RALENTISSEMENT. Malgré la baisse des indices PMI depuis le début de l’année en zone euro, les économistes se voulaient rassurants car cette pause se faisait sur de hauts niveaux. Désormais, ce ralentissement inquiète avec des commandes et une production industrielle qui fléchissent dans les deux premières économies de la région, Allemagne et France. « Ces données jettent un froid, confirmant les messages préoccupants envoyés ces derniers mois par l’évolution des enquêtes auprès des industriels », écrit Véronique Riches-Flores, économiste du cabinet qui porte son nom. En Allemagne, le momentum du secteur manufacturier s’est nettement dégradé notent les économistes de HSBC, avec une baisse de 1,3 % sur trois mois glissants, le plus bas depuis janvier 2013. Cette faiblesse s’accompagne d’une baisse de 0,3 % des exportations en avril. « C’est la quatrième baisse en cinq mois. Le refroidissement du commerce mondial commence à produire ses dégâts », selon Oxford Economics. De fait, la faiblesse de l’activité, jusqu’à présent attribuée à des facteurs exceptionnels, semble due à des facteurs plus profonds comme la crainte du protectionnisme mais aussi les contraintes de capacité. En France, la production industrielle recule en avril de 0,5 %, malgré une hausse de 0,4 % de la production manufacturière. Le deuxième trimestre démarre donc mal. Les indicateurs avancés, comme les PMI, l’Ifo en Allemagne ou les commandes à l’industrie ainsi que l’indice ZEW de confiance des investisseurs allemands qui chute au plus bas depuis septembre 2012, suggèrent une poursuite du ralentissement après un premier trimestre en demi-teinte.