Le gouvernement fera d’ici au mois d’octobre des annonces sur la réforme de l’Etat, un vaste chantier auquel a réfléchi pendant dix mois le Comité Action publique 2022 (CAP 2022), a fait savoir Matignon hier. Ces annonces seront faites après des ateliers thématiques organisés entre juillet et octobre, et «consacrés aux objets de réformes du programme Action Publique 2022 les plus structurants», précise Matignon dans un communiqué. «Le gouvernement annoncera après chaque atelier ses décisions opérationnelles et un calendrier de mise en œuvre», indique ce communiqué.
Le nouveau gouvernement italien prévoit de relever son objectif de déficit pour 2019 à environ 1,4% du produit intérieur brut (PIB) contre un objectif de 0,8% fixé par l’administration précédente, indiquait Reuters vendredi citant deux sources. Le ministre de l’Economie Giovanni Tria a déclaré mardi au Parlement qu’il pensait que l’objectif initial de 0,8% était «trop radical», sans toutefois indiquer un nouvel objectif. Cette marge de manœuvre permettrait à l’Etat de disposer de 11 milliards d’euros supplémentaires pour faire face à la menace d’une augmentation automatique de la TVA liée à la clause de sauvegarde qu’impose l’Union européenne, le pays ayant manqué précédemment ses objectifs de déficit.
Le nouveau ministre italien des Finances, Giovanni Tria, a déclaré vendredi qu’il tendrait à respecter les règles budgétaires de l’Union européenne afin d’apaiser l’inquiétude des marchés financiers face au nouveau gouvernement italien, mais il s’en est pris dans le même temps au projet franco-allemand de réforme du secteur bancaire européen et plus particulièrement à leur proposition d’imposer des objectifs quantitatifs de réduction du stock de créances douteuses. «L’intention, c’est clair, est de s’efforcer de respecter» les exigences européennes de rigueur budgétaire, mais «il pourrait y avoir une légère entorse», a-t-il dit, en raison du ralentissement de l’activité économique.
L’Unedic s’attend à voir ses comptes revenir quasiment à l'équilibre l’an prochain avant de renouer ensuite avec ses premiers excédents depuis 2008, à hauteur de 1,6 milliard d’euros en 2020 puis 3,6 milliards à l’horizon 2021. L’organisme paritaire assurant la gestion de l’assurance chômage, qui présentait hier ses nouvelles prévisions financières, confirme ainsi que sa situation se redresse plus vite qu’il ne l’escomptait l’an passé grâce à l’accélération de la croissance et aux retombées de la nouvelle convention d’assurance chômage entrée en vigueur en octobre 2017. Il table dorénavant sur un déficit de l’assurance chômage qui reviendrait de 3,4 milliards d’euros en 2017 à 1,4 milliard d’euros cette année puis limité à 100 millions en 2019. Par comparaison, il anticipait dans ses précédentes prévisions, publiées fin février, un solde négatif de 2 milliards d’euros en 2018 puis un autre de 600 millions en 2019.
La Cour des comptes a émis des réserves sur la gestion budgétaire des gouvernements successifs en 2017, qui n’ont ni contenu les dépenses, ni endigué la progression de la dette en dépit des efforts affichés, avec le risque que fait peser cette évolution sur les comptes publics en cas de remontée des taux d’intérêts. Les magistrats de la Cour font ce diagnostic qui porte à la fois sur la fin de l'ère Hollande et sur les premiers mois de la gouvernance Macron dans leur rapport annuel sur le budget de l’Etat, dont Le Monde a publié les éléments saillants samedi, quatre jours avant sa présentation.
Le débat divise les contributeurs et les bénéficiaires des fonds européens. En filigrane émerge la question de la distribution de cette enveloppe entre les différents bénéficiaires.
La zone euro doit se doter d’un nouvel instrument budgétaire commun pour assurer un minimum de cohésion entre pays membres en cas de choc économique, a déclaré vendredi le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi lors d’une conférence à Florence. «Nous avons besoin d’un instrument budgétaire supplémentaire pour maintenir la convergence lors de chocs importants, sans qu’il soit nécessaire de surcharger la politique monétaire», a-t-il déclaré. Son objectif serait de fournir une couche supplémentaire de stabilisation, renforçant ainsi la confiance dans les politiques nationales».
CRITÈRE. Comme l’a confirmé Eurostat, à 2,6 % du PIB, en recul de 0,8 point par rapport à 2016, le déficit public français revient bien dans les limites fixées par le traité de Maastricht. Cependant, l’office européen de la statistique a demandé à l’Insee de revoir sa copie. Si la dernière recapitalisation d’Areva (2,5 milliards d’euros) y était intégrée, il augmenterait de 0,1 point, à 2,7 %. Eurostat demande aussi le reclassement de l’Agence française de développement (AfD) au sein des agences publiques, ce qui aurait pour effet d’augmenter la dette publique de 1,4 point de PIB, à 98,4 % du PIB fin 2017.
L’Allemagne a beau avoir confié des caisses pleines à un argentier social-démocrate, son budget présenté mercredi reste dans la droite ligne du conservateur Wolfgang Schäuble, et suscite une vague de critiques sur l’insuffisance des dépenses. Le nouveau ministre des Finances, Olaf Scholz, «est déjà surnommé ‘Wolfgang Scholz’» au sein de son parti, s’amuse le quotidien économique Handelsblatt, soulignant la persistance de l’orthodoxie budgétaire allemande sur les questions européennes comme sur la scène intérieure.
Le ministère allemand de la Défense n’est pas satisfait du budget qui lui a été attribué car cela va le contraindre à repousser au moins un programme international d’armement si de nouveaux fonds ne sont pas débloqués pour 2019, rapportait vendredi Reuters de sources proches du ministère.
Outre-Rhin, le nouveau secrétaire d’Etat aux finances se nomme Jörg Kukies... presque comme ces petits fichiers déposés sur le disque dur des internautes pour les « tracer ». Mais notre Petit Poucet social-démocrate a surtout dû reconnaître auprès du journal Bild être toujours détenteur d’actions de Goldman Sachs, ainsi que de participations « significatives » dans diverses fintech. L’opinion reste interloquée par la nomination de cet ex-coprésident de la banque américaine en Allemagne, celle-ci étant impliquée (avec d’autres) dans les montages financiers « cum-ex/cum-cum », qui auraient permis à divers investisseurs d’obtenir près de 32 milliards d’euros de remboursements indus auprès du Trésor public. Le tout, avec la complaisance... des précédents ministres des Finances entre 2001 et 2012.
Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal britannique clos fin mars a été ramené à 42,6 milliards de livres (48,7 milliards d’euros), en baisse de près de 8% par rapport à l’exercice précédent et au plus bas depuis 2006-2007, selon des données publiées hier. Ce chiffre, qui ne tient pas compte du soutien de l’Etat au secteur bancaire, est meilleur qu’attendu puisque le bureau des comptes publics avait dit en mars prévoir un déficit de 45,2 milliards de livres. Le ratio déficit budgétaire/PIB, qui frôlait les 10% en 2010 après la crise financière, a ainsi été ramené à 2,1% en 2017-2018.
Le déficit budgétaire de l’exercice fiscal britannique clos fin mars a été ramené à 42,6 milliards de livres (48,7 milliards d’euros), en baisse de près de 8% par rapport à l’exercice précédent et au plus bas depuis 2006/2007, selon des données publiées mardi. Ce chiffre, qui ne tient pas compte du soutien de l’Etat au secteur bancaire, est meilleur qu’attendu puisque le bureau des comptes publics avait dit en mars prévoir un déficit de 45,2 milliards de livres. Le ratio déficit budgétaire/PIB, qui frôlait les 10% en 2010 après la crise financière, a ainsi été ramené à 2,1% en 2017/2018.
Eurostat a confirmé hier le chiffre de déficit public français de 2,6% du PIB en 2017, publié précédemment par l’Insee, qui permet à la France de revenir dans les clous européens. Mais Eurostat a émis deux réserves sur les comptes publics français. La première porte sur la recapitalisation d’Areva, devenu Orano, pour «2,5 milliards d’euros (0,1% du PIB) en 2017». Selon l’office européen des statistiques, ces apports doivent être considérés comme «ayant un impact sur le déficit public». La seconde réserve concerne «la classification sectorielle de l’Agence française de développement», dont Eurostat considère qu’elle «doit être classée au sein des administrations publiques», ce qui «devrait entraîner une hausse de la dette publique».