Le chantier du gouvernement d’entreprise reste bien ouvert. A l’occasion de la publication de la sixième édition de la publication de son rapport sur la gouvernance d’entreprise et le contrôle interne, l’AMF dresse un bilan général plutôt satisfaisant, avec notamment une tendance globale à l’amélioration de la qualité de la gouvernance et sur le terrain du contrôle interne, un mouvement positif d’amélioration continue des pratiques des sociétés en la matière, le référentiel AMF s’imposant comme le plus utilisé (73 sociétés sur 100).Au-delà de ce satisfecit toutefois, l’AMF a formulé dans le cadre de ce rapport des propositions d'évolution «que nous jugeons structurantes pour la bonne gouvernance d’entreprise», a indiqué le président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet.Ces propositions touchent quatre domaines : la clarification de la notion d’indépendance et de compétence des administrateurs indépendants, la diversification de la composition des conseils, la stabilité du modèle de gouvernance des sociétés et l’accessibilité du règlement intérieur. «Il ne peut y avoir de réflexion sur la gouvernance moderne sans s’interroger sur la présence des administrateurs indépendants, leur poids dans les conseils et leur rôle», a souligné Jean-Pierre Jouyet. Les notions d’indépendance et de compétence financière et comptable des administrateurs étant très diversement interprétées, «il nous paraît nécessaire que ces notions soient clarifiées, mais aussi que l’on réflechisse au bon équilibre entre indépendance et compétence, deux notions a priori conflictuelles, ainsi qu'à la manière de rendre compatible le mode de dédommagement des administrateurs indépendants avec, justement, les exigences d’indépendance et de compétence», a expliqué jean-Pierre Jouyet.Sur le chapitre de la diversification des conseils, l’AMF estime que pour être «ambitieux et réaliste», cette problématique ne peut pas être dissociée de celle du cumul des mandats. Le simple fait de durcir les conditions de cumul des mandats des PDG, DG et présqidents du directoire permettrait d'élargir le vivier des postes d’administrateurs progressivement appelés à être renouvelés, et d’ouvrir ainsi les conseils à d’autres profils, notamment ceux des femmes."Nous pensons que ce faisant, il serait possible d’atteindre un ratio de 31% d’ici 4/5 ans», a précisé Jean-Pierre Jouyet.Sur la stabilité du modèle de gouvernance des sociétés, l’AMF souhaite que les changements de gouvernance soient «dûment motivés et justifiés» par les sociétés. «Mieux ces changements de gouvernance seront expliqués et justifiés, en toute transparence, moins les sociétés qui en passeront par là courront le risque de se faire reprocher des choix dictés par la seule convenance personnelle, au détriment de l’intérêt supérieur de la société», relève Jean-Pierre Jouyet.Quatrième point, l’AMF suggère que pour assurer un bon déroulement et une meilleure transparence des travaux du conseil et de ses comités spécialisés, il pourrait être envisagé de rendre la publication du règlement intérieur plus évidente, par exemple sur le site internet des sociétés et de travailler à un format type qui précise notamment la composition et le fonctionnement des conseils, la répartition du travail entre direction générale et organe délibérant, la composition, le fonctionnement et les missions des comités spécilaisés et enfin, si l’information existe, la charte de l’administrateur et le code de bonne conduite.L’AMF a également publié hier son rapport complémentaire sur les rémunérations des dirigeants des sociétés cotées et la mise en œuvre des recommandations Afep/Medef. Sur le premier point, l’AMF observe que de réels progrès ont été réalisés par les grandes sociétés cotées mais rappelle certains points, entre autres que les éléments de rémunération des présidents non-exécutifs doivent figurer dans le document de référence.Concernant le code Afep/Medef, l’AMF considère que ce texte «mériterait d'être clarifié sur certains points afin de lever toute ambigüité. Il s’agit notamment des conditions d’exercice des options attribuées aux dirigeants ou d’acquisition des actions de performance «Je pense également à la nécessité pour les sociétés qui ne respectent pas certaines dispositions du Code d’apporter des explications précises et circonstanciées, faute de quoi nous considérons que le Code Afep/Medef n’est pas respecté, ni dans l’esprit ni dans la lettre», souligne Jean-Pierre Jouyet.