Le Legg Mason Royce European Smaller Companies, domicilié à Dublin, vient d’être lancé en France. Il s’agit de la version européenne d’un produit géré aux Etats-Unis par Royce & Associates, une boutique de gestion spécialiste des petites capitalisations détenue par Legg Mason. Pour le moment, le fonds, qui investit dans des titres décotés, ne représente que 3 millions d’euros mais Vincent Passa, directeur de la distribution France, Monaco et Benelux, voit bien les actifs monter à 500 millions d’euros dans les deux à trois prochaines années, avec un tiers venant de la France.David A. Nadel, qui gère le fonds privilégie les ressources naturelles (or, argent, services pétroliers, foncier, huile de palme et caoutchouc) et les sociétés exportatrices vers les marchés «créanciers» (Brésil, Turquie…). L’allocation géographique est quant à elle dictée par le choix des valeurs, le fonds étant un produit de « stock picking ». A ce titre, David A. Nadel constate qu’entre 2007 et 2009 il n’avait aucune valeur espagnole, portugaise, irlandaise en portefeuille. Interrogé par Newsmanagers sur le comportement des marchés actuels, le professionnel - également directeur de la recherche internationale de la société de gestion - a estimé que la sortie de crise la plus probable pour la zone euro est l’inflation. Pour lui, la crise en Europe est une crise de l’euro. La création d’une monnaie entre pays aussi différents en termes de productivité, d’attitude à l’égard de l’épargne, etc., lui semblait dès le départ vouée à l’échec. «Il s’agissait d’une idée plus politique et sociale qu’économique», résume-t-il. Cela étant, un démantèlement de la zone euro, avec la sortie des pays faibles ou bien forts semble peu probable. Quant à la création d’euro-obligations, ce n’est pas, toujours selon lui, une bonne idée car cela serait très coûteux pour le contribuable... Reste donc la solution de la planche à billets et de l’inflation. «C’est la taxe secrète qu’aucun homme politique n’aura besoin de faire approuver», résume t-il. A contrario, les mesures d’austérité auront du mal à passer auprès des populations.