Il ne s’agit pas de Clinton ni de Bush, même si l’un se prénomme Bill et l’autre George. Mais comme on peut se douter qu’entre Démocrates et Républicains américains le courant ne passe pas sur tous les sujets, on peut penser qu’il en va de même désormais entre Bill Gross et George Soros. Car à l’évidence quelque chose s’est cassé entre les deux hommes. Cette semaine, le financier qui avait investi 500 millions de dollars pour soutenir l’ex gérant star de Pimco passé chez Janus Capital, a repris sa mise. L’amitié, la sympathie voire l’admiration a visiblement ses limites quand elle conduit à perdre de l’argent… Ce que le fonds de Bill Gross a fait l’an passé…De l’argent cette semaine, il en a été question justement. Car plusieurs sociétés de gestion « majors » ont encore publié leurs résultats financiers. Retenons ceux de deux Français : Natixis et la SocGen. Tous deux ont connu des fortunes diverses si l’on peut s’exprimer ainsi. Dans le domaine de la gestion d’actifs et de la banque privée, le premier peut être satisfait. Pas le second. UBS, un autre géant de l’asset management a également fait ses comptes. Solides en l’occurrence. Rien n’est pourtant inscrit dans le marbre. Même les plus grands établissements peuvent voir leur étoile pâlir dans les classements si l’on en croit une étude Towers Watson. Allianz, BNP Paribas et Franklin par exemple perdent du terrain dans le classement des principales sociétés de gestion en termes d’encours gérés. Et à ce titre, certains peuvent connaître des lendemains très douloureux. Tel Standard Chartered. Après des résultats trimestriels décevants, tout est passé désormais à la paille de fer. L’établissement va supprimer 15.000 emplois et lever 5,1 milliards de dollars. De son côté, Amundi a publié ses résultats trimestriels la semaine dernière. Pour autant, le champion français a encore fait l’actualité ces derniers jours. En lumière, il a été question de l’autre événement de la maison : son introduction en Bourse. La filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole a dévoilé des informations pratiques essentielles comme la fourchette de prix de son offre ou le nombre d’actions existantes. Et même l’arrivée au capital d’un acteur chinois… Moins exposées mais pas moins ambitieux, d’autres sociétés de gestion ont mis en avant ces derniers jours les fruits de leur travail. La Française par exemple, a fait part de la poursuite de son maillage en Europe via des accords avec des investisseurs locaux. C’est en Suisse que le groupe s’est associé dans la distribution de fonds. Avec Gonet&Cie, banquiers privés. Mais l’établissement voit loin, au-delà des cimes helvètes en tout cas puisqu’il compte développer une offre adaptée aux besoins des investisseurs institutionnels du Moyen-Orient, en s’appuyant notamment sur la présence de Gonet&Cie à Abu Dhabi… Outre Atlantique, BlackRock a opté pour la stratégie « classique » qui consiste à privilégier le volume quand la valeur s’est sensiblement réduite. La première société de gestion au monde vient ainsi d’annoncer le rachat de l’activité de fonds monétaires à Bank of America. La plateforme de gestion monétaire de BlackRock affichera environ 370 millions de dollars d’encours sous gestion et donne à l’établissement une force de frappe permettant de gagner de nouveaux clients.Puisqu’il est question d’activité, le monde de l’asset management aura appris avec satisfaction cette semaine que les fonds souverains vont faire appel aux gérants externes. Une information chasse l’autre avec bonheur puisque la semaine précédente, la gestion d’actifs s’inquiétait du rôle moindre des fonds souverains. Cela étant, l’étude de Cerulli à l’origine de cette nouvelle précise que ce sont uniquement les nouveaux fonds qui sont demandeurs.Dans un autre genre, ce n’est pas la première fois et sûrement pas la dernière que le vert est de mise dans l’actualité. Entendons, le développement durable, l’investissement socialement responsable et le bas carbone. De fait, créée au printemps 2007 sous l’impulsion de l’Association Française de la Gestion Financière, la chaire de recherche «Finance Durable et Investissement Responsable» (FDIR) a vu ses activités reconduites cette semaine jusqu'à la fin 2018. Quant à Mirova, la société de gestion dédiée à l’investissement responsable et filiale de Natixis Asset Management, elle entend aussi mobiliser les investisseurs pour une économie bas carbone. En attendant qu’elle y parvienne, les investisseurs persistent et signent dans leurs convictions. Comme c’est le cas depuis plusieurs semaines, ils ont encore montré de l’appétit pour les actifs risqués ces derniers jours. A ce titre, certains de ces investisseurs auront, on peut le supposer, investi non sans s’être entourés au préalable des meilleurs avis de leurs conseillers financiers. Alors que d’autres se seront contentés des services des sociétés de conseil robotisés. Le nombre de ces utilisateurs est en progression. « Portefeuilles à faibles coûts, tickets d’entrée minimes, gestion indicielle à la mode », recense une nouvelle étude de Cerulli pour expliquer le phénomène du conseil numérique, et estimer son « poids » à 490 milliards de dollars dans cinq ans. C’est effectivement très probable. Car les sociétés qui s’adressent directement aux particuliers ajoutent désormais des solutions de conseil numérique, tandis que les conseillers numériques font appel à des représentants pour soutenir leur conseil en ligne. Associer conseils en ligne, frais minorés et soutien humain… Qui s’en plaindrait ? On pourrait même nouer des relations amicales avec les conseillers, même si, dans le monde de la finance, l’exercice est parfois délicat. Demandez à Bill et George…