitié des fonds (2 005) suit la stratégie d’exclusions ESG comptant 54,8% des actifs ESG. Les gérants français ont démontré davantage d’inclinaison sur un niveau haut d’engagement ESG. Ils ont dominé la catégorie d’ESG Involvement, soit la catégorie ESG la moins favorisée par les gérants des fonds ESG (18% des fonds ESG totaux représentant 14% des encours). Les gérants français se trouvent en tête de cette catégorie en termes de nombre de fonds (179) ainsi que les encours sous gestion (80,2 milliards d’euros). Ils sont également parmi le top trois dans deux autres catégories de fonds. La domination de la France comme acteur clé des fonds ESG n’est pas une surprise car le régulateur français l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a communiqué davantage avec les gérants afin de s’assurer que les fonds français soient exigeants sur la classification de leurs fonds selon les catégories prescrites par la réglementation sur l’information extra-financière SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation). 53% des fonds de droit luxembourgeois classés article 8 ou 9 L’étude a également pris en compte l’influence de la réglementation SFDR, qui demande aux fonds de se classifier en termes d’inclusion des critères ESG du moins exigeant (Article 6) au plus exigeant (Article 8 et 9). Plus de la moitié des fonds domiciliés au Luxembourg (53%) sont investis dans des fonds Article 8 ou 9. Malgré une majorité de fonds axée sur la prise en compte d’ESG ou l’investissement durable, il n’est pas possible aujourd’hui d’évaluer l’impact positif de l’investissement durable sur l’économie réelle, estiment les auteurs. Selon eux, cette incapacité d’évaluation est liée à l’absence d’une mesure d’impact standardisée, acceptée et utilisée. Les auteurs souhaitent également clarifier comment les changements théoriques sous-tendus par les investissements en finance durable vont être évalués, suivis et vérifiés. La finance durable est un outil fondamental pour notre société de se transitionner vers une économie bas-carbone, a déclaré Nicoletta Centofanti, directrice générale en intérim de LSFI et l’une des auteurs de ce rapport. «Pour comprendre où nous en sommes dans la transition économique, il est fondamental de pouvoir mesurer l’impact positif des investissements durables. Lorsqu’un fonds affirme être durable, notre question est de savoir quel est l’impact positif et comment nous pouvons l’évaluer. Aujourd’hui, il n’existe pas des mesures standardisées, acceptées et utilisées pour y arriver», a-t-elle expliqué à NewsManagers. L’étude a également dévoilé un manque de données permettant de comparer l’application des stratégies d’engagement actionnarial par les fonds. Aujourd’hui, ceux-ci peuvent investir dans des secteurs carbone-intensifs sous la condition d’engager avec ces entreprises afin d’améliorer leur bilan carbone ou d’autres critères ESG, selon Nicoletta Centofanti. Il s’agit d’un domaine délicat car les fonds peuvent s’engager avec des entreprises sans succès ou sur des mesures peu contraignantes. « L’engagement fonctionne à différents niveaux. Il peut pousser au niveau du conseil d’administration pour déclencher des changements au sein de l’organisation ou se concentrer sur l’engagement ou les stratégies d’une entreprise vers un objectif de durabilité. Nous aimerions voir plus d’informations sur l’engagement qui nécessite un réel engagement de la part des entreprises. Un excellent indicateur clé de performance pourrait être l’engagement demandé et son succès ou son échec. Un fonds qui dit qu’il s’est engagé ne donne pas l’image complète dont nous avons besoin», a-t-elle souligné. Mais dans la compétition des données sur la gouvernance, la France vient de laisser filer Proxinvest...
Le fonds européen d’investissement (FEI) a alloué 50 millions d’euros à World Fund, fonds de capital-risque axé sur les technologies climatiques. Il se joint ainsi à plus de 200investisseurs, dont PwC Allemagne, le moteur de recherche internet Ecosia et le fonds de pension de l’agence britannique pour l’environnement. Il s’agit de l’un des investissements les plus importants que leFEI ait effectués dans un premier fonds de capital-risque. Le fonds lancé à Berlin cherche à lever au moins 350 millions d’euros. Fondé en2021, World Fund investit dans de jeunes pousses qui pourraient permettre d’économiser au moins 100 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an. Les critères d’investissement de World Fund visent à appuyer des entreprises utilisant la technologie pour réduire directement les émissions. «Le marché du capital-risque dans le domaine des technologies climatiques en est à ses balbutiements en Europe, et World Fund apparaît comme un fonds doté d’une expérience, d’un réseau, d’une hypothèse d’investissement et d’une expérience solides, ainsi que d’une équipe fondatrice pourvue d’une expertise scientifique et commerciale», précise dans un communiqué Alain Godard, directeur général du FEI.
Macquarie Group a examiné depuis février dernier 110 projets de compensation carbone et rejeté environ 90% d’entre eux car ils ne respectent pas les normes de la banque australienne, a déclaré jeudi Suraj Vanniarachchy, vice-président de l’activité de compensation carbone de Macquarie. Recruté en avril avec trois autres experts dans ce domaine, il a expliqué lors du sommet asiatique sur le climat que ceci était dû à «des éléments manquants» liés à la qualité, à la durabilité et à l’économie de ces projets.
Jean-Paul Servais, président du conseil d’administration de l’Organisation internationale des régulateurs des valeurs mobilières et des contrats à terme (OICV-Iosco), président de l’Autorité des services et marchés financiers belge (FSMA)
La Banque Postale Asset Management (LBP AM) et sa filiale Tocqueville Finance ont dévoilé leur politique biodiversité, à l’occasion du démarrage de la COP 15 Biodiversité qui se tient à Montréal du 7 au 19 décembre. Cette politique contribuera à 16 objectifs sur 21 du projet de Cadre Mondial de la Biodiversité pour l’Après-2020. Ce dernier, conçu pour transformer la relation entre la société humaine et la biodiversité afin de vivre en harmonie avec la nature, est toujours en cours de validation dans le cadre de la COP-15 sur la biodiversité. La politique biodiversité de LBPAM s’appuiera sur cinq leviers: les politiques d’intégration, d’exclusion, d’engagement actionnarial, de RSE, et d’influence. La politique d’intégration vise à intégrer systématiquement la biodiversité au sein du système de notation propriétaire d’investissements. Il comprendra également le calcul de l’empreinte biodiversité des portefeuilles avec la méthodologie Global Biodiversity Score, créée par Caisse des Dépôts (CDC) Biodiversité. A travers la politique d’exclusion, LBP AM et sa filiale excluront des entreprises ayant une incidence conséquente sur la biodiversité ainsi que celles sans des plans de remédiations en place. La politique d’engagement actionnarial vise à s’engager avec les entreprises investies afin de les inciter à réduire leurs impacts sur la biodiversité et contrôler leurs dépendances au capital naturel. La politique RSE intégrera la sensibilisation et la formation des collaborateurs pour encourager les écogestes et réduire l’empreinte biodiversité de LBPAM et sa filiale. Enfin, la politique d’influence soutiendra des initiatives réglementaires afin de renforcer l’action des entreprises en faveur de la biodiversité. La société de gestion participera aux consultations sur les cadres comme la TNFD (Taskforce on Nature-related Financial Disclosures) ou les standards de l’EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group) en matière de reporting extra-financier ainsi que sur des réglementations comme celle concernant la déforestation importée en Union Européenne. LBPAM sera présent à la COP-15 pour la biodiversité à Montréal, représentant les institutions financières aux côtés des PRI (Principes pour l’investissement responsable), Finance for Biodiversity Foundation et Finance for Tomorrow. LBPAM et la maison mère, La Banque Postale, demandent aux gouvernements d’aboutir à un accord précis lors de cette réunion de COP 15. Cela permettra l’alignement des actions de l’ensemble des acteurs économiques afin d’inverser la trajectoire de perte de la biodiversité et de contribuer via des solutions fondées sur la nature.
Le fonds activiste Bluebell Capital Partners réclame la démission du directeur général et fondateur de BlackRock, Larry Fink, en raison de l’«hypocrisie apparente» de l’utilisation par la société de gestion des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, rapporte le Financial Times. L’investisseur a dévoilé sa position mardi, alors qu’il avait envoyé une lettre à Larry Fink le mois dernier. Giuseppe Bivona et Marco Taricco, les codirecteurs des investissements de Bluebell, estime que BlackRock a changé d’avis plusieurs fois sur l’investissement dans la production de charbon thermique, tout en échouant à respecter les engagements durables de Larry Fink très largement diffusés. Bluebell détient environ 0,01 % de BlackRock, qui a une capitalisation boursière de 107 milliards de dollars. «Les contradictions et l’hypocrisie apparente des actions de BlackRock ont… politisé le débat ESG», écrivent-ils. Bluebell est connu pour avoir ciblé précédemment Richemont, Danone et Solvay.
Michèle Pappalardo présente les évolutions possibles du prochain label sur l'investissement socialement responsable (ISR) attendu pour l'été 2023. Pour la présidente du comité du label, un référentiel précis et exigeant permettra de limiter les risques de greenwashing.
Des milliards d’encours sous gestion concernés, des centaines de fonds déclassés et des sociétés de gestion qui s’inquiètent de plus de plus de leur réputation et de leur crédibilité vis-à-vis de leurs clients. Les contours flous du concept d’investissement durable, tirés du règlement SFDR («Sustainable Finance Disclosure Regulation ») qui touche à la publication d’informations durables, ont engendré un chaos dans l’industrie de la gestion d’actifs. Au cœur de cette confusion, une question étymologique : comment définir la durabilité. Ce terme reste sujet à des débats âpres entre régulateurs, sociétés de gestion et investisseurs professionnels. Les débuts de l’encadrement réglementaire de la finance durable avaient pourtant l’air parfait. Grâce à la réglementation européenne SFDR, l’industrie a lancé ou reclassé des centaines de fonds «article 9»,c’est-à-dire que les gérants déclarent que l’investissement durable est l’objectif de leurs stratégies. Mais depuis la rentrée, un fort doute s’est installé sur la pertinence de ces produits au regard de la réglementation et des attentes des clients. Les sociétés de gestion se retirent les unes après les autres de ce segment, sous le poids des critiques et des risques juridiques. Elles ne seraient pas certaines de ce que le régulateur européen entend par «investissement durable». Pourtant, SFDR possède en son sein une définition : au paragraphe 17 de l’article 2, on peut lire que l’investissement durable est, en substance, un investissement dans une activité économique contribuant à un objectif environnemental ou social, tout en assurant des bonnes pratiques de gouvernance et ne causant pas de dommages significatifs («Do no significant harm» en anglais). Cette approche laissait une ouverture pour que les sociétés de gestion puissent plancher en privé sur une partie de la définition, celle de l’impact social. Celle de l’aspect environnemental, indexé juridiquement à la taxonomie européenne, était moins sujet au doute. «La taxonomie européenne ne couvre que l’aspect environnemental et cela uniquement pour certaines activités économiques. Il reste encore 4 objectifs environnementaux sur 6 à compléter. La définition d’un investissement durable selon la taxonomie européenne est applicable aux activités et critères couverts par cette taxonomie, qui contient des spécificités et des indicateurs détaillés», explique Frédéric Vonner, partner, Regulatory Advisory Services, PwC Luxembourg. Cette différenciation entre ce qui relève de l’environnement et ce qui touche au social est l’une des grandes raisons des accrocs du moment. Pour Frédéric Vonner, la dichotomie dans l’application de cette définition rend en effet plus difficile la comparaison des fonds, ce qui pourrait conduire à la baisse certaines ambitions extra-financières. L’AMF veut éviter la dispersion des définitions de la durabilité La situation embarrasse en premier lieu les régulateurs nationaux. L’Autorité des Marchés Financiers (l’AMF) a bien demandé, il y a un an, davantage de précisions au régulateur européen. En vain. « Le règlement SFDR impose de communiquer sur la proportion des investissements durables, une notion qui n’est pas bien définie. L’absence d’une définition suffisamment précise de ce qu’est un fonds article 9 nous semble également problématique en termes de communication de la part des gérants », souligne Philippe Sourlas, secrétaire général adjoint chargé de la direction de la gestion d’actifs à l’AMF. La réponse pourrait prendre du temps, puisque même l’Esma, tout comme l’EBA et l’Eiopa, ont dû se tourner vers la Commission pour clarifier la définition de la durabilité. En attendant, l’AMF se limite en grande partie à son rôle de gendarme de la commercialisation et de la communication. « En ce qui concerne la classification des fonds, il est clair que le côté imprécis de certaines définitions complique notre capacité à superviser ces choix de classification même s’il existe quelques exigences sur la constitution des fonds classés en Article 9 », indique Philippe Sourlas. Et le régulateur français espère bien que la notion d’investissement durable soit une bonne fois pour toute clarifiée au niveau européen, afin d’éviter une fragmentation. « Si chaque régulateur utilise sa propre définition de l’investissement durable, cela posera un certain nombre de difficultés notamment pour des fonds distribués dans plusieurs pays européens en même temps. Nous préférerions avoir une définition européenne plus précise pour permettre d’avoir une communication et une activité de conseil plus homogènes entre les acteurs », a déclaré Philippe Sourlas. Le flou impacte les relations commerciales des sociétés de gestion Pour le moment, le régulateur français veut surtout s’assurer que ce manque de définition ne se traduit pas par l’apparition de cas de greenwashing dans l’Hexagone. « Nous essayons de pousser les sociétés de gestion à avoir une approche de durabilité suffisamment documentée et justifiée. Nous souhaitons éviter que l’imprécision existante dans la définition européenne ne serve de prétexte à avoir une approche superficielle du sujet. Nous attendons que les sociétés de gestion fassent des efforts pour être précises et avoir une définition interne de cette notion qui soit bien construite », explique Philippe Sourlas. Le risque de greenwashing n’est pas que juridique pour les sociétés de gestion. La réputation est aussi en jeu. «Il y a un risque de greenwashing lié à la définition elle-même ainsi qu’un risque de communication lié à l’adéquation entre les attentes de chaque client quant à la notion d’investissement durable et la réalité de la méthodologie», indique Pierre Moulin, responsable mondial des produits et du marketing stratégique de BNP Paribas AM. Pour contourner ces risques, il estime que les sociétés de gestion doivent développer une méthodologie systématique fondée sur des critères objectifs, clairs et quantitatifs, et faire preuve d’une transparence poussée sur cette méthodologie. Ce flou n’est pas sans conséquence dans les relations commerciales pour les sociétés de gestion. D’une part, l’absence de définition précise va influencer la prise en compte des préférences de durabilité des clients par les conseillers en gestion du patrimoine (CGP) dans le cadre de MiF2. Dorénavant, ces conseillers doivent recueillir les préférences extra-financières de leurs clients, et notamment sur le critère de pourcentage d’investissement durable du fonds. « Ici, on bute sur la même difficulté de définition parce que celles contenues dans MiF 2 sont très principielles », fait remarquer Philippe Sourlas. La qualité de la définition de l’investissement durable par une société de gestion est aussi questionnée par les clients institutionnels dans leurs due diligence et parfois dans leurs appels d’offres. Et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir voir des critères de gestion extra-financière clairs dans la gestion des fonds. « Même s’il n’y a pas de définition précise de l’investissement durable, il y a certains critères à suivre pour un fonds article 9, tels que les principales incidences négatives (14 indicateurs E et S) ainsi que la contribution positive à un objectif social ou environnementale, sans causer de préjudice important à aucun de ces deux objectifs. Pour certains fonds, ces contraintes se rajoutent à celles qui découlent par exemple de leur labellisation, comme la nécessité de justifier que la notation de chacun des titres dans le portefeuille ne soit pas dans le dernier quintile et que chacun des critères E, S et G ait une note relativement bonne », témoigne Adrien Dumas, directeur de la gestion et gérant actions chez Mandarine Gestion. Le travail de définition semble finalement être un travail collectif à grande échelle.
La société de gestion norvégienne Storebrand Asset Management renforce sa politique en matière de biodiversité. Cela se traduit par l’exclusion immédiate de quatre sociétés minières de son univers d’investissement. Il s’agit de First Quantum Minerals, Harmony Gold Mining, Newcrest Mining et TMC – The metals company. «Storebrand n’investira plus dans les entreprises dont l’exploitation minière implique l'élimination de résidus en mer ou dans les rivières, les entreprises impliquées dans l’exploitation minière en eaux profondes et les entreprises qui tirent 5 % de leurs revenus du forage dans les zones arctiques considérées comme particulièrement vulnérables et précieuses», explique un communiqué de presse. Parallèlement, l’engagement de la société de gestion à l’égard de la déforestation, qui se focalisait sur l’huile de palme, le soja, les produits du bétail et le bois, sera étendu pour inclure la déforestation ou la conversion pour la production de cacao, de caoutchouc, de café et de mines. Les entreprises qui y contribuent sont cartographiées et évaluées en vue d’un engagement ciblé ou d’une exclusion. Storebrand AM vise l'élimination dans son portefeuille de matières premières des activités liées à la déforestation d’ici 2025. En outre, les entreprises qui font pression contre les accords qui encouragent l’utilisation durable de la nature, tels que les nouveaux objectifs qui seront adoptés par la Convention sur la diversité biologique plus tard cette année à Montréal, risquent d'être exclues. Enfin, par le biais de ses activités de stewardship, Storebrand va demander aux entreprises de fixer des objectifs en matière de biodiversité, d'évaluer et de réduire leur impact négatif. L’augmentation des reporting et de la transparence sera essentielle, et les entreprises devront divulguer l’empreinte de leurs principales opérations.
Ils ne digèrent pas leur éviction. BlackRock et et la gestion d’actifs de BNY Mellon font partie des gérants qui ont pris des mesures pour être rayés de la liste noire de l’Etat du Texas, qui les accuse de boycotter les énergies fossiles, a appris Bloomberg. La réglementation locale de cet état producteur d’hydrocarbures interdit en effet aux fonds de pension publics de l’Etat de confier des actifs à ces sociétés. Il leur est reproché d’utiliser des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), hostiles à l’économie locale par le Texas et d’autres Etats. Des représentants d’au moins cinq gérants d’actifs ont demandé au bureau de Glenn Hegar, le contrôleur financier de l’Etat, de les retirer de la liste d’une dizaine de gérants et de plus de 300 fonds publiée en août 2022, en arguant qu’ils n’auraient jamais dû y figurer. La perte de la clientèle de grands institutionnels tels que le fonds de pension des enseignants du Texas est en effet significative pour eux. «Nous estimons que votre jugement est erroné et se trouve contredit par des informations publiques vérifiables», ont écrit pour BlackRock la directrice des affaires externes Dalia Blass et le directeur de la clientèle Mark McCombe dans une lettre du 3 octobre 2022 à Glenn Hegar. Ils ajoutent que «BlackRock ne boycotte pas les entreprises de l’énergie» selon le code de l’Etat en vigueur. Des documents publics auxquels Bloomberg a eu accès montrent qu’un rendez-vous a été fixé entre BalckRock et le contrôleur le 20 octobre pour évoquer sa présence dans la fameuse liste. Pas de changement en vue La division de gestion d’actifs de la banque BNY Mellon a également chercher à s’expliquer car elle compte 19 de ses fonds dans la liste noire texane. Elle avait déclaré en août 2022: «Nous sommes persuadés que l’inclusion de ces fonds relève d’une erreur et n’est pas cohérente avec les informations que nous avons fournies en réponse à la demande de vérification». La banque a publié un communiqué la semaine passée, expliquant qu’elle ne boycotte pas les entreprises énergétiques et qu’elle discute avec les officiels texans pour détailler le processus d’investissement de ses fonds. Le contrôleur financier du Texas doit mettre à jour sa liste noire au moins une fois par an, mais peut techniquement la rafraichir chaque trimestre. Un porte-parole a fait savoir qu’aucune mise à jour n’interviendrait avant le trimestre prochain.
La Floride va remplacer BlackRock en tant que gérant de 2 milliards de dollars de fonds en bons du Trésor dans le cadre d’un rejet de l’ESG, rapporte le Financial Times. Cela intervient après que le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, un potentiel candidat républicain à la présidence des Etats-Unis en 2024, a conduit une résolution pour que les fonds de pension de l’Etat cessent de prendre en compte des critères environnements, sociaux et gouvernance dans leurs investissements. «La division Trésor de la Floride se sépare de BlackRock parce que la société a ouvertement déclaré qu’elle avait d’autres objectifs que celui de dégager des rendements», a indiqué Jimmy Patronis, le directeur financier de l’Etat, jeudi.
Les Principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UN PRI) ont lancé, ce lundi, une initiative de collaboration concernant l’engagement actionnarial des investisseurs sur les problématiques liées au social et aux droits humains. Plus de 220 investisseurs, représentant un total cumulé de 30.000 milliards de dollars d’encours sous gestion, sont impliqués dans cette nouvelle initiative baptisée Advance. Quelque 120 d’entre eux vont avoir un rôle actif ou de soutien dans l’engagement avec 40 sociétés sur les problématiques sociales et relatives aux droits humains. Les sociétés initialement ciblées font partie des secteurs des mines et métaux et des énergies renouvelables. Parmi elles, figurent entre autres Anglo American, Nippon Steel, Goldfields, Orsted, Engie, Posco, Rio Tinto et RWE. Le dialogue sera également engagé avec des entreprises d’autres secteurs et des législateurs au cours des cinq prochaines années. Afin d’améliorer la transparence du dialogue, les PRI ont publié les noms des investisseurs qui vont conduire le dialogue avec chacune des 40 sociétés. Ainsi Actiam et la fondation Ethos sont en charge de diriger les discussions avec Engie; Schroders et Morgan Stanley Investment Management avec Anglo American tandis que Rio Tinto sera approché par ACSI et d’autres investisseurs avec Phoenix, Aviva et Pimco. Chacun des investisseurs engagés dans Advance a signé une déclaration publique dans laquelle il reconnaît l’urgence et la nature systémique des problématiques de droits humains. Les investisseurs reconnaissent également l’importance de sauvegarder les droits humains et de prendre leurs responsabilités pour faire respecter les standards internationaux en la matière.