A moins d’un mois du prochain sommet du G20, le Comité de Bâle a publié le 27 août un ensemble de lignes directrices destinées à soutenir, et peut-être aussi à encadrer, les travaux de l’IASB concernant le provisionnement, l'évaluation de la juste valeur et les problèmes afférents. Ces principes devraient aider le concepteur des normes comptables internationales à mettre en place un nouveau référentiel sur les instruments financiers, destiné à remplacer la très controversée norme IAS 39, afin d’améliorer l’utilité et la pertinence du reporting financier pour l’ensemble des parties prenantes, y compris les régulateurs prudentiels, souligne le Comité de Bâle dans un communiqué. Les banquiers centraux ajoutent que ces principes devraient aussi faciliter le traitement de problématiques plus larges concernant la procyclicité et le risque systémique. En juillet dernier, l’IASB a publié, pour commentaire jusqu'à la mi-septembre, un exposé-sondage sur le classement et l'évaluation des instruments financiers. Ces principes, qui tirent les conséquences de la crise financière et qui répondent aux recommandations formulées à l’occasion du sommet du G20 d’avril dernier, devraient refléter notamment la nécessité d’une prise en compte rapide des pertes sur prêts pour constituer des provisions conséquentes, admettre que la fair value n’est plus appropriée dans un contexte de marchés disloqués ou illiquides, autoriser dans certaines cisconstances très spécifiques les reclassements de la catégorie en fair value vers le coût amorti et promouvoir la même réglementation pour tous. Et, n’en déplaise aux partisans de la «fair value», le communiqué du Comité de Bâle souligne que la nouvelle approche des instruments financiers «ne devrait pas déboucher sur une expansion de la comptabilité en juste valeur», entre autres pour les établissements impliqués dans des activités d’intermédiation. Les instruments de crédit, notamment les prêts, ne devraient pas se retrouver dans la catégorie comptabilisée en fair value, relève le communiqué.Le président du Comité de Bâle, Nout Welling, souligne en outre que l’une des leçons de la crise est que «toute règlementation comptable nouvelle doit être articulée avec des pratiques appropriées en matière de gestion des risques et promouvoir la transparence afin d’aider, les superviseurs, les banques, les investisseurs et les autres parties prenantes à atteindre leurs objectifs respectifs». C’est dire aussi que les objectifs de la comptabilité internationale, transparence, lisibilité, comparabilité des états financiers, n’ont pas encore été atteints. D’ailleurs, le Comité de Bâle indique dans son communiqué que la nécessité de produire de l’information transparente et comparable va entraîner une révision de l’IFRS 7 (Instruments financiers : informations à fournir). L’IASB a effectivement inscrit cette révision à son menu de rentrée. Elle fait partie des propositions contenues dans l’exposé-sondagé évoqué plus haut...