La crise financière a bouleversé l’approche de beaucoup d’investisseurs. Les sociétés de gestion ont été contraintes de s’adapter à de nouvelles exigences tournant bien souvent autour de la sécurité des placements. «Avant la crise, 90% des questions de la clientèle touchaient à la performance, ce pourcentage est tombé autour de 30% et 70% des questions concernent désormais la maison, notre solidité financière, les équipes», a indiqué Hervé Thiard, directeur général de Pictet & Cie Paris, à l’occasion d’un petit-déjeuner organisé par bfinance. Même constat du côté de RCM. «Nous avons dû faire de l’analyse de portefeuille, parfois ligne par ligne, notamment en Allemagne», relève Roger Myners, managing director chez RCM. Erick Muller, directeur des investissements chez Fidelity remarque pour sa part qu’il a fallu revoir la politique de communication maison dans le sens de davantage de transparence. «Nous avons constitué une task force chargé du reporting des fonds, si besoin en temps réel», a expliqué Erick Muller. L’environnement est-il désormais favorable à un retour sur les actions ? Erick Muller ne dit pas non. Tout en relevant que beaucoup dépend de l’appétit au risque des investisseurs, le directeur des investissements de Fidelity relève dans cette perspective qu’une gestion active est plus performante qu’une gestion passive, d’environ quatre points par rapport aux indices de référence depuis le début de l’année, et que la diversification des risques reste une loi de l’optimisation de portefeuille. Mais Erick Muller estime aussi que dans le marché actuel, l’alternative du high yield peut être aussi très intéressante, notamment parce que la corrélation entre le high yield et les actions est souvent positive. Chez RCM, qui plus que jamais privilégie une approche fondamentale de sélection de titres, on est revenu à une position de neutralité sur les actions alors que Pictet indique être passé récemment à une exposition de 35% sur les actions (contre 25% puis 30% au cours des tout derniers mois), avec une préférence pour les pays émergents, notamment l’Asie. Sur le chapitre toujours très chahuté de l’inflation, Hervé Thiard estime qu’il s’agit là d’un mal nécessaire alors que Erick Muller considère que ce risque doit être couvert par des linkers, c’est-à-dire des obligations indexées sur l’inflation…