Les professionnels du private equity se tuent à le répéter : leur industrie finance la croissance des entreprises à long terme. Euan Sutherland, le patron du britannique Saga, spécialiste des services de voyages et d’assurance pour les plus de 50 ans, n’est pas de cet avis. En présentant un projet d’augmentation de capital, il a « chargé » les anciens propriétaires du groupe, les fonds CVC, Charterhouse et Permira, coupables selon lui d’avoir lesté l’entreprise de dette dans une vision de court terme. « Pendant les 55 premières années de sa vie, Saga est restée focalisée sur l’innovation. Pendant les 15 années suivantes, notre enseigne s’est appauvrie, d’abord sous l’actionnariat du private equity, puis durant notre période de cotation », cingle Euan Sutherland. Introduite en Bourse en 2014 à 185 pence, l’action n’en vaut plus que 15…