La crise économique et financière semble avoir modifié profondément l’attitude et les pratiques des investisseurs : telle est la principale conclusion de l’enquête EIAMS 2009 (1) publiée par Invesco. Outre une rotation importante de l’allocation d’actifs en faveur des produits de taux et des produits de trésorerie au détriment des actions, l’enquête montre que les investisseurs sont de plus en plus attentifs à l’horizon de placement, puisqu’ils doivent maintenant redresser la valeur de leurs portefeuilles après les récents bouleversements des marchés.« Les investisseurs ont perdu beaucoup d’illusions sur les mérites des différentes classes d’actifs, et demeurent toujours confrontés à la difficulté de construire des portefeuilles sur la base des performances attendues et de la diversification des risques. Ils ont désormais beaucoup moins de certitudes quant au rôle que peuvent jouer aujourd’hui les différentes catégories d’actifs en matière de performance», souligne Yves Van Langenhove, Directeur commercial institutionnel pour le Benelux et la région nordique chez Invesco.Combinée à l’impact mécanique de la baisse de la valorisation des actifs actions sous l’effet de la chute des marchés (l’indice MSCI Europe a reculé de 43% en 2008), la recherche de sécurité par les investisseurs a affecté les parts relatives des différentes classes d’actifs. La part des actions au sein des portefeuilles est passée à 25 %, contre 32 % un an plus tôt. La proportion des investissements obligataires a gagné 3 points de pourcentage à 54 %. Les produits de trésorerie sont les grands gagnants : ils représentent désormais 10 % des actifs en portefeuille, contre 6 % l’année précédente. 14 % des investisseurs sondés prévoient de continuer à renforcer leur allocation en produits de trésorerie et seuls 5 % envisagent d’alléger leurs positions en portefeuille. On note également le succès croissant des obligations d’entreprises, qui représentent aujourd’hui 18 % de l’ensemble des actifs contre 12,9 % dans l’enquête EIAMS 2008, ainsi qu’un biais prononcé en faveur de l’Europe au sein de l’allocation d’actifs. Ainsi, en moyenne, 81% des actifs sont investis en Europe contre 8,7% aux Etats-Unis et 2,2% en Asie.Pour l’avenir, les investisseurs qui prévoient d’accroître leur allocation en actions sont aussi nombreux que ceux qui prévoient de la réduire, ce qui laisse suggérer un optimisme prudent quant à la possibilité d’une issue à la crise. Toutefois, dans l’ensemble, les investisseurs interrogés considèrent les produits de taux comme la plus importante source de performance absolue, suivie par l’immobilier.(1) Il s’agit de la 9ème enquête européenne sur la gestion des réserves des investisseurs institutionnels, conduite en collaboration avec Investment & Pensions Europe (IPE) entre décembre 2008 et avril 2009. L’enquête EIAMS 2009 repose sur l’analyse de réponses de 117 investisseurs issus de 24 pays (France, Allemagne, Benelux, Grande-Bretagne, Irlande, Suisse, Italie…) représentant près de 477 milliards d’euros. Elle a bénéficié du soutien renouvelé de l’AFG, de NYSE Euronext et de l’association allemande BVI.