Avec la forte hausse des prix des denrées alimentaires, de l’énergie et des produits de base, l’inflation est une source de préoccupations pour les investisseurs institutionnels français et fait aujourd’hui partie de leurs anticipations. C’est ce qui ressort d’une récente enquête menée par Aberdeen en collaboration avec Image & Finance. Menée auprès de 40 grands investisseurs de long terme, représentant 541 milliards d’euros, soit 30 % des actifs gérés à long terme par les institutions et grandes entreprises en France, l’enquête a été menée aux mois de mai et juin 2011. Au moment de la conduite du sondage, 70 % des répondants s’attendaient à un retour de l’inflation au sein de la zone euro à un horizon d’un an. Excluant un scénario de retour structurel d’inflation (hors matérialisation d’un scénario « catastrophe » de type implosion de la zone euro), le scénario inflationniste anticipé par les investisseurs se traduit, au niveau des anticipations de taux d’intérêt à court et long terme, par une hausse progressive des taux.En matière de gestion financière, une résurgence de l’inflation aurait des conséquences notables pour 84 % des investisseurs de long terme sondés par Aberdeen.Une telle situation les amènerait alors à réviser leurs allocations stratégiques. «Pour autant, ils ne prévoient généralement pas de modifications en matière de benchmark, celui-ci intégrant déjà, dans la plupart des cas, une composante inflation», note l’enquête. En réponse aux risques inflationnistes, les institutionnels feront en priorité évoluer la poche taux (à 97 %) et renforceront leur exposition aux actifs réels. Au sein des poches taux, le renforcement des obligations indexées à l’inflation est la solution centrale choisis par les investisseurs (90 %). Celle-ci s’accompagne d’une réduction de la duration pour 65 % des sondés et, de manière plus marginale (56 %), du recours à des instruments de couverture (taux et inflation). En parallèle, le renforcement des placements en actifs réels (l’immobilier et, dans une moindre mesure, l’or, le pétrole ou les métaux précieux) est également fréquemment évoqué par les professionnels (64 %). En revanche, les actions ne recueillent pas la faveur des investisseurs institutionnels. Selon Aberdeen AM, «on retrouve là une caractéristique du marché institutionnel français, pénalisé par des facteurs structurels et règlementaires (Solvabilité II, raccourcissement des horizons de placement des régimes de retraite ...). Seuls 33 % affirment qu’ils pourraient faire davantage appel aux actions. Parmi ceux-là, la priorité irait vers les actions jouant le «pricing power».