Tout en saluant le projet de directive sur la gestion alternative (AIFM), Jean-Pierre Jouyet a estimé hier que le texte en son état actuel pouvait être considérablement amélioré. «Nous sommes très fermement opposés au passeport pour les fonds alternatifs offshore», a notamment déclaré le 17 septembre à Londres le président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à l’occasion de la conférence annuelle de son homologue britannique, la FSA, sur la gestion d’actifs.Accorder un passeport aux fonds offshore serait contraire aux intentions du G20 de combattre l’instabilité financière. Une telle possibilité constituerait aussi une incitation forte pour les fonds alternatifs pour une domiciliation offshore alors que le G20 a clairement indiqué qu’il souhaite lutter contre l'évasion fiscale dans les centres offshore non coopératifs. La France suggère donc de limiter le passeport aux fonds domiciliés en Europe, ce qui ne constitue pas forcément une interdiction des fonds offshore. Evoquant l’industrie britannique de la gestion alternative, dont les gérants sont domiciliés à Londres mais où la plupart des fonds sont basés dans des centres offshore, Jean-Pierre Jouyet a précisé que les Etats membres auraient la possibilité d’autoriser la distribution sur leur territoire de fonds offshore, par exemple au travers de régimes de placement privé. Dans cette perspective, deux voies d’amélioration pourraient être étudiées : d’une part, un amendement de la définition de la distribution qui ne devrait pas comprendre la sollicitation passive par un investisseur de sa propre initiative; d’autre part, les professionnels pourraient être autorisés à investir dans des fonds offshore si le fonds est géré par un gérant européen ou si le pays où est domicilié le fonds a passé un accord de coopération et d'échange d’information avec l’Union européenne. Outre cette exigence prioritaire sur le périmètre du passeport, Jean-Pierre Jouyet a évoqué cinq autres dossiers sur lesquels des améliorations seraient souhaitables : la coopération prudentielle et l’échange d’informations, les dispositions relatives au dépositaire, la question du levier, la valorisation et enfin le capital investissement. Jean-Pierre Jouyet a notamment souligné que les dispositions relatives au dépositaire méritaient d’être « profondément remaniées », entre autres pour qu’elles soient cohérentes avec celles de la directive Ucits, pour créer un encadrement solide pour la délégation des fonctions de conservation et pour permettre d’assumer la fonction dépositaire non seulement aux établissements de crédit mais également aux firmes d’investissement.