Tout en saluant la prise en compte par le régulateur européen d’une nécessaire harmonisation des fonds monétaires, l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) souligne dans la dernière livraison de La lettre du trésorier (février 2010) qu’elle n’est pas d’accord sur toute la ligne avec les propositions du CESR (Comité européen des régulateurs des marchés de valeurs mobilières).Les trésoriers s’insurgent notamment contre l’idée développée dans la consultation du CESR selon laquelle les placements des OPCVM monétaires doivent être strictement limités aux seuls titres dits de haute qualité, l'éligibilité étant réservée aux seuls papiers notés à l’identique (A1/P1 ou équivalent) par toutes les principales agences de notation.Cette idée est «fortement contestable», estime l’AFTE, notamment parce que la future réglementation des fonds monétaires ne devrait pas avoir pour effet «de créer un nouveau privilège en faveur des agences de notation», qui ne constituent pas un gage de sécurité. En outre, les restrictions envisagées pourraient créer de fait ou de droit un quasi-monopole de financement en faveur des banques et institutions financières en limitant l’accès aux autres émetteurs n’ayant pas le rating A1/P1. Les entreprises émettrices se retrouveraient ainsi rapidement limitées à la portion congrue et les possibilités de diversification sectorielle au sein des portefeuilles seraient très réduites.L’AFTE rappelle donc que la sélection des titres fait partie du métier et de la mission des gérants."Les fonds monétaires devraient donc avoir la possibilité d’investir dans du papier diversifié, des TCN, de l’obligataire, ou encore des dépôts, dès lors que cela est clairement exposé dans le prospectus», propose l’AFTE. Autrement dit, les produits non notés devraient être autorisés, à condition que soit mis en place un processus de notation interne.En outre, les sociétés de gestion doivent avoir la possibilité de proposer des gammes de fonds monétaires offrant différents objectifs de performance, de risque taux ou de crédit. Dans ce cas,"le mode de sélection reposant sur un processus combinant notes externes et notation interne sera décrit dans le prospectus».Par ailleurs, plutôt que d'étendre les maturités des titres de placement, l’AFTE préconise plutôt de limiter la maturité légale maximale des titres détenus dans le portefeuille à 397 jours et la maturité moyenne du portefeuille à 91 jours, et cela quel que soit le type d’instruments.L’AFTE, qui a publié le texte intégral de sa réponse sur son site et celui du CESR, recommande aussi de limiter à 5% de l’actif, voire même interdire, les ABS dans les OPCVM monétaires mais d’autoriser les ABCP, à condition de respecter une maturité maximale de moins d’un an.