Anne-Marie Jolys-Bris, directrice exécutive pôle Assurances chez BM&A, un spécialiste de l'audit et du conseil, estime que la crise liée au Covid-19 accentue la situation déjà fragile des assureurs, notamment des assureurs-vie.
Malgré la demande du régulateur européen de l'assurance, Allianz maintient sa politique de distribution avec la bénédiction de la BaFin. Axa réserve sa décision.
Thomas Buberl, le dirigeant du leader mondial de l’assurance, propose, dans un entretien au Journal du Dimanche, de créer une police d’assurance spéciale pandémie. «Axa est prêt à prendre l’initiative pour travailler avec l’État français et d’autres États européens afin de créer un régime d’assurance pandémie permettant de couvrir ces catastrophes sanitaires inspiré de celui qui existe déjà pour les catastrophes naturelles. Il pourrait appartenir à 50% à l’État et à 50% à un pool d’assureurs privés», précise-t-il. En situation de crise, «les assureurs paieraient jusqu’à deux à trois fois le montant des primes, l’État prenant le relais au-delà», poursuit-il, indiquant dans ce même entretien que «au total, Axa a décidé de mobiliser 200 millions d’euros dans plusieurs pays» face à la crise sanitaire
Axa a annoncé cet après-midi le report de son assemblée générale annuelle du 30 avril au 30 juin, « en vue de favoriser le dialogue avec les autorités européenne, française et étrangères du secteur de l’assurance ». En France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a repris à son compte ce vendredi l’appel de l’Eiopa, le régulateur européen des assureurs, à suspendre les dividendes. Pour autant, Axa ne renonce pas à ce stade à rémunérer ses actionnaires au titre de 2019. « L’ordre du jour ainsi que les projets de résolutions soumis au vote des actionnaires », sont « inchangés depuis leur publication le 20 mars 2020 », précise le communiqué du premier groupe d’assurance français.
Les cours de Bourse des assureurs chutait ce vendredi matin, après que l’Autorité européenne des assureurs (Eiopa) a exhorté les compagnies à suspendre leurs dividendes et rachats d’action en raison de la crise sanitaire. A la mi-journée, les néerlandais Aegon et NN Group perdaient respectivement 9,8% et 6,4%. Axa reculait de 4,5%, tandis que CNP Assurances abandonnait 7,2%, alors que le groupe français est l’un des rares à avoir déjà annoncé l’annulation de son dividende. Les compagnies britanniques, qui doivent aussi respecter les recommandations de l’Eiopa pendant la période de transition du Brexit, souffrent elles aussi en Bourse. Aviva et Prudential étaient en repli de 5,7% et 6,5% à mi-séance.
Le réassureur suisse Swiss Re maintient sa proposition d’un dividende de 5,90 francs au titre de 2019, en hausse de 5% sur un an, a déclaré ce vendredi un porte-parole du groupe suisse. La Finma, la régulateur financier de la Confédération helvétique, a appelé les entreprises sous sa supervision à la prudence dans leur politique de distribution de bénéfices, dans le contexte de crise sanitaire. Pour le moment sans grand succès : le banques UBS et EFG International ont elles aussi confirmé leur dividende.
L’assureur Maif va rendre un peu plus de 100 millions d’euros à ses 2,8 millions de sociétaires pour tenir compte de l’effondrement du nombre d’accidents automobiles, dans le contexte de confinement pour lutter contre le coronavirus. Cette enveloppe représente près d’une année de résultats, le groupe ayant dégagé un bénéfice net d’environ 127 millions d’euros en 2018. La majorité des salariés de la Maif sont au chômage partiel mais la société maintient les salaires à 100% sans avoir recours à l’aide d’Etat, pour un coût d’environ 15 millions d’euros.
A quelques exceptions près comme les français Coface et CNP Assurances, les compagnies européennes ont maintenu jusque-là leur politique de distribution des bénéfices.
Axa est la dernière entreprise financière européenne à dire qu’elle va rembourser certaines de ses obligations «CoCo», rassurant ainsi les investisseurs inquiets du fait que cette catégorie de créance puisse être particulièrement vulnérable pour les sociétés qui doivent conserver de l’argent. La crise économique liée à la pandémie de coronavirus a mis en lumière les obligations CoCo, qui sont les dettes les plus risquées que les banques puissent émettre. L’assureur français a indiqué mercredi qu’il rembourserait les 1,3 milliard d’euros d’obligations subordonnées émises le 16 avril 2010, tout comme l’ont déjà fait les banques ING et Swedbank ces dernières semaines.
Florence Lustman, présidente de la Fédération française de l’assurance (FFA), a défendu le rôle de l’industrie dans une tribune publiée ce jeudi sur le site de l’organisation. Alors que les banques ont été appelées à jouer les pompiers du crédit pour soutenir une économie à l’arrêt, les assureurs ont été critiqués pour leur inertie, notamment par Bruno Le Maire, le ministre de l'économie.
L’assureur niortais Maif va rendre un peu plus de 100 millions d’euros à ses sociétaires pour tenir compte de l’effondrement du nombre d’accidents automobiles, dans le contexte de confinement pour lutter contre le coronavirus. Cette enveloppe représente près d’une année de résultats, le groupe ayant dégagé un bénéfice net d’environ 127 millions d’euros en 2018.
SPVie Assurances a réalisé mercredi sa première acquisition, avec le courtier indépendant Assurances de l’Adour, un spécialiste de la vente à distance en santé individuelle. L’opération a été rendue possible en puisant dans l’enveloppe de 70 millions d’euros remise par le fonds et par des facilitées structurées provenant de Tikehau Capital. Elle permet à SPVie Assurances d’acquérir un concurrent basé à Biarritz employant plus de 150 collaborateurs, dont le chiffre d’affaires s’élève à une dizaine de millions d’euros. De son côté, SPVie Assurances a enregistré des revenus de plus de 40 millions d’euros l’année dernière.
Le gouvernement allemand a conclu un accord avec les assureurs crédit nationaux, afin d’aider ce secteur à poursuivre son activité de garantie des risques, indique Reuters mercredi. Ce plan prévoit que l’Etat fédéral apporte des garanties à hauteur de 30 milliards d’euros au secteur de l’assurance crédit, selon Reuters. En contrepartie, les assureurs crédit - qui couvrent les entreprises contre le risque de défaut de leurs clients - devraient renoncer à près des deux tiers de leurs primes, selon ces mêmes sources. Ce plan devra être soumis à l’approbation de la Commission européenne.
L’assureur Axa a indiqué mercredi qu’il procédera au rachat par anticipation d’une dette subordonnée de 1,3 milliard d’euros. La date de rachat (call) est fixée au 16 avril, et le groupe devait informer le marché de ses intentions avec 15 jours de préavis. Emis en 2010 et de maturité 2040, les titres portent un coupon fixe de 5,25% qui devenait variable après le 16 avril. «L’annonce d’Axa de ce jour est rassurante, car elle confirme que la liquidité du groupe n’a pas diminué», apprécient les analystes de Jefferies.
L’assureur Axa a indiqué mercredi qu’il procédera au rachat par anticipation d’une dette subordonnée de 1,3 milliard d’euros. La date de rachat (call) est fixée au 16 avril, et le groupe devait informer le marché de ses intentions avec 15 jours de préavis. Emis en 2010 et de maturité 2040, les titres portent un coupon fixe de 5,25% qui devenait variable après le 16 avril.
Le gouvernement allemand a conclu un accord avec les assureurs crédit nationaux, afin d’aider ce secteur à poursuivre son activité de garantie des risques, indique Reuters mercredi, qui cite des sources au fait des discussions. L'économie mondiale subit de plein fouet le choc de la pandémie de coronavirus.