Dans un entretien accordé aux Echos, Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l’Association française de gestion financière (AFG), se déclare « inquiet du décalage qui s’accroît entre la France et le reste de l’Europe ». « Depuis 2007, les montants gérés en Europe ont augmenté de plus de 50%. En France, c’est quelques pourcent, note-t-il. Heureusement, les sociétés de gestion françaises ont des ressources pour aller chercher leur croissance à l’étranger et font preuve d’un grand dynamisme. »Le Président de l’AFG revient également sur les premiers pas du PEA PME. « Contrairement, à ce que j’ai pu lire un peu partout, je pense que le lancement de ce produit est réussi, juge Paul-Henri de La Porte du Theil. Certes, les flux de collecte dans cette nouvelle enveloppe fiscale sont faibles par rapport aux attentes – on parle de 270 millions d’euros au 1er septembre –, mais dans les fonds eux-mêmes éligibles au PEA PME, la collecte se monte à 500 millions d’euros, soit le double. Cela signifie que la pédagogie autour du financement des PME a été bonne et qu’elle a dépassé la simple enveloppe fiscale du produit. »Le président de l’association professionnelle milite d’ailleurs pour de nouvelles incitations fiscales pour accélérer l’investissement dans les PEA et PEA PME, dont la plupart ne sont pas au plafond de souscription autorisée. « Demander, comme pour les placements forêt qui ont un abattement de 75% dans le cadre de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), un abattement de 100% sur les PEA PME ne coûterait pas cher », avance Paul-Henri de La Porte du Theil. En outre, sans demander un changement radical de la fiscalité de l’épargne en France, il appelle à « plus de cohérence par rapport aux objectifs que l’on se donne de pousser l’épargne vers plus de risque et de plus de durée » et à un changement « d’état d’esprit des Français par rapport à l’investissement en actions ». « Nous sommes le seul pays en Europe où l’investissement en actions n’est pas reparti depuis le pic de la crise », observe-t-il.