Les Etats-Unis pressent l’Union européenne d’accélérer les négociations commerciales initiées le mois dernier par le sommet entre Donald Trump et Jean-Claude Juncker à Washington, ont déclaré samedi des responsables allemands. Emily Haber, ambassadrice d’Allemagne aux Etats-Unis, a indiqué à des journalistes qu’un groupe de travail formé après l’entretien entre le président américain et le président de la Commission européenne s'était réuni pour la première fois cette semaine et que les représentants américains ont réclamé «des résultats très rapides». Elle a ajouté que les représentants européens auraient besoin d’un mandat clair pour avancer dans les négociations et estimé qu’un accord devrait être conclu avant les élections européennes de mai 2019.
La Chine déposera une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre les nouveaux droits de douane américains entrés en vigueur hier, a annoncé le ministère chinois du Commerce dans un communiqué publié sur son site internet. Les Etats-Unis et la Chine ont lancé un nouvel épisode de leur guerre commerciale, avec la mise en place par les deux pays de droits de douane à 25% sur 16 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros) de marchandises.
L’Indonésie a conditionné l’achat d’avions à Boeing et à Airbus à l’autorisation pour ses entreprises de construire des sites de fabrication de kérosène à partir d’huile de palme aux Etats-Unis et en France, a déclaré hier son ministre au Commerce. L’Indonésie, premier producteur mondial d’huile de palme, cherche à soutenir sa production dans le secteur, deuxième activité exportatrice du pays. Mais l’utilisation d’huile de palme n’est plus en odeur de sainteté dans l’Union européenne et aux Etats-Unis, ses détracteurs dénonçant son impact sur l’environnement.
L’administration américaine tient cette semaine des auditions sur la dernière proposition de tarifs sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, alors que les discussions reprennent.
Les ministres de l’Agriculture des pays du G20, réunis à Buenos Aires en Argentine, se sont déclarés samedi préoccupés par le recours de plus en plus fréquent à des mesures de protectionnisme incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les ministres, parmi lesquels ceux des Etats-Unis et de la Chine, ont dans un communiqué commun affirmé leur volonté de ne pas dresser des «obstacles inutiles» au commerce et souligné les droits et les obligations découlant des accords conclus dans le cadre de l’OMC.
L’agriculture «ne fait pas partie du champ des discussions commerciales» entre l’Union européenne et les Etats-Unis, a affirmé vendredi une porte-parole de la Commission européenne, contredisant le président américain, Donald Trump. Le dirigeant américain avait affirmé jeudi devant les fermiers américains au lendemain de l’annonce d’une trêve dans les hostilités commerciales avec l’Europe: «Nous venons d’ouvrir l’Europe pour vous, agriculteurs». Le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, avait réclamé dès jeudi, au lendemain de l’annonce de cette trêve des «clarifications». Il avait exigé que l’agriculture reste en dehors du champ des discussions, assurant que «l’Europe ne transigera pas avec ses normes».
Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a indiqué hier qu’un accord pourrait être trouvé en août sur la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) qui unit les Etats-Unis au Canada et au Mexique. De son côté, le gouvernement mexicain a indiqué qu’un accord sur l’Aléna pourrait être trouvé d’ici la fin du mandat du président Enrique Pena Nieto prévue le 30 novembre. Les tractations pour moderniser l’Aléna ont été entamées il y a près d’un an, mi-août 2017, à la demande de Donald Trump, qui juge cet accord responsable de la disparition de milliers d’emplois dans son pays, en particulier dans le secteur automobile.
Donald Trump a demandé au département du Commerce de poursuivre son enquête sur un relèvement éventuel des droits de douane américains sur les importations de voitures malgré les discussions commerciales engagées avec l’Union européenne, a déclaré hier Wilbur Ross. Le président américain a cependant ordonné qu’aucune mesure ne soit prise durant ces négociations, a ajouté le secrétaire américain au Commerce. Le département du Commerce aura terminé son enquête le mois prochain.
Le président chinois, Xi Jinping, a mis en garde hier son homologue américain, Donald Trump, contre les dangers d’une guerre commerciale généralisée, assurant que personne n’en sortirait «vainqueur». «L’unilatéralisme et le protectionnisme progressent et portent un coup sévère au multilatéralisme et au commerce multilatéral», a déclaré Xi Jinping en ouverture du sommet annuel des chefs d’Etat et de gouvernement des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Johannesburg. «Nous sommes confrontés à un choix entre coopération et confrontation», a-t-il insisté. «Une guerre commerciale doit être rejetée parce qu’elle n’aurait aucun vainqueur», a-t-il prévenu, «ceux qui mènent une guerre commerciale en paieront le prix».
Le président de la Commission Jean-Claude Juncker est à Washington ce mercredi pour déminer les menaces américaines sur les importations d'automobiles.
L’administration Trump a annoncé hier qu’elle allait accorder une aide financière substantielle aux agriculteurs affectés par les représailles aux tarifs douaniers. Le secrétaire américain à l’Agriculture, Sonny Perdue, a indiqué que 12 milliards de dollars d’aide seraient accordés aux agriculteurs mis en difficulté par «les représailles tarifaires illégales». Ces versements sont notamment destinés aux producteurs de soja, de porcs, de fruits, de riz et de lait visés par les taxes douanières imposées par les partenaires commerciaux des Etats-Unis, en représailles des taxes douanières américaines. Le plan de soutien inclut une assistance directe aux fermiers ainsi qu’un programme d’achat de la production et une aide à promouvoir sa distribution.
Les ministres des Finances et les banquiers centraux des grandes puissances économiques, réunis à Buenos Aires (Argentine), estiment que l’aggravation des tensions géopolitiques et commerciales représente un risque qui gagne en ampleur pour la croissance mondiale et ils en appellent à plus de dialogue, selon le communiqué du Groupe des Vingt (G20). Dans ce document, le G20 observe que les économies émergentes sont mieux préparées à d'éventuels chocs externes mais aussi qu’elles restent confrontées à des difficultés tenant à des éléments tels que la volatilité de marché ou encore le risque de retournement des flux de capitaux. «Nous (...) prenons acte de la nécessité de mettre en avant le dialogue et les initiatives destinées à atténuer les risques et à rehausser la confiance», est-il écrit dans le document.
Une guerre commerciale de grande ampleur pourrait amputer le produit intérieur brut mondial (PIB) dans une proportion allant jusque 3%, selon une étude d'économistes de la Banque de France publiée hier. Ils estiment qu’un relèvement généralisé de 10 points de pourcentage des droits de douane à l’importation pourrait réduire le PIB mondial de 1% après deux ans. «En outre, une baisse de la productivité, une hausse du coût de financement du capital et une plus faible demande d’investissement viendraient augmenter le coût du protectionnisme», ajoutent-ils, pour indiquer qu’au total, «la réduction du PIB mondial en volume atteindrait 3% en deux ans».