Les banques doivent diversifier leurs actifs obligataires pour éviter une trop forte exposition aux pays en difficulté, mais elles ne pourront pas totalement se prémunir des risques pesant sur les dettes d’Etat, selon une étude. «Les banques devraient diversifier la composition des pays dans leurs portefeuilles de dettes souveraines pour limiter une surexposition aux dettes de leur pays d’origine», ont estimé dans une étude des économistes de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui a son siège à Bâle. Le danger est particulièrement élevé pour les banques de pays qui sont eux-mêmes en difficultés budgétaires, car un abaissement de la notation d’un pays augmente le coût de financement pour ces banques et détériore leur accès au marché. Des banques grecques, irlandaises et portugaises ont ainsi vu augmenter «à des niveaux extrêmement élevés» les coûts pour les contrats de couverture contre le défaut de paiement (CDS, Credit Default Swap) et certaines ont même vu leurs actifs de clientèle diminuer, devenant du coup plus dépendantes des liquidités fournies par les banques centrales, selon l'étude. Les obligations ont longtemps été perçues comme un placement plus sûr que les actions, même si les rendements sur les titres de dette d’Etats sont généralement plus faibles. Mais avec la crise des dette publiques dans la zone euro et aux Etats-Unis, les obligations souveraines sont devenues un danger pour les établissements financiers. Selon les statistiques de la BRI, les banques françaises détenaient ainsi fin mars une exposition de 146,1 milliards de dollars à la dette espagnole, dont 32,6 milliards du secteur public. Les établissements allemands sont également fortement exposés à la dette ibérique, avec une exposition totale de 177,9 milliards de dollars à la fin du premier trimestre, dont 29,4 milliards du secteur public espagnol. Les banques britanniques sont quant à elles particulièrement exposées à la dette irlandaise avec 136,6 milliards de dollars, dont seulement 4,6 milliards est issue du secteur public. Si l’exposition au secteur public paraît faible comparée au total de l’exposition, une faillite éventuelle d’un Etat aurait des répercussions sur l’ensemble d’un pays, notamment sur le secteur privé. Les banques seraient ainsi amenées à effectuer des amortissements sur les titres de dette privés. Pour les économistes de la BRI, les perspectives moroses de croissance et la hausse de l’endettement des Etats a renforcé les craintes quant aux risques que représentent les obligations d’Etat. Entre la fin 2007 et la fin 2010, les déficits budgétaires moyens dans la zone OCDE ont augmenté de 1% à 8% du produit intérieur brut (PIB) et la dette des Etats de 73% à 97% du PIB.
«Je suis très prêt à penser que les Etats-Unis ne devraient plus faire partie de Bâle», a affirmé son PDG Jamie Dimon, en référence au Comité de Bâle sur la supervision bancaire, l’organisme qui a défini le nouveau cadre réglementaire dit de Bâle III qui va s’appliquer aux banques à partir de 2013. «Je n’aurais pas accepté des règles qui sont ouvertement anti-américaines», a ajouté M. Dimon dans cet entretien publié par le Financial Times. «Nos régulateurs devraient aller là-bas et dire: ce n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis et nous n’allons pas les appliquer», a-t-il lancé. Les Etats-Unis sont pourtant signataires des accords de Bâle III, destinés à renforcer la solidité des banques et prévenir de nouvelles crises. Les Européens veulent croire qu’ils tiendront parole. «Tous les membres du G20 ont signé les accords de Bale III. Tous se sont engagés à les mettre en oeuvre», a rappelé lundi le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier. Il a souligné que la Commission européenne avait proposé un ensemble de mesures législatives pour appliquer ces nouvelles règles bancaires adoptées l’an dernier dans le sillage de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. «Je suis confiant que les Etats-Unis feront de même et tiendront leurs engagements internationaux», a-t-il souligné. Les ministres des Finances des pays du G7, dont les Etats-Unis font partie, ont également rappelé ce week-end leur engagement à appliquer Bâle III. Interrogés lundi par l’AFP, des porte-parole des deux plus grands régulateurs bancaires aux Etats-Unis, la Réserve fédérale et la FDIC, n’ont pas souhaité réagir aux propos de M. Dimon. Idem à Bâle où le comité éponyme s’est également refusé à tout commentaire. Il n’est «pas surprenant que certaines banques n’en veulent pas», a bien reconnu M. Barnier. Les banques américaines n’ont jamais caché leur peu d’empressement à appliquer ces nouvelles réglementations, comme elle l’avaient d’ailleurs déjà fait après l’adoption du cadre réglementaire actuel (Bâle II). «Les Américains édictent et écrivent toujours seuls les règles, et les Européens les appliquent toujours seuls et de manière volontaire», a-t-on ainsi jugé lundi de source bancaire européenne. «Mais il ne faut pas avoir la mémoire courte. Ce n’est pas un excès de capitalisation et de régulation qui a provoqué la crise dont nous souffrons encore mais bien le contraire», a souligné M. Barnier. Les régulateurs internationaux ont décidé il y a un an de relever le ratio des fonds propres «durs» (capital social et bénéfices mis en réserves) des banques à 7% de capital rapporté aux actifs pondérés des risques, afin de renforcer la solidité des banques face à de futures crises. Un deuxième coussin de sécurité, dit Tier 2, de 3,5% viendrait gonfler le ratio total minimal des fonds propres à 10,5%. Une surtaxe supplémentaire doit aussi s’appliquer aux grandes banques -comme JPMorgan Chase- dont la faillite aurait un impact sur l’ensemble de la finance mondiale.
La banque BNP Paribas affirme disposer d’un excédent de liquidités en dollars à court terme et n’avoir pas observé de détérioration de ses conditions d’accès à la liquidité à court terme en euros, selon un document publié mercredi sur son site. «Nous avons un excédent de liquidités à court terme en dollars que la banque est obligée de déposer à la Fed» (Réserve fédérale américaine), indique BNP Paribas dans la note. «Malgré le niveau moindre de financement disponible auprès des fonds monétaires américains pour les banques européennes, BNP Paribas a été en mesure de recourir à un large éventail de sources de financement», assure l'établissement français. Grands pourvoyeurs de liquidités à court terme en dollars pour les banques européennes, les fonds monétaires américains, qui pèsent plusieurs milliers de milliards de dollars de dépôts, ont décidé de réduire sensiblement leur exposition à ces établissements, alertés par la crise de la dette des Etats européens. Parmi les autres sources de financement en dollars, BNP Paribas mentionne les banques centrales, les entreprises, les organisations internationales, les investisseurs institutionnels et les clients fortunés. Outre les Etats-Unis, où ces fonds n’ont fait que réduire leur exposition, la banque a pu compter sur les ressources en dollars de fonds monétaires européens, asiatiques et de la région du Golfe, ajoute BNP Paribas. En sus, elle a acquis des produits qui permettent l'échange de liquidités d’une devise à une autre (swaps), «pour maintenir un accès aux fonds en dollars américains». Concernant la liquidité en euros, la banque française affirme avoir accès «à un financement substantiel issu d’un large éventail de sources». «Les conditions (de financement) et les maturités n’ont pas changé de manière significative ces dernières semaines» pour BNP Paribas, qui assure qu’»il n’y a pas eu d’insuffisance de ressources ou de changement de contreparties (prêteurs)».
L’agence relève que, depuis la crise financière de 2008, les banques européennes ont amélioré leurs niveaux de fonds propres et de liquidité, mais que ces deux paramètres «restent une faiblesse pour l’industrie dans son ensemble face au ralentissement de l'économie européenne et à des marchés monétaires réticents à la prise de risque». «Les intervenants de marché se demandent si ce renforcement est suffisant pour couvrir les pertes potentielles liées à des dépréciations d’obligations d’Etat et à des impayés sur crédit en augmentation dans le cas d’un scénario de récession», analyse Standard and Poor’s. Néanmoins, le contexte de marché difficile ne devrait pas leur permettre d’agir sur leurs fonds propres à court terme et les établissements devraient donc se concentrer sur la réduction de la taille de leur bilan, l’autre paramètre pris en compte dans le calcul des ratios de fonds propres, fait valoir S&P. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a réitéré lundi ses propos, formulés initialement fin août, selon lesquels il était «nécessaire de recapitaliser les banques européennes afin qu’elles soient assez fortes pour résister aux risques liés à la crise de la dette et à la faible croissance». Ces commentaires ont déclenché plusieurs réactions indignées en Europe parmi les patrons de banque et les banquiers centraux.
Philippe Doucet, maire (PS) d’Argenteuil (Val d’Oise) dont les emprunts toxiques représentaient 96% de sa dette en 2009, a appelé mardi le gouvernement à se saisir de la question. «Je suis inquiet pour les petites et moyennes communes qui ne peuvent pas avoir des spécialistes de la dette, ce sont des villes démunies face au problème, il faut que le gouvernement se saisisse de la question», a déclaré M. Doucet, joint par l’AFP. Cette situation est de «la responsabilité des élus qui ont signé et voulu faire de la cavalerie des financière et de la responsabilité des banques qui n’ont pas fait leur obligation de conseil», a ajouté l'élu, qui estime que «le gouvernement doit mettre tout le monde autour de la table car l’Etat a laissé faire». Le maire d’Argenteuil n’entend pourtant pas engager de poursuite judiciaire à l’encontre de la banque Dexia avec laquelle la ville a contracté des emprunts toxiques et préfère être «dans une logique de l’intérêt général en travaillant avec l’Etat et en faisant du lobby». Aujourd’hui, les emprunts toxiques ne représentent plus «que 79%» de la dette de la municipalité d’Argenteuil, selon M. Doucet, qui dit avoir pris des «mesures radicales extrêmement fortes» -des augmentations d’impôts- pour faire face à cette situation héritée de ses prédécesseurs.
L’Institut de la finance internationale (IIF), qui regroupe des banques d’environ 70 pays, a indiqué mardi qu’il estimait le coût des réformes de la régulation bancaire, dont les normes dites de Bâle III, à 3,2% de leur produit intérieur brut d’ici à 2015. «Le champ et la magnitude des réformes de la régulation auxquelles est confronté le secteur bancaire est très important, affectant la plupart des aspects de son comportement», a affirmé l’IIF dans un rapport. «Nous estimons que le niveau du PIB réel au bout d’une période de cinq ans sera environ 3,2% plus faible qu’il n’aurait été autrement», a poursuivi l’Institut. «Cette trajectoire plus basse pour l’activité pèsera sur celle de l’emploi. Dans notre estimation centrale, le total des emplois au bout de cinq ans sera inférieur d’environ 7,5 millions», a ajouté l’IIF. Ces estimations concernent les Etats-Unis, la zone euro, le Japon, le Royaume-Uni et la Suisse, sur la période 2011-2015. L’IIF a précisé qu’il soutenait l’application de ces normes, mais qu’il en critiquait certains aspects comme le rôle trop important confié à la dette publique dans le renforcement du bilan des banques, et qu’il déplorait que des régulateurs nationaux veuillent accélérer l’application des accords. D’après ses projections, les nouvelles règles vont obliger les banques, pour lever les capitaux nécessaires, à offrir aux investisseurs des rendements supérieurs en prêtant plus cher à leurs clients. «Si on veut que Warren Buffett investisse dans le système bancaire il faut le payer avec des rendements. Et ce principe n’est pas limité à Warren Buffett, il s’applique à toute la communauté des investisseurs boursiers», a indiqué lors d’une conférence de presse à Washington l'économiste en chef de l’IIF, Philip Suttle.
Au sens de la Décision, un investisseur est une personne physique ou morale, établie ou résidant en France ou à l'étranger. Les modalités de calcul de la position courte nette sont exposées à l’article 4 de l’Instruction AMF n° 2010-08 du 9 novembre 2010 et précisées par le point 3 de la Position AMF n° 2011-03. En particulier, il est rappelé que la position courte nette est calculée sur la base de la compensation entre les différentes positions longues et courtes détenues sur un émetteur donné, que les transactions à leur origine aient eu lieu en France ou à l'étranger, sur un marché règlementé ou non. Ainsi, doivent être prises en compte les positions portant sur des titres négociés sur un marché au comptant, y compris les fonds dont la performance réplique la performance, ou la performance inverse, d’un indice dont le panier de titres sous-jacent comporte un ou plusieurs titres visés, ainsi que les positions détenues via des contrats financiers (produits dérivés), quel que soit leur mode de négociation. Toutefois, les titres empruntés dans le cadre d’une opération de prêt/emprunts ne sont pas pris en compte pour le calcul. Enfin, nonobstant l’Instruction et la Position AMF précitées, les obligations convertibles doivent être prises en compte dans le cadre du calcul de la position courte nette pour l’application de la décision. Pour lire la suite: cliquez ici
Les banques françaises figurent parmi les établissements européens les plus mal positionnés dans la perspective de la mise en place du nouveau ratio de liquidité (LCR), en 2015, selon une étude publiée mardi par le courtier JPMorgan Cazenove. Ce ratio -»Liquidity coverage ratio» en anglais- impose aux banques de détenir des actifs immédiatement disponibles ou liquides (faciles à vendre), pour faire face à des conditions exceptionnelles qui perturberaient leur financement, notamment des retraits massifs de dépôts ou le blocage du marché interbancaire. Il s’inscrit dans le nouveau cadre réglementaire dit Bâle III. Selon JPMorgan Cazenove, il manquait, fin 2010, 173 milliards d’euros aux trois principales banques françaises cotées pour satisfaire au niveau requis par le régulateur. Ce ratio n’a pas aujourd’hui de caractère contraignant et ne sera appliqué qu'à compter de 2015. Il fera d’ici là l’objet d’une période d’observation. Dans le détail, il manquait 64 milliards d’euros à Crédit Agricole SA, 63 milliards d’euros à BNP Paribas, et 46 milliards d’euros à Société Générale. Le courtier rappelle que les chiffres attribués à Crédit Agricole SA pourraient évoluer du fait de la structure particulière du groupe, articulé autour des caisses régionales. Depuis la publication de ce ratio et de son pendant à long terme (net stable funding ratio), fin 2010, les banques européennes font valoir que ces nouvelles exigences sont de nature à bouleverser leur modèle de fonctionnement et à affecter notamment la distribution du crédit. Elles réclament notamment que l'éventail des actifs éligibles pour le calcul de ce ratio soit élargi, car il privilégie, en l'état, de manière très marquée, les dépôts, les réserves en banques centrales et les titres d’Etat. Selon JPMorgan Cazenove, l’insuffisance d’actifs liquides se montait, pour les 28 banques européennes prises en compte, à 493 milliards d’euros fin 2010. Plusieurs établissements affichaient néanmoins, à cette date, un ratio de liquidité supérieur à 100%, le minimum requis, à savoir les suisses UBS et Credit Suisse, les britanniques Standard Chartered et HSBC, l’italienne Intesa Sanpaolo et les espagnoles BBVA et Santander.
Monsieur Yves Brassart est promu directeur finance et stratégie de la Banque postale (groupe La Poste), à ce poste depuis septembre 2011. Il remplace Serge Bayard en tant que directeur de la stratégie et garde ses fonctions de directeur financier de la banque qu’il assure depuis 2006. Il est également membre du comité exécutif. Yves Brassart, 51 ans, ENSPTT, EDHEC (1981), IEP Paris, DECS, a réalisé le parcours suivant : Depuis 2006 : La Banque Postale, directeur financier et membre du comité exécutif. 2004-2006 : La Banque Postale, participe activement à la création de la banque. 2001-2003 : La Poste, directeur financier du réseau des bureaux de Poste. 1999-2003 : La Poste, directeur financier des services financiers. 1993-1999 : La Poste, directeur financier pour l’ouest de la France. 1987-1993 : La Poste, directeur marketing / commercial du courrier au siège.
La Banque Havilland Luxembourg a acquis pour un montant non divulgué Dexia Private Banking Monaco, une filiale de Dexia BIL. Cette acquisition s’intègre dans la stratégie de développement de Banque Havilland qui vise l’extension de ses activités de private banking à l’international. Avec l’acquisition de Dexia Private Banking Monaco, rebaptisée Banque Havilland (Monaco) S.A.M., l'établissement acquiert clé en main une entité opérationnelle qui occupe une dizaine de salariés. Les actifs sous gestion avoisinent les 11 millions d’euros. Banque Havilland est présente au Luxembourg depuis 2009 lorsque le groupe britannique appartenant à la famille Rowland a repris les activités de Kaupthing Luxembourg. Quant à Dexia BIL, la banque cherche depuis mars 2010 à vendre sa filiale monégasque qui a ouvert ses portes en octobre 2008, alors que la crise financière s'étendait, et n’a donc jamais vraiment pris son envol. Désormais, Dexia BIL a recentré ses activités de private banking au Luxembourg ainsi qu’en Suisse où elle possède une filiale. Au total, les deux entités luxembourgeoise et suisse gère 32 milliards d’euros d’actifs et s’inscrivent comme le maillon essentiel de ce métier au sein du groupe Dexia.
Le Comité de Bâle sur la supervision bancaire, chargé de définir les normes de solvabilité des banques internationales, réfléchit à assouplir les exigences de l’un des critères qui seront appliqués à l’avenir aux banques, affirme mardi le quotidien Financial Times. La réflexion porte sur le ratio de couverture de liquidité, qui impose aux banques de détenir suffisamment d’actifs liquides (faciles à vendre) pour couvrir leurs besoins de financement pendant 30 jours en cas de panique bancaire, précise le journal, citant des personnes proches du dossier. Cette disposition, que nombre de banques jugent très difficiles à remplir, doit s’appliquer à partir de 2015, mais le régulateur a mis en place une phase d’observation à compter de cette année. L’ensemble de ces nouvelles règles de solvabilité appliquées aux banques est connu sous le nom de «Bâle III». La mesure la plus importante consiste à imposer aux établissement un niveau de fonds propres «durs» (capital social et bénéfices mis en réserves) représentant 7% de leurs engagements, contre 2% jusqu’ici.
Les dépôts au jour le jour des banques de la zone euro auprès de la Banque centrale européenne ont atteint un nouveau record pour 2011 vendredi, selon des statistiques publiées lundi, signe de la méfiance des banques à se prêter entre elles. Les banques ont parqué 151 milliards d’euros de liquidités auprès de la BCE pour 24 heures, alors que les craintes sur la crise de la dette connaissent un regain. Lundi 8 août ces dépôts avaient atteint 145,2 milliards d’euros, précédent record, avant de retomber. Le niveau des dépôts quotidiens auprès de la BCE est une bonne mesure de la propension courante des banques à se prêter entre elles. La BCE rémunère ces dépôts à hauteur de 0,75%, soit à un niveau plus faible que les taux du marché du prêt interbancaire. Les prêts d’urgence de la BCE sur 24 heures se sont quant à eux élevés à 14 millions d’euros vendredi, un niveau faible.
Le président de la Fédération bancaire française (FBF), François Pérol, reconnaît l’existence de tensions sur le refinancement des banques françaises pour leurs opérations en dollars, déjà relevées dans une récente analyse de l’agence de notation Moody’s Investors Service. Dans un entretien au quotidien Les Echos daté de lundi, M. Pérol relève que, si «la liquidité en euros ne pose pas de problème», «le refinancement en dollars est plus tendu». L’agence Moody’s avait déjà affirmé jeudi que les banques françaises, en raison de leur dimension internationale et donc de leur besoin de financement en dollars, étaient plus susceptibles d'être affectées par des problèmes de financement que les autres banques européennes. Les inquiétudes liées à la question des dettes souveraines en zone euro ont notamment conduit ces derniers mois les fonds monétaires américains à réduire leur exposition aux banques européennes, selon Moody’s. Or, à la différence des systèmes bancaires qui sont financés principalement par les dépôts et sont donc en conséquence moins affectés par ces développements ??? ce qui est le cas du système italien -, certaines banques françaises ont des besoins très vastes de financement en dollars, avait-t-elle expliqué.
La mise en concurrence a permis d’abaisser la facture globale d’environ un tiers, grâce notamment à la réduction significative de certains coûts fixes tels que les frais de dossiers et de tenue de compte. L’attention a également été portée sur la rémunération des dépôts, qui constitue un enjeu majeur pour un groupe dont les entités françaises sont structurellement créditrices. Alors que la rémunération des dépôts faisait jusque-là l’objet d’un calcul intégrant l’eonia, la nouvelle banque propose une formule indexée sur l’euribor 1 mois, laissant ainsi l’opportunité à la trésorerie centrale d’opérer un arbitrage pour optimiser le rendement de ses liquidités. Dans le même temps, la banque de flux historique a amélioré ses conditions de rémunération des dépôts. Désormais, le groupe travaille au déploiement d’un cash pool européen avec l’objectif de concentrer sur un même compte les liquidités des entités situées dans onze pays. Un appel d’offres dédié aux comptes libellés en livres sterling, en dollars, en dollars canadiens, en pesos et en francs suisses a également été finalisé. Enfin, le groupe s’est mis en quête d’un partenaire bancaire pour accompagner ses activités dans les pays nordiques de telle sorte qu'« en un an, tout le paysage bancaire du groupe aura été modifié sur les flux, avec l’ouverture et la clôture de plus de 200 comptes », conclut Xavier Hourseau. Source: Bfinance
Les banques françaises, en raison de leur dimension internationale et donc de leur besoin de financement en dollars, sont plus susceptibles d'être affectées par des problèmes de financement que les autres banques européennes, estime jeudi l’agence de notation Moody’s. «Les perturbations sur les marchés ces dernières semaines ont affecté toutes les banques, mais plus sévèrement les banques françaises», écrit l’agence dans sa dernière étude sur les banques européennes, faisant allusion aux rumeurs de faillite qui ont notamment affecté la Société Générale. Ces rumeurs ont prospéré sur fond de craintes concernant leur exposition à la dette souveraine des pays européens dans leur ensemble, et pas seulement à la dette grecque, estime l’agence. Ces inquiétudes, poursuit-elle, ont conduit ces derniers mois les fonds monétaires américains à réduire leur exposition aux banques européennes. Moody’s rappelle ainsi que les fonds monétaires américains sont de gros pourvoyeurs de liquidités à court terme aux banques étrangères, à hauteur de 300 milliards de dollars (207 milliards d’euros), via la souscription de papiers commerciaux (obligations à court terme). C’est là que le bât blesse pour les banques françaises. En effet, «à la différence des systèmes bancaires qui sont financés principalement par les dépôts et sont donc en conséquence moins affectés par ces développements ??? ce qui est le cas du système italien -, certaines banques françaises ont des besoins très vastes de financement en dollars. Cependant, Moody’s relève que la Banque centrale européenne a fourni la preuve de sa capacité et de sa volonté à pourvoir les banques en liquidités à la demande. En outre, le marché du financement en dollar est toujours «disponible», même si en quantité limitée dès lors que l’on dépasse l’horizon de trois mois, souligne l’agence.