La directive AIFM sur la gestion alternative n’en finit pas de faire parler d’elle. Selon une étude d’Open Europe* publiée lundi, se conformer à ces nouvelles règles coûtera aux secteurs du private equity et des hedge funds de l’Union européenne entre 1,3 milliard d’euros et 1,9 milliard la première année. Par la suite, les coûts sont estimés entre 689 millions et 985 millions d’euros par an.En moyenne, les sociétés de private equity et de hedge funds interrogés par Open Europe, représentant un encours de 545 milliards d’euros, pensent que leurs coûts de «compliance» pourraient croître de 31,5 % si la directive entre en vigueur.Mais ce n’est pas tout. Les nouvelles règles vont aussi comporter des coûts d’opportunité, en augmentant les barrières à l’entrée de l’industrie, le coût de lancement de nouveaux fonds… Le projet de directive entrave d’ores et déjà la croissance du secteur, selon Open Europe, puisque 8 % des gérants de hedge funds interrogés affirment avoir reporté le lancement d’un fonds en conséquence de la future réglementation.L’AIFM aura aussi un impact économique important, souligne Open Europe. En effet, dans le pire des scénarios, «des centaines d’emplois et des millions de livres de recettes fiscales pourraient être en péril». Sachant que, toujours selon l'étude, les secteurs des hedge funds et du private equity ont représenté environ 9 milliards d’euros de recettes fiscales dans l’Union européenne en 2008. A noter que 6,1 milliards d’euros de cette somme ont été levés au Royaume-Uni, dont il ne faut pas s'étonner qu’il soit l’un des plus fervents opposants à la directive hedge funds…Enfin, la directive pourrait se traduire in fine par des coûts pour l’investisseur, du fait des répercussions des coûts de compliance, mais aussi en raison du rétrécissement de l’univers d’investissement. En effet, plus de 84 % de tous les hedge funds gérés par des gestionnaires basés dans l’UE sont domiciliés en dehors d’Europe et ne seraient donc plus éligibles sous la nouvelle directive. De même, 8 gestionnaires sur 10 sont basés dans des pays n’appartenant pas à l’Union.Au total, Open Europe se demande si la directive n’a pas un effet contre-productif, en encourageant le modèle offshore plutôt qu’en le dissuadant. En effet, 27 % des gérants de hedge funds ayant répondu à l’enquête se disent peu enclins à rapatrier leurs fonds dans l’UE si la directive entre en vigueur, contre 23 % prêts à le faire. Pour les auteurs de l'étude, les politiques devraient conduire une véritable révision de la fiscalité, de la régulation et de la gouvernance du secteur de la gestion alternative afin d’inciter les fonds à revenir en Europe. *The EU’s AIFM Directive, Likely impact and best way forward