La crise financière est passée par là. Sur les neuf premiers mois de l’année, les quinze fonds les plus vendus en Europe ne comptent qu’un fonds actions, mais quatre fonds multi-classes d’actifs et dix fonds obligataires, remarquait récemment à Londres Gavin Ralston, responsable mondial produits chez Schroders. Une tendance qui, de son point de vue, n’est pas près de s’estomper, en raison de l’aversion toujours marquée des investisseurs pour les actifs risqués. Malgré l’amélioration des marchés, les investisseurs boudent les actions. Autre évolution caractéristique qui marque bien la perte d’appétit pour le risque : ce ne sont plus les fonds nouveaux qui tirent la collecte mais les produits qui peuvent faire valoir un historique de performance de plusieurs années. Sur les 50 fonds qui en Europe ont drainé cette année la plus forte collecte nette, 78% ont plus de cinq ans d’âge. La proportion de ces fonds était de seulement 32% en 2006. La crise financière a bien évidemment contribué à cette évolution, avec la fin des certitudes sur les allocations stratégiques ou encore l’extrême corrélation des marchés en période de stress. Mais il faut aussi compter avec les mouvements structurels plus profonds qui, selon Virginie Maisonneuve, Head of Global and International Equities chez Schroders, « vont façonner le paysage des prochaines années », à savoir le changement climatique, la démographie et le « super cycle » de la montée en puissance des marchés émergents. Ces tendances de long terme, conjuguées aux traumatismes issus de la crise, donnent désormais l’avantage aux stratégies de performance absolue et de total return, et aussi aux stratégies muti-classes d’actifs et globales, au détriment des actions. « Ce pourrait être la vague de fond des prochaines années », estime Gavin Ralston. Schroders, qui compte déjà une large gamme de solutions répondant aux exigences de l’heure, entre autres le Schroder ISF Emerging Markets Debt Absolute Return qui a enregistré une collecte nette de 2,17 milliards de livres sur les neuf premiers mois de l’année, développe et réfléchit à de nouveaux produits. A l’instar du fonds devises lancé à l’automne dernier, le Schroder ISF Global Managed Currency, exposé à 44 devises européennes, asiatiques et des Amériques, qui vise un rendement de 5%. Une performance équivalente à celle d’un fonds obligataire alors que malgré des crises fréquentes, « la volatilité à long terme des devises est moindre que celle de beaucoup de classes d’actifs », souligne le lead manager du fonds, Clive Dennis. Dans les prochaines semaines, Schroders devrait lancer un fonds dédié aux marchés frontières. Au programme de 2011 figurent notamment un fonds de fixed income qui devrait combiner du high yield, de la dette corporate et de la dette émergente, ainsi qu’une stratégie multi-classe d’actifs sur 20 ans, qui comprendrait une accumulation du capital pendant la première décennie…