Pour les sociétés de gestion, le segment de l’épargne salariale et retraite dans les grandes entreprises peut représenter un relais de croissance appréciable. Dans l'étude (*) qu’elle vient de réaliser, la société Image & Finance spécialisée dans les prestations d’analyse et de conseil dans le domaine de la gestion d’actifs et de l’épargne financière a mis en lumière l’émergence d’un marché concurrentiel, «certes polarisé, mais dynamique et de taille conséquente». Dans ce cadre, l'étude examine les facteurs de succès pour les sociétés de gestion.Estimé à 86 milliards d’euros fin 2012 contre 66 milliards d’euros fin 2009, le marché accessible aux sociétés de gestion se présente non seulement comme significatif mais affichant une croissance de l’ordre de 9 % par an en moyenne sur les trois dernières années, note Images & Finances. Plus précisément, du fait des spécificités des dispositifs analysés, le marché concurrentiel en « architecture ouverte » accessible à tous les prestataires est estimé à 73 milliards. Dans ce cadre, il ressort de l’enquête que le marché devrait continuer à offrir de multiples opportunités. Deux raisons sont invoquées: «en premier lieu, les multinationales françaises poursuivent une stratégie de centralisation de la gestion des actifs de couverture des régimes de retraite de leurs filiales à l’international, sous l’égide de la Direction financière. Par ailleurs, cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus général de maîtrise des risques financiers. Deuxièmement, ajoute Images & Finances, au plan national, une majorité d’entreprises du panel étudié témoigne d’une prise de conscience accélérée du rôle de stabilisateur qu’elles sont appelées à jouer concernant la retraite de leurs salariés.Anticipant l’émergence d’un éventuel deuxième pilier (régimes professionnels par capitalisation), elles se disent prêtes à étendre le champ de leurs responsabilités et leur contribution financière en vue de cet objectif. Via notamment la création de nouveaux contrats « article 83 » et PERCO ou l’extension des dispositifs existants – ce qu’un tiers environ du panel étudié a indiqué. A titre de conclusion, l'étude avance, entre autres, que le segment des grands comptes devrait rester l’apanage des acteurs domestiques leaders, seuls à même de déployer une offre intégrée, que ce soit au plan administratif ou de concert avec leur compagnie d’assurance affiliée. Pour autant, est-il toutefois noté, les outsiders de ce marché pourront profiter de nouvelles perspectives. En outre, en raison d’une centralisation accrue du pilotage des actifs hors de France, la présence internationale et une taille suffisante apparaissent comme des facteurs primordiaux. Auxquels s’ajoutent la compétitivité tarifaire ainsi que la richesse et la qualité de l’offre pour les plans à contributions définies...Enfin, l’enquête indique que les prestataires de gestion sont soumis à une pression sur leurs tarifs. Dans ce cadre, indique l'étude, «une stratégie de développement offensive en matière de services pourrait contrebalancer cette érosion progressive des marges. L’accompagnement des grands comptes dans la mise en place de solutions de pooling ou de plates-formes de sélection, à l’instar de modèles internationaux aboutis, représente des gisements sous-exploités à ce jour. Une stratégie de développement offensive en matière de services pourrait contrebalancer cette érosion progressive des marges.» (*) L'étude 2013 analyse le marché de la gestion financière des actifs afférents aux dispositifs d’épargne salariale, de passifs sociaux et de retraite complémentaire (en France et à l’international) de 62 grands comptes corporate, en tant que principaux employeurs en France. Ainsi, ces entreprises emploient plus de 80% des salariés des émetteurs inclus dans les indices boursiers CAC 40 et SBF 120 hors financières