Laurent Degioanni, directeur des investissements chez Malakoff-Médéric lors d’une table ronde organisée par l’Agefi : Chez Malakoff-Médéric, le private equity est un actif de diversification mais qui, à partir du moment où il peut être bien compris et bien géré, peut valoir le coup d'être regardé pour aller justement rechercher la prime associée à cette fameuse illiquidité dont on parle. C’est une classe d’actifs qui nous semble assez concrète et nous permet d’aller participer au financement de l'économie française. C’est aussi la façon avec laquelle il faut communiquer aujourd’hui vis-à-vis de nos différents partenaires et de l’ensemble de nos gouvernances. Le deuxième élément, c’est le développement, que l’on constate de plus en plus, d’aspects ISR et ESG dans le private equity. C’est un moyen, là aussi, de réconcilier le monde paritaire avec le private equity. Clairement, pour y investir, il faut une compétence interne. Mais il y a une contrepartie : cela peut être coûteux. Nous avons une petite équipe, mais il a fallu la constituer avec des gens qui connaissent cette classe d’actifs, ne serait-ce que pour avoir en interne quelqu’un capable de remettre en question les sociétés de gestion et les dossiers qui nous sont proposés. La deuxième chose à faire, est d'être accompagné d’une compétence externe. En ce qui concerne les freins, quand on fait de l’assurance, on est obligé d’avoir en tête nos engagements d’assurance. On a quand même besoin d’avoir une certaine performance sur nos placements. Donc le TRI va être un élément important, plus que les multiples. Concernant les frais de gestion, la classe d’actifs, c’est vrai, est chère avec un mode de rémunération difficile à comprendre. Ce n’est pas la meilleure façon de nous réconcilier, surtout quand on est issu du monde paritaire. Quand on fait du carried interest, il peut arrive qu’il y ait une divergence d’intérêts entre le gérant qui va recevoir son carried interest, et l’investisseur qui va attendre son TRI. Il nous semble qu’idéalement, si les gérants réinvestissaient régulièrement, au fur et à mesure qu’ils reçoivent le carried interest, dans les fonds dans lesquels nous sommes investis, peut être que l’intérêt du gérant serait aussi d’aller stimuler le TRI plutôt que de chercher à avoir des multiples pendant la période où vous êtes investis.