Cette semaine, on s’interroge, on s’alarme, on s’inquiète… Et puis on se rassure… A moins que ce ne soit le cheminement inverse ! C’est toute la complexité d’une actualité et d’une littérature abondantes avec laquelle, en fonction de ses convictions, il est facile de se convaincre de la justesse de son analyse… quelle qu’elle soit. En pratique, dans le monde de l’asset management, les inquiétudes sur la Chine et les marchés émergents ont déprimé les investisseurs. Avec également, en ligne de mire, une hausse des taux américains par la Fed qui aura été reportée, laissant une fois encore le choix des interprétations. On sait toutefois, depuis cette semaine, qu’en l’espace d’un mois, les doutes ont été à l’origine d’une décollecte de 46 milliards de dollars sur les fonds actions. Il faut dire que même l’Esma, le régulateur européen, est entré dans l’arène pour voir rouge sur les marchés du Vieux Continent. Mais en fait de corrida et de taureau, - symbole de marchés haussiers -, le monde pourrait découvrir un ours, a prévenu l’autorité...Heureusement, quelques-uns font entendre une musique plus douce. Telle la société de gestion CPR AM qui, à l’occasion de l’exposition de ses perspectives macro, a estimé que la situation économique de la Chine ne devrait pas provoquer de panique. Démonstration à l’appui. On veut y croire. Pourtant, la méfiance grandit. Y compris vis-à-vis de produits à succès: les ETF. En août, la chute des places financières a effectivement révélé sur ces produits des problèmes sur lesquels des sociétés de gestion comme BlackRock planchent. Il est question des fortes décotes à la négociation des trackers. Suffisamment gênant pour qu’à mesure que le marché se développe, les investisseurs souhaitent avoir une meilleure compréhension de ces produits, et recherchent formation et informations. Tomber dans la sinistrose et le doute serait cependant dangereux pour l’industrie de la gestion d’actifs. Les gestionnaires américains, selon une étude de Cerulli, ne s’en laissent d’ailleurs pas conter. Ils se sont adaptés aux souhaits des institutionnels pour concevoir des stratégies d’investissement novatrices. De son côté, la société d’investissement Ardian a apporté sa pierre à l’édifice. A sa façon. Elle a annoncé cette semaine avoir levé pas moins de deux milliards d’euros pour les sociétés européennes, via sa troisième génération de fonds dédiée à son activité de dette privée. Et puis, il semble qu’il existe encore de vrais eldorados dans le monde pour les asset managers. Comme pour boucler la boucle, la région Asie/Pacifique qui préoccupe tant se présente aussi comme le premier marché pour la gestion de fortune. D’autant que les particuliers fortunés asiatiques affichent des besoins offrant de nouvelles opportunités. Finalement, pour les gestionnaires d’actifs, l’économie, c’est assez simple. Côté Atlantique, on regarde les signaux. Et côté Pacifique, les capitaux…