Preuve de l’arrêt de l’économie chinoise, pas une seule voiture n’a été vendue en avril à Shanghai, où la majorité des 25 millions d’habitants ont été confinés dans leurs maisons ou leurs complexes résidentiels pour éradiquer la pire épidémie de Covid du pays depuis deux ans. Les 300 concessionnaires de la ville ont presque tous fermé tout le mois, a déclaré lundi l’Association des ventes d’automobiles de Shanghai dans un communiqué, et ils n’ont donc vendu aucune automobile alors que, par comparaison, ils avaient vendu 26.311 véhicules en avril 2021.
L’activité économique de la Chine a nettement ralenti en avril alors que les mesures de confinement imposées face au Covid-19 ont lourdement pesé sur la consommation et la production industrielle qui sont revenues à leur plus bas niveau depuis mars 2020, alimentant les craintes d’une contraction de l'économie du pays au deuxième trimestre.
Les nouveaux prêts bancaires en Chine ont chuté en avril par rapport au mois précédent, selon les données publiées vendredi par la banque centrale (PBoC), à 645,4 milliards de yuans (94,1 milliards de dollars), un montant nettement inférieur aux attentes de 1.520 milliards du consensus Reuters. Cela représente aussi aussi 20% de la création de crédit en mars. «La principale raison de cette faible croissance est liée aux confinements pour lutter contre le Covid qui ont créé des difficultés pour obtenir de nouveaux prêts», souligne Iris Pang, économiste chez ING. Et ce malgré l’engagement de la PBoC à renforcer son soutien pour éviter un ralentissement plus marqué, et notamment la baisse du ratio de réserve obligatoire des banques (RRR) qui leur offre une marge de manoeuvre plus importante en termes de liquidités. Ce chiffre signifie que les banques sont plus réticentes à accorder des prêts alors qu’elles semblent privilégier la gestion du risque et la préservation de leur capital. C’est une mauvaise nouvelle pour Pékin qui souhaite que ces dernières jouent un rôle dans le soutien à l’économie pour éviter un trop fort ralentissement.
Les nouveaux prêts bancaires en Chine ont chuté en avril par rapport au mois précédent, selon les données publiées vendredi par la banque centrale (PBoC), à 645,4 milliards de yuans (94,1 milliards de dollars), un montant nettement inférieur aux attentes de 1.520 milliards du consensus Reuters. C’est aussi 20% de la création de crédit en mars.
Les swaps dollar/yuan à un an sont tombés mardi en territoire négatif pour la première fois depuis plus de trois ans. Les points de swap à un an ont touché un creux de -40 pb, le niveau le plus bas depuis mars 2019.
Les exportations de la Chine ont nettement ralenti en avril tandis que les importations sont restées stables alors que le pays multiplie les confinements face à la vague Omicron du Covid-19. D’après les données officielles publiées lundi, les exportations ont progressé de 3,9% (+3,2% attendu par les économistes) sur un an en avril, contre une croissance de 14,7% le mois précédent, soit un plus bas depuis juin 2020. Les importations sont restées stables, affichant un léger mieux après leur recul de 0,1% en mars et battant le consensus qui ressortait à -3,0%. Ajustées des effets de prix, les exportations sont en recul de 8% sur un an, selon les calculs des économistes de Nomura, après +1,8% en mars. La balance commerciale de la Chine a affiché un excédent de 51,1 milliards de dollars le mois dernier après 47,4 milliards de dollars en mars.
Taux d'inflation, prix de l'énergie, prévisions d'activité, etc. : sans le soutien des banques centrales, les statistiques économiques reviennent au centre du jeu.
Les exportations de la Chine ont nettement ralenti en avril tandis que les importations sont restées stables alors que le pays multiplie les confinements face à la vague Omicron du Covid-19.
A 6,68 pour un dollar, le yuan est à un plus bas depuis novembre 2020. La devise chinoise a perdu près de 5% de sa valeur en l’espace de deux semaines accentuant sa dépréciation ce vendredi après l’affirmation par Pékin de la poursuite de sa politique zéro-Covid.
L’activité dans les services s’est à nouveau contractée en avril en Chine avec les confinements liés à la pandémie de coronavirus, montrent les résultats de l’enquête privée publiée jeudi par Caixin/Markit. L’indice PMI des services est ressorti à 36,2 en avril, après 42 en mars, encore au-dessous de la barre des 50 points qui sépare la croissance de la contraction sur une base mensuelle. L’indice était tombé à son plus bas niveau - à 26,5 - en février 2020, au début de la pandémie. Le sous-indice des nouvelles entreprises a également enregistré une baisse à 38,4, après 45,9 le mois précédent, les entreprises du secteur déclarant que les restrictions mises en place pour lutter contre la propagation de l’épidémie avaient pesé sur la demande au début du deuxième trimestre.
L’activité dans les services s’est à nouveau contractée en avril en Chine avec les confinements liés à la pandémie de coronavirus, montrent les résultats de l’enquête privée publiée jeudi par Caixin/Markit.
Le Shanghai Composite a chuté de 1,4% pour clôturer à 2.886 points mardi, et l’indice Shenzhen SZSE Component a perdu 1,7% à 10.207 points, atteignant un plus bas depuis près de deux ans, alors que les autorités de Pékin ont étendu les tests de dépistage sur le coronavirus à la majeure partie de la ville (22 millions d’habitants), et alimenté les inquiétudes quant à un possible confinement de la capitale similaire à celui de Shanghaï depuis un mois. Des dizaines de nouvelles infections au coronavirus ont été enregistrées ces derniers jours. Shanghaï avait attendu environ un mois et plus de 1.000 cas avant de lancer des tests à toute la ville début avril. Pour l’instant, les écoles, les magasins et les bureaux sont restés ouverts, à la différence des temples et théâtre ou lieux de sortie.
Le conflit en Ukraine est la principale raison de l'ajustement des prévisions de croissance, mais le ralentissement chinois est un autre sujet d’inquiétude.
Les économistes revoient en force leurs prévisions de croissance pour la Chine cette année, malgré la publication lundi d’une progression du produit intérieur brut (PIB) supérieure aux attentes du consensus (4,4% selon Reuters). Toutefois, la croissance de 4,8% entre janvier et mars occulte une nette décélération de l’activité au cours du dernier mois en raison de la vague Omicron et des mesures de confinement strictes. Les ventes de détail ont ainsi reculé de 3,5% sur un an sur la période pour la première fois depuis 2020. L’activité immobilière continue de souffrir. Mais la Chine profite d’une croissance supérieure aux attentes dans l’industrie. Les économistes craignent un deuxième trimestre difficile et revoient leurs prévisions de croissance pour cette année. Bank of America anticipe désormais +4,2% de progression du PIB.
L’éditeur a perdu 16% en Bourse depuis le début de l’année, à un plus bas de cinq ans. Le gigantesque marché chinois du jeu vidéo ne semble pas près de s’ouvrir au groupe français.