L’accès et la représentation des femmes dans les organes de gouvernance d’entreprise n’est toujours pas une chose facile (voir article : Les femmes doivent être mieux représentées au sein des conseils d’administration). C’est le constat fait par l’Institut Français des Administrateurs (IFA), L’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) et l’European Professional Women’s Network-Paris dans une récente étude, qui se veut un état des lieux et une réflexion sur les différentes initiatives règlementaires. Premier constat, si aux Etats-Unis les 500 plus grosses entreprises ne comptent en moyenne que 15 % de femmes au conseil d’administration, la situation est encore moins rose dans l’Union Européenne, où elles ne sont que 11 %. C’est en Scandinavie où l’on trouve les entreprises les plus accueillantes pour les femmes, avec la Norvège en tête (41 %). La Suède et la Finlande comptent respectivement 27 % et 20 % d’administratrices. La France se retrouve un peu en-dessous de la moyenne européenne, avec 9 % de femmes dans les CA des grandes entreprises cotées. Dans le cadre du CAC 40, l'étude révèle que quatre sociétés se distinguent par un taux de féminisation supérieur de 20 % de ses CA. Il s’agit de BNP Paribas (28,5 %), Michelin (25 %), L’Oréal (21,4 %) et Pernod Ricard (21,4 %). En revanche, cinq entreprises de l’indice ne comptent aucune femme au conseil d’administration : Cap Gemini, EADS, STMicroelectronics, Vallourec et Véolia Environnement. Comment expliquer que les femmes demeurent minoritaires dans les postes à responsabilité ? Selon L’IFA, L’ORSE et EuropeanPWN-Paris, dans le cas particulier de la France, l’ouverture tardive des grandes écoles aux femmes a mené vers une situation de retard «mécanique» dans leur représentation dans les conseils d’administration. L'étude rappelle également les conclusions de nombreuses enquêtes, qui ont mis l’accent sur les difficultés d’accès liées à des barrières culturelles, organisationnelles et comportementales (prépondérance des hommes aux postes clé, culture d’entreprise favorisant l’ambition et la disponibilité, discrimination…). Face au déséquilibre hommes/femmes dans les organes de gouvernance, certains pays ont pris la décision de légiférer, précise l'étude. C’est notamment le cas de l’Espagne, de la Norvège, et du Québec, où des quotas ont été votés. En Finlande, une recommandation a été émise pour que dès janvier 2010, les entreprises cotées comptent au moins une femme dans leur CA. En France et en Belgique, des propositions de lois ont été déposées pour promouvoir l’accès aux femmes aux conseils d’administration. L’IFA, L’ORSE et EuropeanPWN-Paris rappellent que parallèlement à la mobilisation des Etats et des instances internationales, il existe un certain nombre d’initiatives émanant des grands acteurs financiers sur le sujet. Aux Etats-Unis, Calpers a ainsi publié des recommandations d’investissements en faveur des entreprises promouvant